Daniel Fuchs et Frédéric Loewer : Théâtre Matchbox

 

 

Bienvenue au théâtre Matchbox, le plus petit théâtre de Suisse comme vous le voyez. Ici vous avez le décor de notre dernier spectacle. Si vous tournez de ce côté, vous avez nos quinze places. Quinze places, ce n’est peut-être pas beaucoup, mais c’est de qualité.

 

Bonsoir Daniel.

Salut Linda.

 

Merci de nous recevoir dans ton petit théâtre. Raconte-nous une fois comment est venu ce petit théâtre ?

L’idée est venue en fait assez simple comme toutes les bonnes idées. C’est que c’était un lieu de répétitions et j’avais fait pas mal de théâtre avant, mais un peu des soucis à retrouver des engagements, etc. perte de temps, aller discuter avec des directeurs de théâtre. Je me suis dit : « Attend, tu as une super salle. Pourquoi ne pas faire le plus petit théâtre de Suisse ? » Et c’est comme cela que s’est parti. J’ai demandé toutes les autorisations et c’est maintenant, ce lieu, le plus petit théâtre de Suisse.

 

Tu travailles ensemble avec ton collègue ?

Oui, je travaille avec Fred.

 

C’est vous-mêmes qui avez les idées, qui mettez en scène, tout ça vous-mêmes ?

Oui. Nous sommes très indépendants. C’est aussi pour cela que je voulais mon propre théâtre et j’ai eu la chance de croiser il y a trois ans, le chemin de Fred. Cela a tout de suite marché au niveau créativité, c’est ce qui m’a permis aussi de démarrer vraiment dans ce que j’avais envie de faire, c’est-à-dire de l’humour en faisant quand même passer des messages entre guillemets, mais faire rire les gens… Avec Fred, on arrive à faire cela très bien. On fait deux spectacles par année. On a toujours plein d’idées et on travaille par impro. Maintenant cela fait quand même trois ans que l’on se connaît. On est bientôt à notre sixième création quand même. Jusqu’à présent, je crois que le public a répondu présent et ça, c’est pour nous la plus grande victoire, faire rire !

 

Dans le théâtre, il y a une quinzaine de places. C’est quand même limité. Sur quelles bases faites-vous vos offres ?

Il y a quinze places. Mais c’est ça l’idée, c’est de faire un petit théâtre. On a la proximité entre le public, les acteurs. Pour le spectateur, c’est aussi une expérience d’être aussi près. Ce n’est pas le théâtre du Passage, mais je ne me compare pas au théâtre du Passage, mais on offre autre chose. On offre une expérience unique en termes de relation, puisque dans notre concept aussi après le spectacle, nous on revient, on discute avec le public. On offre le verre de l’amitié. Des fois, cela fini aussi au restaurant avec certaines personnes. C’est vraiment très convivial et c’était ça notre but.

 

C’est un petit peu une ambiance familiale, on pourrait presque dire.

Absolument. Pendant un moment, on est quinze, dix-sept, dix-huit personnes et on partage un moment d’humour et je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas besoin d’aspirine, il faut de l’humour…

 

Cela, c’est certainement vrai. Cela fait du bien. Vous avez aussi de la musique. Vous faites des pièces de musique. Elles sont faites par toi et Fred ?

Là, c’est plutôt les compétences de Fred. C’est lui le musicien. Moi, je suis plutôt le percussionniste dans l’histoire. On a remarqué, cela plaît bien aussi. Ca coupe, ça donne un rythme à nos spectacles qui est très apprécié.

 

À qui s’adresse surtout le spectacle ?

Je dirais en premier lieu, à toutes les personnes qui ne se prennent pas au sérieux et qui ont envie de rigoler, c’est-à-dire à partir de huit, dix ans ça passe. Les gens peuvent venir et ce qui est aussi bien, c’est que comme c’est un petit théâtre, vous avez l’occasion, toi Linda en tant que particulière, pour une fête de famille, tu peux louer la salle de spectacle et ça tout le monde peut le faire. Il suffit de m’appeler, de me téléphoner. On organise. On joue aussi pour les entreprises. On fait aussi des sketches sur mesure pour les entreprises. On va faire de la formation aussi par le théâtre pour entreprises. Je dirais, le public principal, c’est quand même un peu les adultes. On joue des choses assez locales sur des thèmes qui touchent tout le monde. Mais je vous engage vraiment à venir visiter ce lieu. C’est trop magique, il faut le voir…

 

 

Bonsoir Fred.

Salut Linda.

 

Tu es le responsable musical du théâtre Matchbox. Est-ce que tu pourrais nous expliquer un peu comment ça se déroule ?

Pour moi, c’est plutôt un plaisir qu’une responsabilité. Je crois que c’est l’ensemble de notre œuvre, de notre plaisir. C’est vrai que c’est moi qui écris les musiques, qui écris les textes et c’est surtout dans l’esprit, oui d’entrecouper le spectacle des sketches de quelques musiques, je crois que c’est bien apprécié mais aussi d’avoir comme un hymne qui reste de chaque spectacle, une chanson un petit peu souvenir qui reste un petit peu dans la tête des gens quand ils sortent. Qui reste évidemment un moment dans la nôtre comme « LA » chanson du spectacle. On la rejoue souvent avec beaucoup de plaisir.

 

Vous faites aussi des enregistrements ?

Des enregistrements, non. Pas à la base, l’idée c’est le direct et notre truc, c’est le théâtre. Quitte à la jouer cent fois, mais la jouer pour nous. Mais en vrai. Hormis une petite expérience de studio qu’on a voulu faire. Oui, on a enregistré dans un studio semi professionnel, deux de mes chansons. Une belle expérience, mais disons cela reste… une seule fois.

 

Quand vous montez un spectacle, les idées viennent des deux côtés ou il y a quelqu’un qui donne l’input et l’autre bosse dessus ?

C’est presque difficile à répondre dans le sens qu’on fait le 90 % de ce que l’on crée est instinctif. Cela part sur l’idée d’une improvisation et l’idée amène l’idée et chacun amène un petit peu quelque chose. Mais à la base, on ne peut pas dire qu’on arrive avec une idée, l’un des deux et on fonce là-dedans. C’est vraiment une impro qui prend forme. 50/50 pour répondre à la question, mais c’est très instinctif.

 

J’ai entendu parler que vous faites aussi des choses interactives avec le public ?

Oui, une interactivité, ça s’est donné dans un spectacle. C’était plus un défi technique dans le sens qu’on a projeté sur l’écran des sketches qu’on avait préparé évidemment avant, filmés deux personnages et nous, nous jouions deux personnages sur scène qui rencontraient ces deux-là. Donc, l’illusion d’être quatre sur scène. Cela a été plus ou moins réussi. Au niveau théâtre, c’est réussi, mais en terme technique, c’est quelque chose de très difficile mais on a lancé le pari. On est allé jusqu’au bout.

 

Est-ce que tu aurais envie de faire passer un message général ?

Le message qu’on aime bien faire passer au public quand même, c’est qu’on utilise un humour qui est fin, on l’espère en tous cas, un humour qui est au-dessus de la ceinture. Pour nous, c’est hyper important pour deux raisons. La première parce qu’encore une fois, on veut rester dans cette finesse et dans cette approche plutôt jeu de mots que jeu gras, si je puis dire. Si on jouait au-dessous de la ceinture, on jouerait certainement comme des pieds. Ce n’est pas le but non plus. En dehors de cela, je pense que les gens apprécient aussi par rapport à ce que Daniel Fuchs a dit tout à l’heure, c’est que les gens viennent pour une raison différente au théâtre Matchbox et je pense que cet humour-là fait aussi la différence par rapport à ce que l’on voit aujourd’hui dans les grands médias, ce que l’on peut imaginer. Nous, on veut aussi un humour qui est propre à nous, qui est personnel.

 

De mon point de vue, vous avez du succès et je vous souhaite une très bonne continuation et encore beaucoup de pièces.

Merci beaucoup Linda.

 

 

Interview réalisée par Linda Fischer

Texte retranscrit par Françoise Berthod