La source de l’Areuse

 

 

La source de l’Areuse ou source de la Doux sourd à l’ouest de St-Sulpice, au pied d’un cirque de rochers, à l’altitude de 798 m. et alimente dans un premier temps un petit lac artificiel formé par une retenue 70 m. en aval. Elle fournit  également la commune de Saint-Sulpice en eau par le biais d’une prise en amont du barrage. Des pompes y fonctionnent 20 heures par jour et injectent, dans le réseau, de l’eau potable à raison de 800 litres à la minute.

 

 

La source est approvisionnée par un bassin karstique d’environ 130 km2, qui s’étend du Vallon des Verrières à l’ouest à la Clef d’Or, sise dans la vallée de La Brévine, à l’est. Cette source résulte d’une infiltration d’eau dans le sol calcaire formé au Jurassique supérieur, soit il y a 145 millions d’années environ, et d’une intervention humaine en 1926 au Lac des Taillères qui fait office de réservoir. On y a en effet aménagé l’emposieu du Moulin-du-Lac en forme d’entonnoir. Celui-ci peut débiter jusqu’à 700 litres par seconde et ainsi réguler le débit de la rivière en contrebas en période de basses eaux. Il faut compter de 12 à 24 h après l’ouverture de la vanne, construite à plus de 1000 m, pour constater un effet sur le débit de l’Areuse.

 

 

La force motrice de l’eau qui jaillit du cirque de Saint-Sulpice fait encore fonctionner trois anciennes turbines implantées dans l’Écomusée de La Haute-Areuse, installé dans deux anciennes usines hydroélectriques datant de 1886. On y apprend tout ce qui a trait à l’énergie électrique ainsi que six siècles de l’histoire industrielle dans la région. Treize stations didactiques offrent aux visiteurs, outre les aspects économiques, une panoplie de mythes et légendes qui ont jalonné le quotidien de ce lieu pour le moins paisible, voire mystérieux.

 

 

L’histoire de la vouivre mérite d’ailleurs qu’on s’y arrête puisque celle-ci figure sur les armoiries de la commune. Selon un manuscrit de 1687, cet animal fantastique, mi-serpent mi-dragon, s’était posté au pied de la Tour Bayard, interdisant aux voyageurs l’accès au défilé qui mène au Val-de-Travers. La « bête » causa pendant plusieurs années tant de maux et de dommages, interdisant par sa présence effrayante entre autre tout négoce aux marchands de sel venus de France, que les gens du lieu renoncèrent à faire paître leur bétail aux alentours. C’est alors qu’un villageois, Seulpy Reymon, décida de mettre un terme à ce cauchemar. Il s’en alla affronter l’indésirable monstre qu’il tua à coups de pierres et le brûla sur place. Sans doute intoxiqué par la puanteur de la vouivre, ce brave mourut quelques jours plus tard d’une mystérieuse maladie. Visiteurs de ces lieux, prudence ! Si vous tournez la tête vers l’ouest, peut-être apercevrez-vous le regard noyé de flammes de cette fétide vipère, tapie parmi les branches mortes et épiant le premier voyageur qui oserait s’aventurer en ces ténébreux sous-bois. Pour mieux le dévorer !

 

 

Texte et voix off d’Alain Sunier

Texte retranscrit par Françoise Berthod