Les poèmes du berger : Démon

 

 

Toi qui fus la poussière

Et l’engeance du mal

Despote d’un désert

À défaut d’un dédale

 

Toi qui pues la misère

En ta couleur si pâle

Tu imposes la prière

À travers tes râles

 

Tu voudrais gueuse vipère

Avaler le scandale

Sur le sol de la terre

Sous tes gants de sandale

 

Mais tu ne peux voler

Malgré tous tes vices

Tu ne peux que ramper

Et perpétuer ce supplice

 

Toi qui es l’immondice

De la vaste étendue

De tes rides qui plissent

Sur ton corps ventru

 

Toi qui sur une pelisse

Représentes la verrue

En prêchant sacrifice

En de fausses vertus

 

Tu voudrais réchauffer

Nos aïeules chrétientés

Allumant un foyer

Oubliant nos destinées

 

Mais tu ne peux sacrer

Ceux qui t’ont condamné

Sans encore brûler

La pointe de tes pieds

 

 

Poème écrit par Éric Broye

Texte retranscrit par Françoise Berthod