Les poèmes du berger : Débile

 

 

Par un matin doux et tranquille

Tu sors du lit et de la ville

Sans te soucier de ces longues files

Si blêmes et immobiles

Et tu vois à travers tes cils

Sous ces masques faits d’argile…

 

Tu vois… des hommes débiles

Tu vois… des femmes habiles

Tu vois… des gosses trop seuls

Tu te vois… toi et ta gueule

 

Et tu te dis c’est pas normal

Faire l’amour à une opale

Du clair de lune si pâle

À l’aurore qui s’emballe

Jusqu’à voir trente-six étoiles

Quand on te dit que c’est si sale

 

Quand tu vois… ces hommes banals

Tu vois… ces femmes fatales

Tu vois… ces gosses sans idéal

Tu te vois toi… mal, si mal

 

Enfin le soir, t’as les copains

Après un long jour de turbin

Avec eux tu t’en vas très loin

Pour un voyage sans lendemain

Avec la fougue, avec l’entrain

Qui te pousse vers un nouveau béguin

 

Tu t’en vas… loin des hommes débiles

Tu t’en vas… loin des femmes habiles

Tu t’en vas… loin des gosses trop seuls

Tu t’en vas… loin de toi et de ta gueule

Tu t’en vas… loin des hommes banals

Tu t’en vas… loin des femmes fatales

Tu t’en vas… loin des gosses sans idéal

Tu t’en vas… loin de toi qui va mal, si mal

 

 

Poème écrit par Éric Broye

Texte retranscrit par Françoise Berthod