Monsieur Hans van der Graaff : Berger

 

 

Je m’appelle Hans van der Graaff. Je suis Hollandais et cela fait dix ans que je suis berger dans la région des Trois Lacs. Depuis mi-novembre jusqu’à mi-mars, je marche avec 400 à 500 moutons dans la grande mousse.

 

Depuis combien d’années êtes-vous berger ?

Depuis dix ans.

 

Y a-t-il beaucoup de jeunes qui font ce travail ?

Non, il n’y en a pas beaucoup. On a seulement besoin de 20 à 25 bergers pendant l’hiver, et la plupart des bergers ont déjà 40, 50, 60 ans, et ils travaillent depuis 20 ou 30 ans. Moi, avec mes dix ans d’expérience, je suis l’un des plus jeunes.

 

Pourquoi n’y a t-il pas beaucoup de jeunes bergers ?

C’est un travail qui est difficile à faire lorsqu’on a une famille. Ma femme n’est pas heureuse de rester seule tout l’hiver à la maison, ou de dormir toutes les nuits à la caravane.

 

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre travail ?

C’est beau d’être en route avec autant d’animaux et de travailler avec les chiens, et de voir que les moutons, comme aujourd’hui, sont tranquilles et contents. Cela ne va pas de soi tous les jours, mais si l’on réussit, c’est vraiment une satisfaction.

 

Voulez-vous faire cette activité encore longtemps ?

Oui, encore pendant dix à quinze ans si c’est possible. Pendant que je peux encore marcher et que mes chiens tiennent le coup, je pense que je vais continuer ce travail.

 

Aujourd’hui le temps est clément, mais ce n’est pas toujours le cas. N’est-ce pas trop pénible ?

Oui, la bise dans la région des Trois Lacs est un problème. La neige moins, parce que les moutons savent ce qui se trouve dessous la neige. C’est même presque plus facile de les garder. Les moutons connaissent exactement les limites et ce qu’ils peuvent faire. Bon, 40 cm de neige c’est trop, mais 15, 20 cm, cela va très bien.

 

Vous travaillez avec trois chiens ?

Trois chiens maintenant pour travailler. Mais un est encore jeune, et je suis en train de l’éduquer. De temps en temps, cela me prend les nerfs... Mais ça viendra.

 

De quelle manière communiquez-vous avec eux ?

En sifflant un peu, mais surtout en parlant, ou avec des signes.

 

Êtes-vous heureux dans votre travail ?

Cela va, c’est aussi un travail qui devient de plus en plus difficile. Et l’on dépend de beaucoup de facteurs, et aussi des paysans qui doivent être disposés à nous accueillir. Si les paysans se fâchent, alors c’est très facile, j’arrête tout de suite ! Il faut que les paysans soient contents de mon travail. Là, ça va bien, et je dois dire que j’ai de bonnes relations avec mes paysans.

 

Avez-vous un message que vous aimeriez faire passer ?

Souvent, quand je rencontre des gens qui regardent et voient comment ça marche, ils disent : «Qu’est-ce que c’est romantique… » Moi, je pense qu’ils sous-estiment le travail qu’il y a derrière. Ce n’est pas toujours romantique. Et un message pour les automobilistes : « Si vous roulez sur la route, et qu’il y a le troupeau à côté, vous ne devez pas klaxonner, mais freiner ! » De temps en temps, c’est vraiment dangereux, et je demanderais plus de compréhension de la part des automobilistes, oui.

 

 

Interview réalisée par Linda Fischer

Voix off lue par Fabrice Drapel

Texte retranscrit par Françoise Berthod