Les poèmes du berger : Le chômeur
Six mois de cafard dans une tête de désillusions
Six mois que deux mains ne s’agitent plus du tout
Des pas qui se perdent dans la rue des pauvres cons
Une bière qui ne passe plus, ou finit dans l’égout
Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est crever
Une femme qui délaisse son ménage et ses enfants
Pour aller s’éclater avec un homme sans soucis
Elle oublie ta sale gueule et préfère à ton lit
Les caresses, la tendresse que déverse son amant
Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est crever
Six mois que tu lis chaque jour le canard
Six mois qu’on te répond, on n’a pas besoin de vous
Même tes amis se passent de toi tous les soirs
Quand on n’a pas de fric, on reste dans son trou
Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est crever
Tes enfants ne te reconnaissent plus vieux barbu
Toi qui étais si calme, on ne t’entendait jamais
Maintenant que tu es un pauvre con
Tu gueules pour rien à longueur de soirées.
Poème écrit par Éric Broye
Texte retranscrit par Françoise Berthod