M. Michel Schlup : Directeur de la BPUN
Bonjour. Nous avons invité aujourd’hui une personnalité de la vie culturelle du canton de Neuchâtel, le directeur de la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel, M. Michel Schlup, bonjour.
Bonjour.
On va parler aujourd’hui de la spécificité de la vie culturelle et de la vie intellectuelle de ce canton. Quand est-ce que cela a commencé, la vie intellectuelle et culturelle à Neuchâtel ?
Tout d’abord, on peut dire ceci, c’est qu’il n’y a pas eu véritablement de vie culturelle, de vie intellectuelle à Neuchâtel jusqu’à la fin du XVIIème siècle. Il y a des signes, bien sûr. Par exemple, au XVème siècle, à la fin du Moyen Âge, on sait qu’il y avait des mystères qui étaient représentés sur le parvis de la Collégiale de Neuchâtel. Il y a eu aussi une fermentation littéraire dans les années 1530 avec l’implantation de la Réforme à Neuchâtel. Vous savez que Farel a fait venir à Neuchâtel Pierre Devin, qui est un imprimeur de Lyon, et cet imprimeur a édité des ouvrages de réformateurs et aussi la fameuse bible d’Olivétan. La première bible protestante imprimée en français. Il y a eu, à cause de la présence de Pierre Devin, l’imprimerie. C’est un vecteur extraordinaire de la culture, il y a eu une fermentation littéraire à cette époque-là, mais dans un laps de temps très court. Quelques années seulement, 1532-33-35. Et il faut attendre la fin du XVIIème siècle pour voir apparaître, d’abord d’autres imprimeurs, parce que Pierre Devin est parti très rapidement et on a renoué avec une certaine vie littéraire, mais c’était toujours une culture religieuse.
On peut dire que ce sont les imprimeurs qui ont précédé la vie littéraire, la vie culturelle. C’est ça qui a provoqué cette démarche, qui a donné le ton ?
Tout à fait. En fait, pour qu’une vie intellectuelle s’installe, il faut des institutions. Si il n’y a pas d’institutions, la vie culturelle ne peut pas s’épanouir. Alors au XVIIIème siècle, il y a eu deux événements marquants qui ont fait que la culture profane a pu se développer. Le premier événement, c’est l’instauration d’une chaire académique. Une chaire académique dévolue à la philosophie et aux mathématiques, qui était attribuée à Louis Bourguet. Louis Bourguet, c’est un personnage du XVIIIème siècle important, un esprit encyclopédique. Louis Bourguet venait de Nimes, français, il s’intéressait à tout. Il s’intéressait à la minéralogie, il s’intéressait à la paléontologie, il s’intéressait aussi à la philosophie évidemment, puisqu’il enseignait la philosophie à Neuchâtel et d’ailleurs, il a eu la bonne idée d’accepter, dans ses cours, des femmes, ce qui était tout à fait particulier à l’époque.
Premier événement, c’est donc l’instauration d’une première chaire académique, mais il y en a eu d’autres.
Deuxième événement important, c’est la publication à Neuchâtel du Mercure suisse. Qu’est-ce que c’est le Mercure suisse ? C’est une revue littéraire scientifique qui va être la tribune de l’intelligentsia neuchâteloise, Suisse romande et même Suisse. C’est une revue qui va paraître une fois par semaine et qui va permettre en fait à tout un cercle d’intellectuels de s’exprimer. Alors, ce seront des savants, des écrivains, beaucoup de monde va participer à la vie de cette revue qui va perdurer pendant une cinquantaine d’années.
Je vous demande là. Il y a d’autres revues pendant cette période-là en Suisse, particulièrement en Suisse romande ?
Il y avait des gazettes. Ce n’est pas des revues littéraires scientifiques. C’est le seul périodique de toute la Suisse en fait qui avait une audience plus que nationale, puisqu’il a accueilli dans ses colonnes, par exemple, Voltaire et Rousseau.
On remarque la culture française, on peut le dire comme ça, en partie le développement de la culture de Neuchâtel, de la culture suisse.
Évidemment, la culture suisse était orientée sur la France, il ne faut pas l’oublier. D’ailleurs, le Mercure suisse a été diffusé, devenu d’ailleurs le journal helvétique ensuite, était diffusé en France. On vendait le Mercure suisse un peu partout dans les grandes capitales. Il allait aussi en Hollande, etc. Il faut dire ceci, autour de ces personnalités comme Bourguet et d’autres, je ne vous en ai pas parlé, on pourrait citer Jean-Antoine Divernois, qui était un médecin. On pourrait citer Laurent Garcin, qui était un naturaliste. Il y aura une agitation d’idées scientifiques importantes et Neuchâtel va devenir en fait un lieu où la botanique par exemple ou certaines sciences vont éclore.
Il faut parler bien sûr pour le XVIIIème, du siècle des lumières. L’agitation des idées est arrivée dans les années 1760. Pourquoi ? Parce qu’à Neuchâtel s’est établi en fait l’un des plus grands écrivains de l’époque, Jean-Jacques Rousseau. Il a été à Môtiers pendant quelques années et lui, il fréquentait les milieux de libres penseurs et les milieux anticléricaux qui étaient animés par des personnalités, comme Pierre-Alexandre Du Peyrou ou comme le colonel Abraham Pury qui étaient des personnalités vraiment très, très ouvertes à l’actualité littéraire et philosophique.
Il y a eu après… Jean-Jacques Rousseau a aussi initié des Neuchâtelois à l’étude de la botanique. En fait, la botanique a été soutenue par les travaux de Rousseau, mais surtout ce qu’il faut dire, c’est qu’il y a eu les imprimeurs. Les imprimeurs qui ont travaillé pour le marché international.
Pour ouvrir la porte de ce qui se faisait ici à Neuchâtel, à l’extérieur, et favoriser l’échange intellectuel, culturel, scientifique on peut dire déjà scientifique ?
Oui, tout à fait. Il faut dire tout d’abord que ces imprimeurs étaient des relayeurs des imprimeurs français, parce que l’imprimerie française, les éditeurs français n’arrivaient pas à satisfaire tous les lecteurs, à cause de la censure, à cause d’une administration tracassière. En fait, ce qui s’est passé, c’est que des imprimeries périphériques, autour de la France, se sont établies pour réimprimer la littérature française et l’exporter dans toute l’Europe. Et par exemple, la Société typographique de Neuchâtel, active entre 1769 et 1789, a édité des centaines d’ouvrages qui étaient diffusés dans toute l’Europe, de Lisbonne à Saint-Pétersbourg. Et qu’est-ce qu’elle a fait de particulier ? Elle a réimprimé l’encyclopédie et elle a édité des œuvres de Rousseau, de Voltaire, etc. de tous les grands écrivains de l’époque. Elle a réimprimé tous les best-sellers de l’époque.
Puisque l’on parle autant des imprimeurs… qui sont concrètement ces imprimeurs sur une grande période d’une centaine d’années, ça fait partie, ça marque la vie, la richesse de Neuchâtel ? C’est à la base de tout ?
Tout à fait. Vous avez tout à fait raison, on ne veut peut-être pas anticiper. Effectivement, le XVIIIème siècle, vous avez des imprimeurs qui sont très connus internationalement. Mais au XIXème siècle, vous avez par exemple l’atelier d’Hercule Nicolet qui lithographie les ouvrages d’Agassiz qui sont aussi exportés un peu partout et au XXème siècle, vous avez les éditions Victor Edinger. Vous avez la Baconnière, etc. Il y a eu une suite ininterrompue d’éditeurs importants qui ont travaillé pour le marché international.
Comment le développement culturel se poursuit dans le XIXème siècle, il y a des changements ?
Oui, il y a des changements. Tout d’abord, il y a une césure importante. Il y a, je dirais, entre 1790 et 1830, il n’y a rien. C’est le vide un peu partout.
Pourquoi, comment cela s’explique ?
À cause de la Révolution. À cause des guerres napoléoniennes. À cause de la cession de Neuchâtel au prince Berthier. Il y a eu beaucoup de choses.
Vous parlez de la Révolution de 1848 ?
Non. La Révolution de 1789. Ensuite, il y a eu toutes les guerres napoléoniennes. Vous savez, cela a détruit la vie culturelle un peu partout et cette vie culturelle est revenue dans les années 1830 à peu près et à Neuchâtel, on a eu la chance d’avoir justement, j’en parlais tout à l’heure, Louis Agassiz, qui est un naturaliste extraordinaire et Louis Agassiz qui s’intéressait aussi à la glaciologie, à la paléontologie, il a fait imprimer ses ouvrages dans l’atelier d’Hercule Nicolet. Des ouvrages superbes qui étaient justement goûtés par tous les savants européens de l’époque. Là, il faut dire peut-être que c’est important ce qu’il s’est passé à Neuchâtel à cette époque-là, parce qu’il y a eu la création de la Société des sciences naturelles par Agassiz. Alors ça, cela a été aussi un ferment pour la vie scientifique et à peu près à la même époque, un petit peu plus tard, en 1838, la création de la première académie. Cela a donné une impulsion scientifique importante.
Cela a attiré les gens, les cerveaux.
Tout à fait. Là, il y a eu vraiment une émulation scientifique extraordinaire à cause de ces deux institutions.
Il y a eu aussi la création de la Société neuchâteloise d’archéologie.
Cela, c’est un peu plus tard. Avant cela, ça c’est en 1864 la création de la Société d’histoire et d’archéologie. Avant il y a eu la Révolution de 1848, malheureusement, parce que les Républicains, lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir, la première chose qu’ils ont faite, c’est simplement fermer la première académie. Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? Les professeurs en question ont émigré en Amérique.
Le passage de la culture locale vers l’universalité, si l’on peut dire comme ça, se fait plutôt à travers la littérature ou à travers les autres branches culturelles comme la musique, l’art dramatique, la peinture. Sur la culture particulièrement, qu’est-ce que l’on peut dire ? Il y a une ouverture, une spécificité durant cette période ?
On peut dire ceci, c’est qu’au XIXème siècle, on est encore véritablement vers un art très local que ce soit la littérature, que ce soit de la peinture, que ce soit dans la musique. Il faut attendre quand même le XXème siècle pour qu’il y ait une sorte de passage à quelque chose de plus universel.
Je vous donne un exemple, la littérature. La littérature, d’abord le genre romanesque n’a pas été cultivé à Neuchâtel sauf la grande exception d’Isabelle de Charrière, mais qui est Hollandaise, ça c’est au XVIIIème siècle. Ce genre romanesque n’a pas été cultivé à Neuchâtel avant le dernier tiers du XIXème siècle. Les premiers romans ont été des romans locaux, des romans sur le terroir, des romans patriotiques. Ensuite, on a fait des romans sociaux, ça c’est par exemple au tournant du XIXème siècle.
Vous pouvez nous donner quelques exemples ?
Par exemple, Walter Bioley s’est intéressé aux problèmes de l’alcool, de l’absinthe. Bien sûr, on débouche après rapidement sur le roman social et aussi sur le roman psychologique. Descombes aussi a beaucoup travaillé, donc Adèle Huguenin qui était une écrivaine du haut du pays a, bien sûr aussi, fait des romans sociaux. Bien sûr, le grand écrivain neuchâtelois, c’est Blaise Cendrars. Et Blaise Cendrars était connu avant l’Entre-deux guerres, mais c’est surtout durant l’Entre-deux guerres qu’il a fait son œuvre qui a été appréciée, universellement reconnue. Il faut dire peut-être aussi que nous avons eu la chance à Neuchâtel d’avoir eu des penseurs importants comme Denis de Rougemont par exemple ou encore Albert Béguin qui est aussi un critique littéraire. Cette dimension internationale qu’ont acquis les écrivains, elle apparaît seulement, je dirais, dans l’Entre-deux guerres, pas avant. Maintenant, du point de vue artistique, si l’on revient du point de vue de l’art, les premiers peintres neuchâtelois qui se sont fait connaître à l’étranger, à part Léopold Robert, se sont Théophile Robert par exemple ou encore Léopold Robert. Mais si Théophile Robert a pu exposer dans les salons parisiens, je crois que Léopold Robert, lui, s’est confiné quand même encore dans un art assez local. Il était quand même reconnu à l’extérieur.
Vous connaissez bien l’héritage culturel du canton de Neuchâtel, je pense que c’était une grande chance pour vous de travailler tant de temps, une longue période à la Bibliothèque publique universitaire dont vous êtes le directeur déjà depuis plusieurs années. J’ai une question d’abord. D’où cet amour pour la littérature, la lecture, pour les livres, qui vous anime en fait et qui vous attache à cette bibliothèque que vous avez transformée en un lieu pas seulement où l’on garde, où l’on archive les livres. Mais c’est aussi un espace ouvert pour la recherche, pour les rencontres, pour la vie intellectuelle ?
Oui. Je ne peux pas vous dire d’où ça me vient. Je sais que déjà tout enfant, j’aimais beaucoup les livres. J’ai toujours trouvé que le livre était un support extraordinaire justement pour apprendre simplement. Je crois que c’est la soif de connaissances qui m’a fait aimer les livres. Je crois que c’est à peu près ça. Il est vrai que je me suis intéressé aux livres en tant que produit fabriqué, produit artisanal ou livres anciens. Là aussi, j’ai eu la chance d’hériter d’une collection de livres anciens quand j’avais dix-huit ans, peut-être que c’est aussi ça qui m’a intéressé dans le livre. Mais pour moi, d’abord le livre, c’est bien sûr un vecteur de savoir et c’est ça qui est important.
Et vous ouvrez cet espace de la bibliothèque comme on l’a dit. Il devient un espace d’animations, de recherches, très connu pas seulement à Neuchâtel, en Suisse. Mais il y a des chercheurs, des gens qui viennent depuis partout.
En fait, c’est vrai que pour moi, une bibliothèque ne doit pas seulement conserver, gérer et prêter des livres. Elle doit attirer l’attention du public sur ses collections. Elle doit susciter des recherches, elle doit susciter l’étude et pour ce faire, elle doit exposer, publier. Pour moi, une bibliothèque sans local d’exposition n’est pas une bibliothèque. Il faut qu’il y ait un prolongement pour que les livres soient présentés. Ensuite évidemment, quand on a la chance de diriger une bibliothèque patrimoniale comme celle-ci, j’ai le devoir de faire connaître ce patrimoine, parce que ce patrimoine appartient à tous et c’est fondamental. C’est pour cette raison que j’ai lancé en 1998 avec Dominique de Montmollin, une série d’ouvrages sur les fonds de la bibliothèque, intitulés « Patrimoine de la bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel » et nous avons déjà maintenant sept volumes parus.
La richesse de la bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel est donnée aussi par ce fonds de manuscrits. Comment est-ce que vous le mettez en valeur, comment vous l’utilisez ?
Bien sûr, on a des fonds de manuscrits exceptionnels comme par exemple le fonds de la Société typographique de Neuchâtel dont nous avons parlé tout à l’heure. Nous possédons toutes les archives de cette société du XVIIIème siècle. Nous avons organisé un colloque qui… nous avons fait venir des chercheurs de partout, des États-Unis, de Belgique, d’Italie, de France, etc. pour travailler sur ce fonds vraiment intéressant, d’une valeur internationale. Dans le domaine manuscrit, il y a encore beaucoup de choses que nous avons faites, mais nous avons aussi peut-être dans le domaine imprimé, une fois organisé une grande exposition sur le 450ème anniversaire de l’imprimerie neuchâteloise qui a été créée en 1533 et bien d’autres choses encore.
Vous êtes reliés à d’autres institutions, vous avez d’autres préoccupations. Quelles seront les plus importantes ?
Écoutez, évidemment je m’occupe de la Nouvelle revue neuchâteloise avec une petite équipe depuis maintenant vingt-cinq ans. Je m’occupe aussi de l’Association des amis de l’affiche suisse. Nous avons publié plusieurs ouvrages aussi avec un collègue de Genève. J’ai aussi lancé avec mes collègues, une série sur les écrivains neuchâtelois d’hier et d’aujourd’hui. Je pourrais vous parler aussi des biographies neuchâteloises dont je dirige la collection depuis 1998, je crois et là, c’est un livre important puisque nous sommes en train de restituer en fait la vie des Neuchâtelois importants depuis le XVème siècle jusqu’à nos jours. Nous préparons le cinquième volume qui est consacré aux Neuchâtelois décédés entre 1950 et 2006. Quatre volumes ont déjà paru, c’est le cinquième qui va paraître. C’est deux cent cinquante personnages importants de Neuchâtel qui sont présentés dans le cadre de ces volumes.
Comment la nouvelle technologie d’information et de communication, il s’agit d’Internet et d’autres, influence aujourd’hui la culture, parce qu’on remarque que les jeunes, la nouvelle génération s’axe surtout sur une culture visuelle et que le livre est utilisé, de la bibliothèque virtuelle, quelle est votre position dans ce contexte ?
Il faut dire d’abord une chose : c’est que le livre électronique ne remplacera jamais le livre imprimé. On aura toujours besoin de livres imprimés. D’ailleurs, le premier réflexe quand on est sur Internet et qu’il y a quelque chose qui nous intéresse, c’est d’imprimer, ce qui montre bien que l’imprimerie ne disparaîtra pas et je pense que l’imprimerie va recevoir peut-être une valeur différente encore dans les prochaines décennies. Elle va recueillir vraiment le savoir, alors que dans Internet, dans l’électronique avec des exceptions pour le livre scientifique, ce sera plus l’information qui sera recueillie dans ces autres moyens d’informations. Je pense que tout est complémentaire. Il faudra voir comment ça va se resituer, comment le livre va se situer par rapport à l’électronique. Vous dire aussi une chose, c’est que le livre, évidemment, c’est l’instrument le plus commode pour la lecture, il ne faut pas l’oublier. Il a une matérialité, en fait le livre, qui rassure et qui réjouit les sens, ce que ne fait pas l’écran !
Quel avenir souhaitez-vous à la Bibliothèque publique neuchâteloise maintenant après votre départ à la retraite dans quelques années et pour toujours ?
L’idée que j’ai évidemment, c’est que la Bibliothèque publique et universitaire devienne une bibliothèque cantonale universitaire en association avec les autres grandes bibliothèques du canton. En tout cas la Bibliothèque de La Chaux-de-Fonds et la Bibliothèque universitaire de Neuchâtel, en fait qu’on forme une seule entité forte, parce que c’est en regroupant nos forces que l’on arrivera justement à être performants.
Monsieur le Directeur, on vous remercie beaucoup et on espère un avenir lumineux et riche de cette bibliothèque et de la vie culturelle à Neuchâtel, en Suisse. Une vie culturelle basée sur la mémoire et les traditions partout. Au revoir.
Merci. Je vous remercie.
Interview réalisée par Simona Radulica Montserrat
Texte retranscrit par Françoise Berthod