Les poèmes du berger : Demain… et puis
Vous riez, chantez, buvez mes vieilles branches
Vous pleurez, bossez et vous vivez dans le silence
Dans le silence de vos vies qui s’endorment en partance
Pour un éternel jamais, pour payer la quittance
D’un voyage organisé qu’on vous a imposé
Mais qu’il est long… ce train de vos pensées !
Que l’on achemine jusqu’à l’arrivée
Enfin, jusqu’à une arrivée que personne ne connaît
Vous dansez d’une table à une autre table
Vous vous tournez la tête avec la bière-miracle
Qui fait oublier tous ces déboires d’une vie invivable
On ne va quand même pas s’envoyer de l’eau non-potable
Et puis tu rentres grisé, tu vas refaire le monde
Mais au pas de la porte, déjà une voix gronde
Déjà les rêves sont oubliés, déjà la Terre est à nouveau ronde
Et tu t’endors, le cœur serré, demain c’est encore la ronde
Demain, le beau travail reprendra son droit
Demain, la femme, les enfants seront à nouveau rois
Demain ta gueule de con, ta gueule de bois
Reviendra te cercler, t’enterrer dans son cadre de bois
Et puis tu t’en iras dans un prochain ailleurs
Et puis tu repartiras dans une douce liqueur
Et puis tu finiras sans savoir le bonheur
Et puis on mettra sur ton lit de mort, une dernière fleur
Une dernière larme de pleurs
Un dernier souvenir, un dernier : « Il n’est pas mort ! »
Un dernier : « Je t’aime encore. »
Poème écrit par Éric Broye
Texte retranscrit par Françoise Berthod