Le Val-de-Travers
L’Areuse traverse le Val-de-Travers et prend sa source à St-Sulpice, au pied du cirque rocheux qui surplombe le village. À une époque, on ne comptait plus les forges et les moulins qui jalonnaient les rives jusqu’au Pont-de-la-Roche. Entre St-Sulpice et Fleurier se trouve le Chapeau de Napoléon qui, du haut de ses 960 m d’altitude, offre une superbe vue de l’Areuse, du Vallon et de ses villages. Un restaurant y a été construit en 1894, à l’initiative d’un hôtelier ambitieux, Joseph Kaufmann. Sur sa terrasse, vous serez assis au-dessus d’un à-pic de 215 m, de quoi donner quelques frissons…
Depuis les hauts, on peut contempler au sud, la Montagne-de-Buttes qui nous offre un splendide panorama de verdure, tandis qu’au nord, une vue plongeante sur Fleurier permet de constater à quel point l’essor de l’industrie horlogère a influencé la structure en quadrillages des rues.
Le nom de Fleurier, aujourd’hui, la bourgade la plus peuplée du Vallon, apparaît pour la première fois en 1284. Les premières décennies du 18ème siècle sonnent l’envol d’une vocation horlogère nécessaire vu l’impossibilité d’une agriculture de qualité, due au sol marécageux de l’endroit. C’est vers 1730 que débute l’horlogerie, qui connaîtra très vite un essor prodigieux, à tel point qu’en 50 ans, la population va doubler. On compte 3390 citoyens fleurisans à la fin du 19ème siècle, la plupart engagés dans l’industrie locale. L’un d’eux, Edouard Bovet dit Bovet de Chine, va exporter le savoir local en Asie, en s’établissant précisément en Chine, en 1818.
En suivant la route après le Pont-de-la-Roche, nous arrivons à Boveresse, qui gagne ses lettres de noblesse au détour du 19ème siècle, lorsqu’aux alentours s’épanouissent par dizaines, les champs d’absinthe.
Sous Boveresse se situe le village de Môtiers. Son nom vient du vieux français môti qui signifie monastère. Le développement du village s’est principalement fait autour de l’église Notre-Dame et de sa très importante paroisse. Il est généralement admis que l’église Notre-Dame doit être considérée comme postérieure au prieuré Saint-Pierre. On estime que le bâtiment actuel date de la fin du 15ème ou du début du 16ème siècle. Il a probablement été érigé sur les fondations d’une chapelle importante du 5ème siècle.
Le village, calme et accueillant, est aussi rempli de beaux témoins d’architecture. Notamment un très beau Prieuré devenu privé et abritant un producteur de vins fin et de champagne, ainsi que la fameuse Maison des Six Communes.
Perché à 750 m d’altitude, Couvet a une histoire peu mouvementée, jusqu’à ce qu’ Henri Edouard Dubied y crée une fabrique de machine à tricoter en 1867. Le passé glorieux de « La Dubied » a profondément marqué l’architecture urbaine de Couvet, plantée de petits pavillons presque semblables avec leurs jardins serrés le long de la route.
Installé sur les deux rives de l’Areuse, Travers est surtout connu pour ses célèbres mines d’asphalte de La Presta, qui se sont muées en un espace touristique depuis que les mineurs ne sillonnent plus leur cent kilomètres de galeries souterraines.
Le Creux-du-Van est un cirque naturel d'environ deux kilomètres de diamètre, formé par deux arcs de cercle côte à côte. En partie réserve naturelle, il n'est pas rare de croiser des chamois et des bouquetins. En descendant du Creux-du-Van par le Dos d'Âne ou par le chemin du Single, on arrive à la Ferme Robert, un charmant restaurant à 970m d'altitude.
De par sa position géographique, elle est au coeur de l’un des sites naturels les plus majestueux et attractifs de toute la chaîne jurassienne. La faune et la flore y sont protégées sur une superficie de 11 km2. Cette typique "reculée" jurassienne que couronne un superbe cirque de falaises est ouverte en U vers les gorges de l’Areuse, au-dessus d’éboulis couverts de sapins.
À l’occasion d’expositions temporaires, la grange du restaurant se métamorphose en galerie d’art, photos ou peintures, tandis qu’en août, la traditionnelle et renommée Fête de l’ours réunit touristes et habitants. Elle commémore le combat qui opposa le chasseur David Robert à l’un des derniers ours de la région, en 1757.
Texte écrit et dit par Martial Ghielmetti
Texte retranscrit par Françoise Berthod