Frenetic-Bernasconi-Volvo Team : VTT

 

 

Pierre Froidevaux de Frenetic Bike à Areuse, et Team Manager de la nouvelle équipe Frenetic-Bernasconi-Volvo.

 

Est-ce que vous pouvez nous présenter cette équipe ? Comment est-elle née et quelles sont ses origines ?

L’équipe existe depuis maintenant dix ans déjà. C’était une équipe régionale avec des coureurs de Neuchâtel, et maintenant, on a vraiment une dimension qui est autre, un peu plus grande. On a des coureurs qui viennent du Jura, du haut de Neuchâtel, et aussi du Canton de Vaud. L’origine de ce team vient vraiment du magasin Frenetic, qui voulait aider des jeunes sportifs, et qui est très, très important pour nous afin de ne pas les laisser tomber. On est parti d’abord avec quelques-uns. Un, deux, et maintenant, on se retrouve avec six coureurs, une infrastructure, et toute une gestion au niveau financier car nous avons un professionnel dans l’équipe.

 

Vous avez passé à la vitesse supérieure, si je puis dire, en engageant ce garçon ?

Oui, exactement. Depuis août 2007, on avait des contacts avec Joris, et on a concrétisé au niveau de la signature du contrat début janvier. Après, ça s’est enchaîné… Recherche de sponsors et de fonds. On est toujours actif dans ces recherches, et on a vraiment mis la vitesse supérieure.

 

Est-ce que c’est difficile de trouver des sponsors dans notre région ?

Notre région, elle a vraiment la chance d’avoir une aura autour du vélo qui est extraordinaire. D’autres cantons nous envient. Il y a beaucoup de courses qui sont organisées, beaucoup de manifestations qui parlent du vélo. On a vraiment beaucoup de chance de ce côté-là. Ce qui nous aide à rechercher des sponsors et aller vers des personnes comme M. Bernasconi ou M. Mattei, et tous les autres sponsors qui ne sont peut-être pas sur le maillot, mais qui nous donnent vraiment un sacré coup de main. Et ça, c’est très, très important.

 

Est-ce qu’ils vous ont mis des conditions en exigeant des résultats, ou c’est vraiment des passionnés de vélo ?

Ce sont souvent des passionnés. Des gens qui aiment vraiment le vélo ; qui aiment le sport et veulent donner leur chance à des jeunes. C’est vraiment super de pouvoir compter sur des gens comme ça.

Nous, après, avec la recherche de coureurs, on essaye vraiment d’avoir des objectifs sérieux pour donner le maximum de visibilité médiatique à nos sponsors.

 

Le monde du cyclisme a été entaché par pas mal d’affaires de dopage, notamment au niveau du Tour de France. Est-ce qu’on retrouve ce problème avec le VTT, ou est-ce que vous, vous avez créé une éthique, une convention avec vos coureurs ?

Par rapport à nos coureurs, on a une convention. On a fait signer à chacun une charte anti-dopage, et tous sont vraiment prêts à assumer, sachant que chaque coureur possédant une licence peut être contrôlé à n’importe quel moment par des personnes de l’UCI ; que ce soit très tôt le matin ou tard le soir à leur domicile, ou n’importe où lors de leurs déplacements. Nous devons aussi savoir où ils se trouvent ; dans un lieu spécifique ou à l’étranger. Nous devons pouvoir donner cette information aux organes de contrôle. Cela dit, on a beaucoup moins de soucis au niveau du dopage dans le monde du VTT parce qu’il y a moins d’argent. C’est simplement une question de Business. Dans le monde de la route, on a beaucoup plus de sollicitude, et on rencontre plus de problèmes. On a affaire à des gens sérieux. On a vraiment mis un point d’orgue à ce malheureux phénomène du dopage. Mais là, nous avons toute confiance en nos coureurs. Nous n’avons pas trop de soucis à nous faire.

 

Pour les parents qui cherchent un sport pour leurs enfants, vous dites que le VTT, finalement, est un sport relativement propre.

Dans le VTT, il y a eu des cas comme dans le vélo de route, mais le VTT comme le vélo de route est un sport qui change, qui évolue. Les mentalités changent et on ne trouve plus cette loi du silence. Maintenant, on peut encourager les jeunes, et nous c’est vraiment ce qu’on cherche à faire. Pouvoir faire bénéficier des jeunes de notre structure, pour les lancer dans le monde des professionnels. Là, nous aurions atteint nos objectifs avec beaucoup de satisfaction.

 

 

Je vous présente Nicolas Hêche, qui habite Colombier et excelle dans les parcours avec ascensions longues.

Cela fait maintenant quinze ans que je fais du vélo. J’ai commencé assez jeune. Au début, c’était un sport parmi d’autres, mais qui est finalement devenu le sport principal. C’est quelque chose qui permet de s’évader, et c’est vraiment un sport complet. Et le pratiquer dans une région comme Neuchâtel, c’est la perfection ! On a juste des forêts splendides, et j’ai trouvé ma voie là-dedans. C’est un peu une année charnière pour moi, dans le sens que j’ai fini mes études et que j’ai un travail à temps complet à la Banque Cantonale en plus d’une classe à l’École de Commerce jusqu’en juillet. Cela me laisse peu de temps, mais mon objectif vraiment, ça sera  d’axer sur la qualité des entraînements, et d’essayer de sortir le mieux possible en n’en faisant pas beaucoup avec le temps qui me restera. Comme je vous l’ai dit avant, ça fait longtemps que je fais du vélo et j’ai des bonnes bases ; et avec un peu de réussite et d’entraînement basé vraiment sur la qualité, je pense que je vais réussir à m’en tirer pas si mal que ça.

 

 

Maintenant, nous avons Laurent Balmer de La Chaux-de-Fonds. Ses préférences vont aux parcours techniques, sinueux, avec des descentes assez vertigineuses.

Disons que c’est presque venu un peu par hasard. Je faisais déjà beaucoup de vélo quand j’étais petit, et quand est venu la mode des VTT dans les années 90, j’ai reçu un VTT et j’ai commencé comme ça. Je roulais un peu dans ma région, puis ensuite avec des amis qui m’ont dit : « Il faut essayer de faire des courses. » Je me suis alors mis à la compétition gentiment, et j’ai vu que ça se passait bien. Et de fil en aiguille, je suis devenu accro depuis bientôt seize ans.

 

Passionné de descente, est-ce que c’est dangereux comme sport ?

Je ne fais pas vraiment de la compétition de descente. J’aime bien, j’y prends beaucoup de plaisir. J’habite à La Chaux-de-Fonds, dans la région du Doubs, où il y a de très belles descentes à faire. C’est pour ça que par rapport à ceux du bas, on a un peu une réputation de kamikazes de la descente. Mais sans excès quand même !

 

Juste quelques mots sur vos objectifs pour cette année.

Cette saison, je vais axer mes courses sur les Watch Valley, en essayant de rentrer dans les dix, avec des podiums de temps en temps. Sinon le Grand Raid, en essayant de passer en- dessous de sept heures. Cette année, j’ai échoué juste à sept heures et cinq minutes. Donc, mon objectif sera de passer au-dessous de sept heures !

 

 

Voilà Guillaume Payot, le coureur du Canton de Vaud. Ses principales qualités sont mentales. Un mental à rude épreuve, et aussi les parcours de demi-montagne, avec des portions roulantes et des portions de montées aussi assez importantes.

Le mental, effectivement, je pense que c’est vraiment très important. Un peu comme dans tous les sports d’ailleurs. Etant donné que j’ai un peu moins d’expérience, un peu moins d’années de vélo que les autres, j’essaye justement de m’accrocher un petit peu comme je peux pour progresser un maximum, et essayer petit à petit de les suivre, voire de me rapprocher un peu d’eux dans les classements ou dans les courses. Les objectifs, c’est toujours un peu de s’améliorer. Il y a encore un petit peu de marge de progression pour moi. Au niveau de la Transe, ce serait si possible d’arriver dans les vingt au classement final Scratche, avec si possible une place dans les quinze sur une épreuve. Et la Watch Valley B Cup aussi, avec un classement final ; éventuellement dans les quinze si possible, et si la saison se déroule bien. Et comme on organise aussi une course, j’espère aussi faire des bons résultats. Un peu mieux que l’année passée où j’ai fini quinzième. On verra, il y a aussi le niveau qui augmente, et les coureurs aussi… On verra bien.

 

 

Je vous présente Cyril Calame. Un de nos coureurs qui a sacrifié un petit peu de son travail. Il travaille à temps partiel pour se donner les moyens de réussir dans le VTT.

J’ai décidé de travailler à mi-temps, il y a de cela deux ans environ, parce que je trouvais qu’on habitait une superbe région, et que de travailler à 100 % en faisant des compétitions un peu tout le week-end, on ne profitait pas assez. C’était aussi pour essayer de franchir une bonne progression. Mes ambitions pour cette année, ce sera de faire une année un peu similaire à l’année passée. Assez régulière, vu que je me suis régulièrement placé dans le top 5. Cette année, j’aimerais bien essayer de réaliser un grand coup d’éclat, ou de gagner une belle grande course dans la région, et tenter de faire des bonnes courses en Suisse Power Cup, des courses qui sont de haut niveau.

 

 

Je vais vous présenter notre Team Leader, Joris Boillat. Le coureur du Jura avec lequel nous allons faire de très, très bons résultats cette année.

J’ai décidé de devenir pro il y a déjà trois ans, pour me consacrer vraiment à ça, et mettre vraiment tous les atouts de mon côté. C’est clair qu’en travaillant, on a tendance à laisser tomber la récupération, et ça me faisait défaut déjà en milieu de saison. J’étais vraiment très fatigué, et les résultats ne suivaient plus. C’est pour ça que je me suis consacré à 100 %. Sur le plan mondial, j’ai participé à plusieurs Coupes du Monde, où mon meilleur résultat a été une 45ème place. Dans les autres, j’étais régulièrement dans les 100, 80, 70ème. À ce niveau-là, ça va vraiment très, très vite, et c’est forcément très difficile d’être régulier. Au niveau suisse, ça va un peu mieux, mais il y a le meilleur niveau au monde aussi. Les meilleures courses que j’ai faites, c’était des 6ème et 8ème places ; et 4ème Suisse une fois ou deux. Je crois que c’est vraiment la meilleure équipe du monde. On a le Champion du Monde Junior et le Champion du Monde Espoirs. C’est le gratin mondial qui se trouve ici, et ce n’est vraiment pas facile d’évoluer en Suisse. Au fond de moi, j’ai envie de bien faire les choses pour que tout le monde soit content ; le directeur sportif comme les sponsors. C’est clair qu’on a tendance à se mettre la pression soi-même, mais je pense qu’une fois les premières courses arrivées, ça ira très bien.

 

 

Je vous présente Pierre Berberat. Pierre Berberat qui a des objectifs assez précis cette année. Qui est aussi devenu papa depuis peu, et qui s’occupera d’alimenter les infos, les sites Internet et les infos des coureurs directement.

Moi, j’ai fait mes premières courses en 1991. Cela fait quasiment 17 ans maintenant.

 

Vous êtes presque le papy de l’équipe ?

Oui. On peut dire ça, effectivement. Je suis gentiment le plus âgé des coureurs, mais pas le plus vieux de l’équipe puisque c’est Nicolas Hêche qui est l’ancêtre des Frenetic.

 

Vous aurez un rôle particulier à jouer ou pas,  au de vu vos nombreuses expériences ?

Je pense quand même qu’on remarque avec l’homogénéité du groupe que j’ai participé à beaucoup de courses, et qu’au fil des années, j’ai connu pas mal de terrains. Je connais pas mal d’endroits de courses et ça génère des questions de la part des plus jeunes du groupe. Mes objectifs pour cette année ? La participation aux Championnats du Monde Masters, qui se dérouleront à Pra Loup en France, et où j’espère me positionner entre la 10ème et la 15ème place ; ce qui serait vraiment formidable pour moi !

 

 

Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod