Les poèmes du berger : Elle vient

 

 

Il est l’heure du cortège qui m’emmène nulle part

Il est temps pour la neige qu’elle floconne ma mémoire

Il fait hier sur mes cris, il fait sueur sur ma peur

Mais le soleil reluit, il a fondu tout mon bonheur

 

Il est souffle d’une vie qui ne tient qu’à un fil

Il est temps indéfini où ne colle qu’un cil

Il est yeux clos où ne coulent plus de larmes

Car paupières sont enclos ; la révolte est sans armes

 

Il est temps de boucler, la boutique devient vide

Il est l’heure de tracer sur le front quelques rides

Il est jour de faiblesse avec une dernière inconscience

Mais déjà l’heure presse et arrive la démence

 

Il est temps à demain de faire ses valises

Il est l’heure du train à l’heure trop précise

Il est jour sans gloire où l’on prend le départ

Car nous revient le soir où l’on enterrait l’espoir

 

Elle arrive déjà, et l’ai-je vue venir ?

Dans mes cris, mes émois, je rêvais de partir,

Je reste là, tout seul, je pense à ce linceul

Qui me couvrira de rêves une dernière fois !

 

Quand elle fauche son foin

Il n’y a plus de regain !

 

 

Poème écrit par Éric Broye

Texte retranscrit par Françoise Berthod