Monsieur Georges Wanner : Styliste-visagiste
Aujourd’hui, nous allons parler de la beauté et de la coiffure. Nous avons invité le styliste Georges Wanner, qui pendant sa carrière a été nommé « Griffe de la Haute Coiffure Suisse ». Bonjour Georges Wanner.
Bonjour.
Depuis quand travaillez-vous dans ce métier, et où avez-vous commencé ?
J’ai commencé mon apprentissage de coiffeur pour dames à Genève, à l’hôtel Astoria en 1968 ; jusqu’en 1971.
Vous avez tout de suite su, dès le début, comme ça, que vous vouliez devenir coiffeur ? Vous avez toujours aimé ce métier ?
Oui, je pense. Déjà tout petit, j’étais assez attiré par l’art de la coiffure, et je ne manquais pas un rendez-vous de ma maman chez son coiffeur où je l’accompagnais chaque samedi. C’était une sortie privilégiée pour moi.
Votre parcours vous a mené assez vite vers la gloire ! J’ose le dire étant donné que j’ai lu sur vous différents articles… Qu’est-ce qui vous a apporté ce succès, puisqu’à 38 ans, vous aviez déjà donné votre propre image de marque ? Quinze salons de coiffure ! Et pas seulement en Suisse dans des villes comme Genève, Fribourg et Lausanne, mais aussi à Paris et à Marseille. À quoi a été dû ce succès si rapide ?
Je pense que j’ai toujours aimé ma griffe personnelle par rapport au visuel de coiffure qu’on effectue dans nos salons. Ce qui a forcément entraîné une formation continue de mes coiffeurs et coiffeuses, et permis de développer des visuels de coiffure par rapport à mes salons de l’époque, à Marseille et aux Champs-Élysées à Paris, et faire de la formation spécialement liée à cette image de mode parisienne.
Vous avez été bien reçu dans ces grandes villes ? Par votre clientèle et par la mode ?
Oui. C’était toujours un grand plaisir pour moi de travailler en France ou en Suisse.
Et vous êtes quand même revenu en Suisse à un moment donné ?
Oui. Par rapport à ma situation familiale, j’aimais toujours bien revenir en Suisse.
Et le public en Suisse, comment l’interpellez-vous ? Quelle est votre intuition ? Les gens aiment la beauté, se coiffer ; aiment le style ? Quel public avez-vous eu et avez-vous toujours en Suisse ?
Moi, je dirais qu’un coiffeur souhaite toujours avoir à faire à une clientèle qui veut évoluer dans son image, pour créer ainsi de nouvelles coiffures par rapport à l’évolution de la mode ; toujours adaptées, bien entendu, à un visage. Et je pense que le bouche-à-oreille marche assez bien pour nous coiffeurs, quand on se met à travailler dans un endroit, dans une ville.
Est-ce que vous avez une philosophie du travail dans votre métier ? Je me permets de vous citer une interview dans la presse, au cours duquel vous avez dit : « La coiffure doit être l’expression d’une vision propre. Son inspiration confine au génie créatif. » Et ensuite, vous avez rajouté : « Coiffer quelqu’un, c’est déterminer son style, magnifier ses traits, cerner et souligner son identité. »
Oui, tout à fait. Créer une personnalité, et une image également, par rapport à l’évolution de la coiffure. Adapter, personnaliser une coupe de contour ne suffit pas ; il faut sculpter et pointer. On peut éventuellement effiler, pour travailler aussi avec une texture qui permet la finalisation d’un visuel très personnalisé. Je parlerais de créer un personnage ; ça plaît à tout le monde… Afficher sa particularité, en rapport à sa manière de se coiffer, de s’habiller ; du moment qu’on bénéficie des conseils en image de son coiffeur. Bien souvent, ça nous permet de concrétiser une idée de coiffure qu’on aurait souhaitée, et qu’on peine parfois, en tant qu’amateur, à expliquer. On n’a pas non plus toujours la facilité de trouver. C’est la raison pour laquelle le dialogue est très important pour moi. Au début déjà, avant même de commencer à laver une chevelure pour la couper ; pour cerner au mieux tant la texture du cheveu que le tempérament de la personne. On ne peut pas couper les cheveux à quelqu’un qu’on ne connaît pas…
Le dialogue joue donc un rôle assez important dans votre métier. Il faut toujours parler ; au début, pendant…
Bien sûr ! Souvent, il y a aussi une progression entre une première coupe et l’évolution de la coiffure. C’est très important de pouvoir évoluer dans le dialogue et l’identification du personnage.
Vous pensez que l’apparence physique joue un rôle dans l’harmonie des gens ; l’harmonie de vie, dans la vie elle-même ?
Oui, certainement. Il y a une motivation reliée à la beauté, au bien-être, au fait d’être belle. Effectivement, il y a certainement beaucoup à faire en ce sens-là.
Comment pouvez-vous définir la beauté ? Je parle de la beauté physique d’une personne. Comment pouvez-vous la définir ? Qu’est-ce que cette beauté ?
Comment la définir ? Je pense qu’il y a toujours des traits à souligner dans l’expression d’une personne. Qu’ils soient bien évidents ou parfois un peu cachés. On peut effectivement donner une expression à un visage par rapport à une beauté physique finalement très importante.
Qu’est-ce que la coiffure, d’après vous, en tant que spécialiste et styliste ? On sait tous qu’il faut se coiffer. Mais une définition de la coiffure ; étant donné que vous la considérez un petit peu comme un art. Est-ce un art, vraiment ?
C’est un art, effectivement, lorsqu’il s’agit de la création d’une coiffure. Car on doit faire attention à la texture du cheveu par rapport au volume, au volume désiré ou la brillance du cheveu ; et par rapport à un tout, en fait… À la finalisation d’une coupe de cheveu qui vit et doit bouger ! Une coupe de cheveu, une fois terminée, ne devrait pas nécessiter un grand coiffage. Oui, en cas de sortie, de gala, etc. Mais sinon, en matière de quotidien, la coiffure doit refléter le personnage qui la porte et elle doit vivre. Il ne devrait pas y avoir un besoin de tordre le cheveu chaque matin.
Surtout que dans la vie moderne, on est très pressé. Je pense qu’il y a beaucoup de femmes qui nous regardent ; des téléspectatrices et téléspectateurs… Est-ce que vous avez des conseils de coiffure ou de coiffage à donner ? On va sortir de l’hiver et l’été arrive. Quelques conseils, peut-être ? Quelques tendances actuelles ; celles qu’il faudrait suivre en ce moment ?
Je pense qu’il y a une évolution par rapport à la coloration. En 2008, on verra beaucoup plus de colorations bicolores ; dans le sens qu’on mélangera deux belles couleurs pour lesquelles on n’arrivait peut-être pas toujours à se décider. On fera alors les deux, mais en harmonie ! Cela donnera de très, très belles figures de couleurs. C’est une nouvelle façon de colorer ; plus simple que de mécher les cheveux ou faire des couleurs uniques, uniformes, etc. Évidemment, suite à cette nouvelle tendance de coloration, les coupes évolueront en conséquence, et on verra effectivement des coupes beaucoup plus recherchées, toujours uniques dans leur style. Plutôt des carrés plongeants, avec des franges multiadaptées chaque fois au visage de la personne. Bien souvent différents dans la couleur, justement, et soulignés par une couleur plus claire ou plus foncée que le reste de la chevelure.
Il y a aussi des produits qui viennent avec, qui ont évolué et qui aident beaucoup ?
Oui. Moi je travaille beaucoup avec des produits d’Amérique, qui sont issus d’une recherche technologique vraiment avancée pour la réhydratation du cheveu. Des produits dérivant de la science botanique, avec des extraits de plantes, pour de magnifiques résultats en matière de chevelures brillantes. En vue d’obtenir à nouveau de beaux cheveux lumineux, surtout au moment des sorties printanières.
Votre métier, je pense qu’il a aussi évolué, comme tout. Est-ce qu’il y a des nouveaux défis dans ce métier de styliste et coiffeur ? Est-ce qu’il y a de nouveaux horizons, de nouveaux problèmes qui apparaissent ?
Des problèmes pas… La mode se développe, effectivement ; permettant de multiples évolutions, toujours relatives à sa personnalité, à son idée personnelle de coiffage, et à la tendance actuelle proposée par un professionnel.
Durant votre carrière, vous avez coiffé certaines personnalités, des vedettes. Vous pouvez nous raconter un petit peu ? Nommer quelques personnes, de Genève ou de Paris ?
Très tôt dans ma carrière, j’ai reçu Géraldine Chaplin qui était venue se faire coiffer. Mais je pense que le fait de coiffer une personnalité ou un quidam, c’est pareil, et qu’il n’y a pas de différences. J’ai eu la chance de pouvoir coiffer Christina Onassis et d’autres vedettes du Showbiz. Les Boney M, par exemple, et plein de gens connus. Mais le plaisir de mon travail ne se situait pas à ce niveau ; plutôt à celui de réaliser chaque jour de belles coiffures à toutes mes clientes.
J’ai une question. Comment doit-on chercher notre coiffeur, notre styliste ? Quels sont les critères de base ? Une femme ou un homme, mais surtout une femme qui cherche un bon coiffeur. D’où doit-elle partir en fait ?
Effectivement, c’est bien souvent un souci que de trouver quelqu’un qui puisse bien nous coiffer. Il n’y a pas de critères spécifiques pour dénicher un bon coiffeur. Personnellement, je dirais que d’être fidèle à un coiffeur peut être très positif en matière de connaissance du cheveu. Car celui qui coiffe plusieurs fois sa cliente peut beaucoup mieux connaître son cheveu, ou rien que la réaction d’une coupe qui était peut être trop dégradée et qu’il faudrait simplement dégrader moins, qu’un nouveau coiffeur qui sera confronté au même problème et ainsi de suite. Je pense que le dialogue et la connaissance de l’être humain s’avèrent importants et déterminants lors d’une nouvelle coupe.
Je pense que ça marche aussi du bouche-à-oreille… Vous êtes à Neuchâtel depuis combien de temps ?
La vie m’a mené ici au mois d’août. Cela fait six mois et c’est magnifique ! C’est une ville où je pense rester, afin de pouvoir continuer d’exercer mon art à l’endroit où je me trouve actuellement : la zone piétonne.
Votre projet vous place bien à Neuchâtel. C’est quoi votre projet ici ? Vous voulez y développer quelque chose de particulier ?
Oui. On comptait faire une bonne formation concernant un projet d’école de coiffure. Mais sinon, je pense que mon projet est de pouvoir continuer à avoir beaucoup de plaisir tous les jours, simplement en coupant les cheveux de ma clientèle.
Georges Wanner, on vous souhaite une belle vie à Neuchâtel, avec beaucoup de succès dans votre métier et la suite de votre très beau projet. Merci encore une fois d’avoir participé à notre émission. Au revoir.
C’est moi qui vous remercie.
Interview réalisée par Simona Radulica Montserrat
Texte retranscrit par Françoise Berthod