Monsieur Pierre Barraud : Les Biviades
Monsieur Barraud, bonjour.
Bonjour.
Vous êtes aujourd’hui sur notre plateau pour nous parler des Biviades. Que veut dire Biviades, et quels sont les objectifs de cette association ?
Biviades vient de ce qu’on estime être l’origine du nom Bevaix. Il y a deux hypothèses. On parle tout d’abord d’un nommé Billius, qui aurait eu sa ferme et son exploitation ici au Moyen Age. Quant à l’autre hypothèse, c’est que le nom original de Bevaix serait Biviae, qui signifie deux chemins, avec une idée évidemment de croisement de chemins et de rencontres. Ce qui aurait donné Biviades, par extension.
Maintenant, le but de l’Association des Biviades… Beaucoup se souviennent des fêtes du 400ème anniversaire du Temple de Bevaix qui ont eu un grand succès. Il y a une volonté de relancer, en quelque sorte, cette ambiance festive à travers le village ; d’où cette idée d’en organiser cette fois sur un week-end, et non pas sur plusieurs semaines, comme c’était le cas lors de l’anniversaire du Temple. Sur un seul week-end, un grand rassemblement de la population avec des animations.
D’accord. Une première manifestation au début de cet automne, je crois ?
Nous avons déjà, d’une certaine façon, lancé les Biviades à la fin du mois de février, puisqu’on a organisé un concert au Temple de Bevaix, qui a permis d’appeler la population à participer et à être informée de l’existence de ces Biviades. Mais surtout de montrer ce qu’on souhaitait faire. Ce concert de lancement a eu lieu, et les manifestations mêmes des Biviades se dérouleront les 13 et 14 septembre 2008 dans différents endroits du village, précédées d’ailleurs, au 10 septembre, d’une rencontre dans le cadre de l’Aristoloche.
Dans le cadre de ce week-end, il y aura beaucoup d’animations. Des expositions, par exemple.
C’est cela. Nous avons prévu tout un panel de manifestations diverses, qui vont de la photographie à la littérature, en passant par la peinture et la danse. Une célébration à l’église même, au Temple de Bevaix, avec différents thèmes qui se situent justement dans l’idée de valoriser le patrimoine de Bevaix et de ses environs. On a choisi des thèmes qui vont d’abord dans ce sens-là, bien sûr, et qui peuvent aussi être exploités par la population. L’idée, c’est de faire participer les Bevaisans, et de partager un moment convivial. D’appeler surtout les Bevaisans à participer, car c’est eux, en quelque sorte, qui porteront cette manifestation à travers les sociétés locales. C’est précisément celles-ci qui apportent leur contribution à ces Biviades. Mais il faut peut-être souligner que les Biviades ne sont pas une concurrence aux sociétés existantes de Bevaix. Le but des Biviades est de fédérer les bonnes volontés sous l’appellation de Biviades, justement, afin de créer un événement.
D’accord. Peinture, littérature, musique. C’est très…
Dense. On a quand même des personnages très intéressants qu’il faudrait mentionner, car faisant partie de la vie bevaisane. René Gerber, par exemple. René Gerber est un compositeur décédé il y a deux ans. Et cette année, nous fêtons le centième anniversaire de sa naissance. Nous avons un écrivain contemporain, Jean-Paul Comtesse, que nous accueillerons dans le cadre des Biviades lors d’une rencontre littéraire ; au Café du Cygne. Nous avons réservé plusieurs endroits à ces Biviades ; tous situés au centre du village, et qui permettent justement de varier les genres et les lieux des rencontres.
Oui, tout à fait. Je vois qu’il y a la Maison de Commune, la Galerie Trin-na-niole, le Café du Cygne et le Temple.
Et la Grande Salle bien sûr.
Tous seront impliqués dans cette manifestation.
Nous allons aussi nous promener à travers Bevaix et le décrire. Parler, par exemple, des vieilles pierres de Bevaix. Nous allons faire un itinéraire historique, en essayant de dater certains monuments ou bâtiments. Enfin, retracer l’histoire du village, et sa vie à travers les siècles.
Tout ça, si j’ai bien compris malgré tout, ne s’adresserait pas qu’aux Bevaisans.
Nous avons évidemment bon espoir de voir également participer des gens d’ailleurs. Ne serait-ce que d’anciens Bevaisans. Mais c’est ouvert à tout public, bien entendu ; et participera qui le voudra. L’essentiel pour nous est de mettre en valeur ce patrimoine régional. Nous ne limitons pas la région simplement au village de Bevaix, mais à sa culture, bien sûr, avec un certain sens de l’extension géographique ; tant celle de Cortaillod, que celle de Boudry ou de Saint-Aubin.
Tout à fait. Et les jeunes aussi n’ont pas été oubliés, si j’ai bien compris ?
Bien sûr que non. On a même créé un concours exprès pour eux. Un concours de photos, avec à son terme la création d’une œuvre collective. Et ce concours ne s’adresse pas seulement aux jeunes, mais à tous ceux qui veulent faire de la photo. Ceci dit, il est organisé par la Maison des Jeunes de Bevaix, avec la collaboration de Patrick Savioz.
Beaucoup de choses vont se passer surtout dans la Grande Salle de Bevaix.
Dans cette Grande Salle, au samedi 13 septembre, nous organiserons également un repas, auquel toute la population peut bien sûr participer. C’est un repas ouvert à tous.
D’accord. Le dimanche de ce weekend-là, il y aura aussi un culte un peu spécial.
C’est cela. Nous prévoyons une cérémonie au Temple sur un thème d’ailleurs particulier qui s’appellera « Les femmes oubliées ». Cette cérémonie religieuse donnera lieu au préalable à un atelier de préparation, et sera aussi ouverte au public. D’autre part, le Temple servira également à la création d’une œuvre musicale de René Gerber, ainsi qu’à l’exécution de la Misa Criolla, une œuvre d’Amérique du Sud. Et on y parlera aussi d’autres créations de René Gerber.
Tout cela est à l’état de projet pour l’instant, et je crois que vous avez un appel à adresser à la population.
Mais oui. C’est en fait un appel aux peintres, puisque nous souhaitons exposer des œuvres de peintres bevaisans. Nous lançons aujourd’hui un appel aux peintres bevaisans ou de la région, pour qu’ils participent à cette création d’œuvre collective. Les conditions ne sont pas draconiennes. Il faut simplement que ce soit une œuvre abstraite. Une œuvre non figurative, devant faire partie d’un tout. Car on peut difficilement cumuler des choses trop précises dans ce tout-là. Un appel a déjà été lancé aux peintres afin qu’ils participent à ce concours, mais il y a peut-être des gens qui ne l’ont pas entendu, ou qui souhaitent y participer après s’être ravisés. Ces personnes peuvent alors prendre contact directement avec moi. Je rappelle uniquement la seule condition : être de la région bevaisane, bien sûr, mais au sens large du terme. Et insister sur cette conception d’œuvre abstraite, pouvant justement permettre la participation à une création collective.
Espérons que ça soit entendu.
Mais oui.
D’autres activités qui cherchent encore du soutien ?
Nous lançons encore un appel à d’éventuels choristes. Nous avons créé un Chœur des Biviades, qui interprétera précisément les oeuvres de René Gerber et la Misa Criolla. Et nous cherchons encore des hommes et des femmes qui ont envie de les chanter.
D’accord M. Barraud, je vous remercie et vous souhaite plein succès pour cette manifestation.
Merci.
Interview réalisée par Rita Hosang
Texte retranscrit par Françoise Berthod