Vincent Bigler : Auteur-compositeur-interprète

 

 

C’est vrai que maintenant cela fait pas mal d’années que je fais de la musique. J’ai reçu ma première guitare, à l’âge de cinq ans, de mon oncle et depuis j’ai toujours joué, joué, joué. J’étais assez autodidacte. J’ai appris de moi-même. C’est vrai, quand on est petit, on casse les oreilles des gens, mais j’ai travaillé, travaillé. J’ai appris le piano également. La flûte aussi à l’école comme tout le monde et à force de travailler, maintenant, je pense que j’arrive gentiment à ce que je voulais, c’est-à-dire que les gens me reconnaissent comme tel en tant qu’auteur, compositeur et interprète. Tout ça est venu grâce… il a fallu un peu s’extérioriser, c’est-à-dire rencontrer du public. Pour ça, j’ai participé à deux castings qui ont très, très bien marché. Le premier, c’était pour Hélène Segara qui devait venir faire l’inauguration du stade de la Maladière. Il y avait un casting. On était une centaine de candidats. J’ai fini cinquième et grâce à ça, la presse s’en est mêlée et j’ai pu être reconnu comme tel et ensuite j’ai fait un deuxième casting pour la Popstar suisse sur TVM3 où j’ai eu la chance de passer cinq caps et d’arriver dans les vingt derniers. Cela aussi a été quelque chose… On est télévisé, on est reconnu et aujourd’hui je me régale, parce que je me suis fait mon petit studio à la maison. Je compose des chansons qui correspondent un peu à la période noire et maintenant je suis en train de taper un peu dans le rock, dans ce qui est guitare et chanson plus rythmée. Je pense que « Petit homme », c’est un bon exemple. Je trouve la chanson très rythmée et très encourageante et je vais continuer dans ce système-là toujours en gardant derrière mes sons, du piano, de la guitare, du violon, de l’accordéon et que l’on puisse jouer. C’est surtout du « live » que je voudrais faire. C’est là que je m’éclate le plus. J’ai eu la chance de faire deux ou trois « live » intéressants devant beaucoup de monde et c’est génial. Il n’y a même pas à comparer l’adrénaline. J’ai fait un saut en parachute, ça n’a rien à voir ! C’est beaucoup plus flippant de monter devant des gens, encore plus flippant quand on monte devant sa famille ou ses amis, mais une fois que c’est derrière, c’est quelque chose d’unique. C’est quelque chose d’extraordinaire et on voudrait y retourner.

 

 

Passionné de chansons à textes, cela remonte à tout petit où mes parents m’ont bercé à ça, à Brel, à Brassens, à Sardou, à Jean-Jacques Goldmann. Depuis tout petit, je me suis intéressé aux textes plus qu’à la mélodie, je dirais. Dès qu’une mélodie rentre en moi, je vais plutôt prendre le temps d’écouter le texte et voir ce que la personne a à raconter. J’aime bien ce qui n’est pas dévoilé du premier coup. J’aime bien ce qui est à découvrir et c’est ce que j’essaye de faire dans mes chansons, c’est-à-dire donner à tout le monde, le fait de s’y retrouver peut-être. Chacun peut se retrouver dans mes paroles et c’est ça en fait, c’est jouer sur l’émotion, jouer sur le souffle, sur la respiration et je ne suis de toute façon pas un chanteur à voix, alors autant jouer de ses qualités.

 

 

Je fréquente beaucoup de milieux dans la musique notamment dans la soul, le hip-hop, la dance, la techno, la salsa, etc. Moi, ce que je veux, c’est resté dans mes convictions, c’est-à-dire j’apprécie beaucoup, beaucoup les styles de musique. J’écoute vraiment de tout, mais je veux garder mes idées, c’est-à-dire guitare, piano, violon, accordéon, tout ce qui est acoustique, tout ce qui est jouable en direct et je suis un petit peu, pas en colère, mais j’ai dû mal à comprendre vraiment la musique d’aujourd’hui, ce qu’on appelle la house, la techno, je ne sais pas quoi… Pour moi, c’est plus mettre des disques et ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse. Par contre, je viens notamment d’aller voir un opéra. Je suis resté soufflé. J’ai fait trois heures à voir la pièce de Carmen. Des voix comme ça sans micro, c’est quelque chose qui est prenant et pour moi, la musique c’est quelque chose qui doit être prenant. Écouter du bruit, cela ne m’intéresse pas. Par contre, il y a du bon bruit avec des bons instruments! Je parle notamment du « metal » ou du « heavy metal », c’est une musique qui peut paraître sourde pour certains, mais pour moi il y a quand même une recherche, il y a des mélodies, il y a quelque chose derrière.

 

 

Je n’ai que trente ans, mais j’ai pas mal souffert dans ma vie et je suis surtout très heureux. Cela veut dire que la souffrance m’a surtout aidé à être heureux, notamment avec des problèmes physiques que j’ai pu avoir vers mes vingt ans qui m’ont beaucoup marqués, qui m’ont beaucoup handicapés. L’esprit a aussi été beaucoup handicapé avec des problèmes, ceux qui me connaissent savent exactement de quoi je parle, mêlés à la justice et à l’injustice et c’est cette souffrance qui permet d’avancer. Je pars du principe que si l’on souffre, il faut le sortir. Moi, j’ai les mots, j’ai la musique. J’ai le sport, j’ai le football. J’ai les amis, j’ai la famille et sans la souffrance, je ne pense pas que l’on peut avancer. On a besoin de prendre du recul et la souffrance finalement, c’est quoi ? Si l’on doit se rappeler de toute la souffrance qu’on a eue… Je prends un exemple : une femme qui accouche. Si elle doit se rappeler de la souffrance de son accouchement, je ne pense pas qu’on serait beaucoup sur cette terre aujourd’hui. Ce qu’elle se rappellera, c’est que pour elle, c’est le plus beau jour de sa vie. Finalement la souffrance est là, mais elle disparaît vite avec le temps et on retient toujours le bon, voilà ce que je pense de la souffrance.

 

 

Ce que j’espère en fait, c’est pouvoir toucher des gens qui n’arrivent peut-être pas à extérioriser leur mal en écoutant simplement un texte, pas forcément triste. J’ai aussi écrit, par exemple, une chanson sur mes grands-parents. En parlant de souffrance, j’ai perdu en très peu de temps, mon grand-papa et ma grand-maman et grâce à ça, aujourd’hui j’ai écrit une chanson, je pense avoir accompli quelque chose pour eux, la reconnaissance qu’ils m’ont apportée, le respect d’autrui et tout ça, j’ai pu le mettre en chanson et aujourd’hui j’en suis heureux. D’où ils sont en ce moment, je pense qu’ils seraient super touchés qu’un petit-fils leur fasse un hommage pareil.

 

 

Cela me fait super plaisir d’être au bord de ce lac en fait, parce que finalement mon grand-papa, ça se résume à la pêche, ça se résumait aux copains, à la bonne bouffe et la pêche, le poisson vient du lac et c’est sa dernière maison aujourd’hui. Il est, on a fait ce qu’il a voulu, le mettre là et j’espère qu’il est bien. Nous, on est bien et on continue notre vie. Ce que je veux toujours dire, c’est que j’espère que tout le monde se rende compte de la chance qu’on a, d’être bien entouré, rempli d’amour et voilà…

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod