Comédie musicale : Le bon choix
Mélissa Zwahlen
Je travaille à l’Armée du Salut comme responsable de jeunesse et comme aide de poste. Une de mes fonctions était d’aider à l’organisation de cette comédie musicale qui parle des priorités dans la vie. Qu’est-ce qui est plus important entre regarder la télé, être en communication par Internet ou peut-être prendre du temps avec ses amis. Prendre le temps de les aimer. Toutes des valeurs qu’on a essayé de transmettre aux enfants pendant les semaines de répétitions.
Est-ce que vous avez des retours des enfants sur la télévision, sur ce qu’ils en pensent, sur ce qui compte pour eux ?
Non pas beaucoup. Je dirais qu’on ne leur a pas forcément posé la question. On a plus essayé des valeurs humanistes, humaines. On a plus travaillé sur cet aspect-là que sur le multimédia ou les autres valeurs dont on parle dans la comédie.
Mais vous avez le sentiment vous et vos collègues que les médias, c’est comme ça un peu dangereux ?
Je pense que ce n’est pas que dangereux. Il y a beaucoup de bonnes choses dans les médias. La preuve, juste maintenant. Mais cela dépend de la fréquence de ce que les enfants regardent, de la quantité et je pense que là, les parents ont un rôle très important, d’être autour d’eux, de les accompagner dans ce qu’ils regardent et peut-être de leur offrir d’autres sources de loisirs.
Sylvain Roth et Séverine Beytrison
Bonjour. Je m’appelle Sylvain Roth et dans le cadre de ce projet, je m’occupe de la direction artistique et de la mise en scène.
Bonjour. Je m’appelle Séverine Beytrison. Je m’occupe de l’organisation, de l’accueil, de l’accompagnement des enfants, des solistes.
C’est clair que l’une des difficultés, c’est le nombre d’enfants. On a environ 55 enfants et c’est vrai que gérer tous les enfants en même temps, parfois cela nous cause un petit peu des difficultés, parce que bien sûr, aux enfants on ne peut pas demander d’être calmes, d’être tranquilles pendant deux heures. Je dirais que la principale difficulté, c’était d’essayer de capter leur attention tout du long et de les garder au calme. Sinon, ils sont super motivés. C’est une bonne équipe et je pense qu’on aura un spectacle qui sera beau.
De les accompagner, de les soutenir dans leur stress, d’essayer de les aider à donner le meilleur d’eux-mêmes. L’important, c’est qu’ils aient du plaisir, ça c’est le plus important.
Le thème qu’on a choisi dans cette comédie qui est en fait une comédie qui existe déjà, qui a été faite en France, c’est principalement de se demander quelles sont les priorités dans la vie. À cet âge, il est vrai qu’ils n’ont peut-être pas beaucoup de choix à faire, mais les ados, les acteurs qui jouent, ils se posent déjà des questions et c’est vrai, quel est le bon choix dans la vie, qu’est-ce qui est juste, qu’est-ce qui n’est pas juste ? C’est clair que pour nous, on a une priorité dans la vie mais on aimerait aussi faire passer aux enfants ce message de réfléchir, et à eux de trouver leur priorité qui est : « Qu’est-ce qui est important pour eux dans la vie ? »
Et à travers cette comédie qu’ils puissent développer justement leur talent quel qu’il soit, soit au niveau du chant, de la danse, du théâtre. C’est une opportunité et pour eux un privilège et aussi au niveau du développement personnel de la confiance en eux-mêmes, de l’estime de soi. Il y a aussi tout un travail à ce niveau-là qui se fait. On adapte la méthode en fonction de l’enfant, de ses besoins, de son âge. C’est vraiment individuel. On va essayer de trouver des moyens pour chaque enfant, afin qu’il puisse gérer son stress et donner le meilleur de lui-même en ayant du plaisir.
En fait, les enfants viennent de différents horizons. Une bonne partie vient de La Béroche évidemment. Certains enfants viennent ici à l’Armée du Salut. Ce n’est de loin pas la majorité. Je dirais que sur les 55 enfants qui sont ici, il y a peut-être 15, 20 enfants qui sont à l’Armée du Salut. Autrement, tous les autres enfants sont les enfants qui ont été intéressés par le projet, par les affiches que l’on avait mises et qui se sont inscrits pour participer à ce projet. Qu’est-ce qui est important ? Comme Séverine l’a déjà dit. C’est vrai que ce soit une bonne expérience pour les enfants, qu’ils aient pu avoir… qu’ils aient un souvenir, quelque chose qui reste pour eux et que cela soit quelque chose qui soit gravé dans leur cœur le plus longtemps possible avec un bon souvenir.
Myriam Ramseyer
Je dirige la chorale. Je suis musicienne et je fais partie de l’Armée du Salut ici et ils m’ont demandé au départ du projet si j’étais d’accord de diriger la chorale parce que ça m’arrivait de diriger la chorale ici. J’ai réfléchi parce que j’ai souvent dirigé des adultes, mais les enfants comme vous l’avez vu, en filmant par exemple, ils ne nous regardent pas forcément quand ils sont censés démarrer et c’est toute une histoire d’arriver à capter leur attention, à les motiver. Je n’ai pas forcément eu l’habitude de diriger des chorales d’enfants. Ces enfants comme disait Sylvain, il y en a une bonne partie qui viennent du village, des environs. On a fait un casting pour les solistes et pour les enfants du théâtre, pour voir un peu ce qu’ils étaient capables de faire et on a réellement découvert des talents au niveau des chanteurs. Il y a en tout cas, une fille qui fait des leçons de chant, une autre qui chante dans les solistes, joue du violon et elle a une voix vraiment magnifique et on est vraiment heureux, parce que cela sort d’eux. Je trouve que ces solistes, ça émane de qui ils sont, ils font ça avec un naturel, c’est vraiment magnifique. En fait, cette pièce comme disait Sylvain a déjà été jouée. Elle a été adaptée par Sylvain au niveau des acteurs pour que ça ressemble par rapport à leur caractère personnel, que ça s’approche plus et les chants ont été composés en France. On les a repris intégralement. On a la bande son qui était déjà enregistrée, ce qui est une gageure parce qu’en tant que directrice, quand on a une bande son, on sait que si on se trompe soi-même, on est trop tard, la bande continue. Si les enfants ne démarrent pas, ça continue aussi, c’est-à-dire qu’il y a un espèce d’impondérable comme ça de suspens, parce que la bande est là à moins qu’on nous la coupe… La bande continue toujours et il faut finir en même temps, démarrer en même temps, s’adapter et c’est vraiment une gageure.
Cédric Volet
Je fais en sorte que les comédiens apprennent leurs textes, qu’ils fassent les bonnes intonations, tout ça, aussi un peu les mouvements, en gros c’est ça. Il y en a certains qui ont déjà joué dans des pièces, je crois qu’il y en a une ou deux qui font du théâtre, je ne suis pas sûr. Il y en a qui n’en ont encore jamais fait. Je ne fais pas énormément de discipline. Parfois il faut que ça aille dans l’action, il faut qu’ils soient concentrés dans le théâtre. Mais sinon quand j’ai fait du théâtre à l’école, c’était aussi un peu le fouillis entre les scènes comme ça et moi je trouve que c’est cette ambiance qui fait qu’on a des idées, qu’on ne soit pas gêné. Cela fait qu’ils se lâchent et c’est comme ça qu’ils mettent aussi des choses à eux dans le théâtre.
Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod