Monsieur Laurent Pheulpin : Photographe
Laurent Pheulpin, bonjour.
Bonjour.
Laurent, tu fais de la photographie. Tu en as exposé de plusieurs sortes, à divers endroits. Mais tu fais quoi à peu près comme genre de photographie ?
C’est vrai que dans cette prochaine expo, il y aura plusieurs facettes. C’est la raison pour laquelle elle s’appelle « Salade de pixels ». Il y aura de la photo animalière, qui est aussi une de mes passions. Un petit peu de paysages, surtout urbains, et également le genre qui me tient le plus à cœur : le portrait en noir et blanc ; portrait de studio. C’est vrai que ce qui me fascine le plus dans la photo, c’est de pouvoir travailler la lumière et les expressions des sujets.
Justement ! On voit sur tes photos qu’il y a beaucoup de travail avec l’exposition de lumière, et même de la surexposition pour faire ressortir certaines ombres qu’on n’aurait pas l’habitude de voir… Depuis combien de temps t’exerces-tu à la photographie ?
À peu près six ans.
Six ans, et tu as directement commencé par le numérique ? Ou tu t’es d’abord initié avec l’argentique ?
J’avais fait de l’argentique, il y a très longtemps, puis j’avais un peu laissé tomber… Quand le numérique est sorti, je crois que le fait de voir le résultat tout de suite m’a passionné. Je pouvais corriger mes erreurs de cadrage directement, et je dois reconnaître que ça m’a vraiment fait crocher beaucoup plus.
On voit bien que le numérique, depuis son essor, a vraiment ouvert beaucoup de portes. Rien que pour la retouche des photos. On peut presque considérer qu’on entre dans un autre style d’art...
Tout à fait ! C’est presque un moyen d’expression entre la photo et la peinture. C’est vrai qu’il y a la retouche et les montages. Avant, j’ai pourtant découvert grâce à certains livres sur la photo que le montage existait déjà, même au début du siècle. C’était des découpages qui étaient un peu trop visibles. Maintenant, on arrive à donner l’illusion…
À bien faire. Et dans ta vie professionnelle, au niveau de la photo, est-ce que tu arrives à bien séparer le truc ? A trouver le temps pour prendre des photos avec le métier que tu fais ?
Oui. C’est l’un des avantages. Comme je suis représentant en médicaments, je suis beaucoup sur les routes ; je peux prendre l’appareil avec moi. Si je vois un beau paysage, je me permets de m’arrêter. J’arriverai peut-être en retard au rendez-vous, mais je dispose d’une certaine liberté ! Parfois, il m’arrive de travailler un peu plus tard le soir pour pouvoir prendre un moment l’après-midi. C’est vrai que je ne n’ai pas à tenir un horaire 8h-12h et 13h-17h. Si j’ai une exposition à Lausanne, je peux même me permettre de combiner avec des visites au CHUV, pour aller accrocher ou voir le galeriste entre midi et deux heures. Par rapport à ça, je pense que c’est un métier qui est vraiment idéal.
Tu as commencé la photographie il y a six ans. Est-ce que tu as directement commencé par exposer ton travail ? Ou tu as gardé tes premiers essais pour toi ?
Non, non. Il y a quand même eu un bon moment où j’ai gardé pour moi. Il faut savoir qu’au départ, j’ai appris un peu comme tout le monde. J’ai acheté un petit numérique sans penser vraiment à développer un hobby. Mais c’est vrai qu’en vacances, je me suis rendu compte que j’y passais un certain temps…
Derrière l’appareil ?
Voilà. J’ai vraiment croché ! Pendant un moment, j’ai fait uniquement du paysage, et c’est vraiment à partir du moment où j’ai acheté mon studio pour le portrait qu’est née la véritable passion. Quant aux expositions, la première s’est faite il y a une année et demie. Mais je n’ai pas tout de suite osé montrer.
Depuis, vu que tu fais quand même pas mal de photographies, tu as exposé beaucoup de fois, et à plusieurs endroits ?
La première, donc, il y a une année et demie, s’était faite à la N3 du CPLN. Ensuite, c’est vrai que tout s’est enchaîné, et j’ai exposé deux ou trois fois au Valais ; notamment à Saint-Maurice et à Martigny. Et une ou deux fois sur Lausanne, également.
Tu as pas mal bougé à travers la Suisse romande ?
Oui, c’est vrai que c’est une bonne expérience. On apprend aussi à se connaître. Car c’est avant tout en rencontrant du monde et en échangeant des idées qu’on voit à travers le regard des autres. On apprend à se corriger, à s’améliorer. J’ai même remarqué que la perspective d’une exposition prévue, ainsi que son échéance, peuvent stimuler la créativité.
J’ai aussi constaté, juste avant l’exposition, qu’on « chope » tout plein d’idées et qu’on n’a pas toujours le temps de les réaliser.
En effet !
Donc, ça t’arrive aussi ?
Oui bien sûr. Souvent, je garde ces idées pour les expos suivantes.
À propos de ton exposition « Salade de pixels »… Tu comptes nous présenter quoi comme genre ?
Il y aura des photos animalières, pour la première fois ! C’est peut-être une autre facette de ma passion pour la photo ; en tous cas quelque chose qui me relaxe beaucoup. Parfois, la photo studio peut s’avérer un peu stressante, parce qu’il est nécessaire de travailler l’éclairage, et de se… creuser la tête. Souvent, ça me ressource d’aller dans la nature… En quelque sorte, par les photos de portrait, je dénonce certains côtés de la société qui me déplaisent. Avec les photos de nature, j’essaie de montrer ce qui est beau, et aussi ce qui me plaît dans notre monde.
Justement, j’ai vu une série de tes clichés où tu as épinglé d’autres photos sur des têtes de poupées. Pourrais-tu un peu nous expliquer ce que tu cherchais à exprimer ?
La thématique, en fait… J’avais lu pas mal d’articles sur ces filles très jeunes, entre huit et douze ans, qui s’habillent comme des ados, voire des adultes ; poussées par des publicitaires avides d’élargir leur spectre de clientèle. Les psys estiment que c’est dangereux. On leur volerait la fin de leur enfance, ce qui peu « prétériter » leur développement futur. Dans cette thématique, j’ai pris des poupées d’enfants, et je leur ai ajouté des yeux et des bouches de top models avec des épingles de couturière. Un peu pour montrer que ça leur bouche leur vision.
C’est une bonne image figurative !
Voilà. Quelquefois, aussi, les idées germent d’une certaine manière dans notre tête ; et lorsqu’on les réalise, le résultat peut paraître plus horrible qu’on ne pouvait l’imaginer. C’est vrai que ces photos ont choqué pas mal de monde. Elles sont relativement violentes.
Quand on observe d’autres photographes, on voit bien qu’il y a les spécialistes de la photographie animalière, et ceux qui se consacrent à la photographie de modèles. Mais toi, apparemment, tu as autant réussi à toucher à la photo romantique de paysages et leur beauté naturelle, qu’à provoquer la société.
Oui, de toucher un peu à toutes les facettes du monde dans lequel on vit, qui se révèle en même temps très beau et très laid. Le but de la photo, c’est de susciter des émotions quelles qu’elles soient. Elles peuvent être positives comme négatives. Quand on choque, ça suscite aussi une interrogation de la part du spectateur. J’essaie, du moins…
Dernièrement, il y a eu cette polémique concernant le photographe de Benetton, qui aurait photographié des modèles anorexiques en vue de montrer que les mannequins vont beaucoup trop loin ; et qu’on cherche à les rendre trop maigres. Que penses-tu de ce genre d’images ?
C’est vrai que c’est un travail que j’aime beaucoup, parce qu’il montre la réalité. Dans ce cas, on ne peut même pas dire qu’il exagère, étant donné que ça existe vraiment. C’est même assez impressionnant comme on peut dépasser les critères d’esthétique. Avant on montrait des femmes d’une perfection qui était peut être difficile à atteindre. Mais là…
La plastique…
On va même au-delà de la beauté. On parlait d’ailleurs avant de Photoshop… Ce qui est un peu dangereux, c’est qu’on voit beaucoup de mannequins retouchés. Cela signifie que beaucoup de femmes nourriront des complexes à cause de quelque chose qui n’existe pas !
Dans les photos publicitaires des magazines féminins, on pousse justement la consommatrice à ressembler aux objets qui sont présentés. Pour les acheter, justement.
Exactement !
On te dit : « Pour porter ça, il te faut être comme ça ! »
C’est vrai que dans ce cas-là, ce n’est même pas exagéré. Et c’est le pire !
Ce photographe a en fait montré ce que les gens ont de la peine à décrypter, et qu’on peut se rendre malade pour devenir top model.
Tout à fait ! Il y a même eu un décès au Brésil. Cela prouve jusqu’où ça va !
Sur tes photos, on voit bien que tu aimes vraiment jouer avec les lumières. Est-ce que tu as une petite idée ? Et pourquoi ?
Parfaitement ! Je me suis rendu compte, en m’amusant à réfléchir sur ce qui différencie la photo de moyens d’expression tels que la peinture ou la sculpture, que c’est un peu le seul art plastique qui, à la base, est totalement prisonnier de la réalité. J’ai essayé de jouer avec cette frontière…
En modifiant les couleurs, justement ?
Exactement, oui. Une phrase m’avait d’ailleurs beaucoup frappé : « L’art peut mentir pour mieux révéler la réalité. » Et en studio, justement, par-dessus ces fameux flashs, il y a souvent des parapluies qui ont tendance à faire que la lumière…
Un éclairage plus diffus ?
Oui. Où ça balaye vraiment la surface du sujet. Et là, j’ai mis un autre outil, qui est en fait un cône ; un focalisateur qui ne concentre la lumière qu’à certains endroits.
L’effet spot, un peu ?
Exactement ! On révèle de cette façon que certaines parties du sujet, et on montrera un peu plus ses états d’âme, et un peu moins ses apparences. Finalement, c’était aussi un peu dans le but d’aller au-delà de la réalité, et de montrer des choses que l’œil ne verra peut-être pas.
Sur tes photos, en somme, on voit qu’il y a beaucoup de lumière. C’est essentiellement fait en studio, et il y a quasiment peu de retouches via les programmes informatiques.
Du recadrage, et aussi un peu de travail sur les contrastes qui pourraient se faire en argentique pendant la révélation. Il y a des montages sur certaines photos, mais c’est vraiment assumé. On voit tout de suite qu’il s’agit de montages.
Quand tu fais des montages, tu ne cherches donc pas à le cacher ; tu le montres, au contraire ?
Tout à fait ! C’est vrai que le montage avec Photoshop, c’est un peu une arme à double tranchant. Si on en abuse, on court des risques de faux effets, et j’ai toujours peur de tomber là-dedans. Je suis très prudent.
Un photographe professionnel va tout de suite remarquer si on a augmenté la netteté ou changé une quelconque couleur. Il y a toujours des gens qui s’en rendent compte.
Eh oui…
À propos de tes photos assez « trashs », est-ce que tu aurais deux ou trois anecdotes à raconter ? De la part du public, par exemple. Au moment de les présenter…
C’est vrai qu’il y a eu des réactions très diverses. Il y a quelques mois, à la N4 du CPLN, par exemple, j’ai remarqué deux filles horrifiées qui parlaient entre elles : « C’est un psychopathe qui a du faire ça ! »
Pourtant, toi qui travailles en plus dans le milieu médical, on aurait de la peine à te définir comme ça. Même à travers tes photos…
Je pense que n’importe quelle personne, même équilibrée, détient une part gaie et une part sombre. Je pense même que c’est nécessaire, et que le contraire pourrait peut-être même être dangereux. Au moment de réaliser ces photos, je me suis simplement un peu plus connecté avec l’autre part. Dans pas mal de galeries, j’ai remarqué d’une manière générale que ce n’est pas évident de placer de la photo, et qu’on gagne à sortir du classicisme. Et parmi les meilleures façons d’en sortir, il y a l’humour et la violence. C’est probablement ce que j’ai essayé de faire, surtout après avoir constaté que les paysages ou les portraits trop classiques ne passeraient pas dans certaines galeries.
Est-ce que tu t’es déjà retrouvé dans une galerie ou un espace artistique où on t’aurait dit : « Je trouve vos photos un petit peu trop crues, et on ne peut pas les exposer ! » ?
Quelquefois, on m’a demandé ne pas exposer certaines séries ; ou alors d’apposer un cache avec un avertissement. Pour les poupées, j’ai du joindre un texte explicatif. Mais j’avais souhaité en mettre un, spontanément. Car lorsqu’il s’agit de parler d’enfants, il vaut mieux être très prudent. Au départ, je ne voulais pas trop que des enfants voient ces photos ; et j’ai été franchement frappé de me rendre compte, qu’en fait, ça ne leur faisait ni chaud, ni froid. J’ai bel et bien vu une dizaine d’enfants qui les regardaient en rigolant.
Oui les tout jeunes s’adaptent de plus en plus dans un monde où on leur présente de la violence. Ils n’ont plus aucune notion de violence quelle qu’elle soit.
Oui, ça m’a frappé ! Mais peut-être qu’un enfant n’a pas encore eu un vécu suffisamment conséquent pour que ça le renvoie à quelque chose. C’est peut être aussi une explication. J’ai vu des hommes d’environ 30-35 ans avoir peur de mes poupées, alors que des enfants de six ans riaient en les voyant. Il faut reconnaître que c’est intéressant de voir ce genre de réactions.
Est-ce que c’est facile en tant que photographe de trouver des places dans les galeries ?
C’est relativement difficile. Au cours de mes recherches, j’ai découvert qu’à peu près une galerie sur trois n’entre de toute façon pas en matière. Ce qui est assez étrange, vu qu’officiellement dans les grandes écoles d’art, la photo est maintenant considérée comme un art majeur. Mais dans l’esprit de certaines gens, ça reste encore un petit peu en retrait.
Les gens préféreraient encore y voir des peintures ?
C’est ça. Il y a encore un peu ce mythe du « Il suffit de presser un bouton… » Ce qui à mon avis est totalement faux. Parce que pour une photo, surtout en studio, si on tient compte du temps nécessaire pour la préparation de l’éclairage, le shooting, puis tout ce qu’il faut bien retravailler, ça exige trois ou quatre fois plus de temps que la réalisation d’un tableau abstrait. Cette notion-là est plus difficile ! J’ai aussi constaté qu’il y avait deux approches de la photo. La photo classique faite peut-être par des photographes professionnels, mais aussi la photo utilisée en tant que moyen d’expression. On veut montrer quelque chose, et on utilise un appareil photo plutôt qu’un pinceau. Avec cette deuxième approche, par exemple, en matière d’art contemporain, c’est nettement plus facile de se profiler comme photographe. C’est plutôt à ce niveau qu’il y aurait de la place. J’ai remarqué ensuite que dans le bassin lémanique, grâce à la Grande École de Photos de Vevey, on rencontre une culture de la photo plus poussée que sur Neuchâtel, avec quelques galeries qui se réservent uniquement aux images photographiques.
On trouve encore quelques galeries sur Neuchâtel qui se veulent essentiellement « photos », mais ça ne court pas les rues…
C’est assez rare, effectivement.
Depuis l’explosion du numérique, certaines personnes estiment qu’on a dénaturé la photographie d’art. Qu’en penses-tu, en fait ?
Personnellement, je pense que c’est uniquement une transition. Il faut savoir que dans le monde de la photo, il y en a déjà eu une dont plus personne ne parle. Dans les années 1850, avec le passage du daguerréotype à l’argentique. Il faudrait aussi concevoir que les premiers argentiques étaient de qualité catastrophique, avec le seul avantage de permettre la réalisation de plusieurs photos ; ce qui n’était pas possible avec le daguerréotype. À l’époque, les gens disaient : « Cela ne prendra jamais ! » Maintenant, on ne sait même plus que cette méthode a existé ! Finalement, avec les technologies émergentes, on recule toujours pour mieux sauter… Les premières voitures à essence tombaient tout le temps en panne, et on leur préférait les voitures à cheval. Maintenant, on a vu le résultat. Idem avec les avions et le dirigeable. Le premier avion sautillait sur 200 mètres. Mais de nos jours, je crois que plus personne ne fait de tours en dirigeable. Sauf à l’Expo.02… Cela dit, la photo est un art, qui à mon avis, donne beaucoup de possibilités. Rien que pour immortaliser la nature tout en l’aimant vraiment, et en favorisant l’écologie, on peut travailler à des rafales de six images à la seconde sans gaspiller de la pellicule.
On n’y arrive pas forcément du premier coup.
Prendre un oiseau en vol, c’est très difficile avec l’autofocus automatique.
Il se perd sur chaque mouvement.
Exact ! Une photo sur dix sera nette, et on est quitte de dépenser des produits chimiques. Il faut reconnaître que finalement, il n’y a pas tant de différences que ça. Dans le cas d’un reflex numérique, l’optique et la partie métallique seront les mêmes. La seule différence viendra du capteur. Mais toute la partie éclairage et expression du sujet reste la même. Et ce que j’ai découvert, chose à laquelle je n’aurais jamais pensé, c’est qu’en travaillant avec ces focalisateurs coniques, le moindre centimètre de différence change tout. Et avec un argentique, je n’aurais jamais pu travailler comme ça. Je regardais sur l’écran, je corrigeais ; et je visais surtout un résultat. Si j’avais dû chaque fois développer, ce qui me prenait au moins deux heures, il m’aurait fallu une bonne semaine et, en plus, j’aurais été dégoûté. Étonnamment, ça me donne une plus grande liberté dans l’essai des lumières ; donc une plus grande créativité. Après, il y a encore la notion de travail via Photoshop. Avec certains montages, on atteint presque un nouveau moyen d’expression entre la peinture et la photo. Et s’ils ne sont pas trop kitsch, ça peut apporter quelque chose…
Un bon résultat.
Tout compte fait, je trouve au contraire que ça peut même dynamiser la photo ; un peu comme les effets spéciaux au cinéma. Si on n’en abuse pas, ça peut augmenter les possibilités. C’est un petit peu ma vision du numérique. Quoi qu’il en soit, on ne nous laisse plus vraiment le choix ; étant donné que Canon a carrément arrêté de faire de l’argentique.
Quant à Nikon, on ne sait pas encore pour combien de temps…
Sincèrement, c’est dommage. Je respecte vraiment les gens qui aiment l’argentique. Mais apparemment, ça risque de devenir toujours plus difficile.
Qu’est-ce que tu penses enfin des gens qui sont pro-argentique et qui crachent sur le numérique ? Si tu veux faire un petit coup de gueule….
Je dirais que c’est dommage. Je leur conseillerais peut-être d’essayer un peu le numérique avant de le critiquer autant. Je peux comprendre… C’est vrai qu’il y a la révélation, et une poésie à travers celle-ci. Mais j’ai remarqué que de retravailler, d’imprimer des photos, ça relève d’une autre magie ; différente…
Oui, c’est différent.
Il ne faut pas non plus oublier qu’il y a deux cents ans, à la période où sont arrivés les premiers appareils photo, les peintres crachaient sur la photographie exactement comme les pro argentiques crachent sur les numériques. Ce n’est qu’une question d’époque…
On tourne en rond.
C’est tout à fait le cas !
On arrive au terme de notre interview. Une dernière question. Est-ce que tu as pris des cours de photos dans une école ?
Non. J’ai lu des bouquins et j’ai essayé de progresser en autodidacte. Puis j’ai acheté mon studio, et un DVD avec des explications. J’ai pas mal appris de cette manière. Le travail avec les focalisateurs coniques, c’est vraiment quelque chose qui ne se fait pas. Là, j’ai un peu tâtonné ; pris des notes.
Tu fais tes propres découvertes.
Je me suis un peu amusé…
Laurent, je te remercie.
Merci à toi.
Et à la prochaine.
Cela marche ; à bientôt alors…
Interview réalisée par Julien Pisenti
Texte retranscrit par Françoise Berthod