Julien Dunilac : Graphologue et écrivain

 

 

Chères téléspectatrices et chers téléspectateurs de TOR, j’ai le très grand plaisir et le très grand honneur aussi, aujourd’hui, de recevoir pour vous Julien Dunilac. Julien Dunilac est né à Neuchâtel en 1923. Il a été diplomate, et il est écrivain, nouvelliste, essayiste, d’une cinquantaine d’œuvres réparties entre poésies, romans, pièces radiophoniques et essais.

 

Julien Dunilac, merci de nous avoir rejoint aujourd’hui au studio de TOR. Vous considérez-vous comme un humaniste, ou plutôt comme un aventurier de l’intérieur, un qualificatif que vous semblez préférer ?

Oui, je me représente plutôt dans la peau d’un aventurier de l’intérieur, dans le sens où les nomades ne créent rien, et les non nomades seraient trop sages. Pour réaliser une grande œuvre, je crois qu’il faut être un aventurier qui reste à la maison.

 

Julien Dunilac, c’est votre pseudonyme, c’est votre nom d’auteur, votre nom de plume. Mais au fond, ce n’est pas vraiment un pseudonyme ?

Ce n’est pas un pseudonyme, c’est vrai, dans la mesure où mon nom de baptême est Frédéric Julien Dubois Dunilac. Quand il m’a fallu choisir un pseudonyme, j’ai choisi la deuxième partie de mon prénom, ainsi que la deuxième partie de mon nom.

 

Julien Dunilac, vous dites « quand j’ai du choisir un pseudonyme », cela signifierait qu’il y a eu contrainte, voire une nécessité professionnelle qui a fait que… Que s’est-il passé ?

Il s’est passé qu’avant la publication de mon premier recueil de poèmes chez Seghers en 1952, j’ai consulté la loi sur les fonctionnaires, qui prévoyait que tout fonctionnaire publiant un livre ou une brochure, devait demander une autorisation. J’ai alors du aller avec mon manuscrit de poèmes trouver mon Ambassadeur de l’époque, le genevois Pierre Micheli.

 

Vous étiez à Paris à l’époque ?

J’étais à Paris, et lui y était encore Ministre de Suisse, juste avant qu’on donne à nos chefs de mission le titre d’Ambassadeur. Je lui ai dit : «Voilà M. l’Ambassadeur mon recueil de poésies. Voulez-vous demander pour moi l’autorisation de le publier avec votre avis ?» Il était très ennuyé. Moi aussi, et pour cette raison, je me suis dit que la prochaine fois, je ne demanderais plus d’autorisation et je publierais sous un pseudonyme.

 

Cette obligation est tombée en désuétude, puisque la législation a été modifiée, mais vous avez conservé ce nom de plume de Julien Dunilac. Maintenant que vous êtes retraité depuis un certain nombre d’années, vous écrivez toujours sous le nom de Julien Dunilac ?

J’ai pris la bonne habitude d’utiliser ce pseudonyme qui est beaucoup plus harmonieux que la première partie de mon nom, et moins répandu aussi. Cela m’a notamment rendu service quand j’ai publié un essai sous Mitterrand : «Mitterrand sous la Loupe». À cette époque, j’étais encore aux Affaires, comme on dit. Et c’était un certain culot pour un haut fonctionnaire suisse de publier un ouvrage sur celui qui était le candidat à la Présidence de la République Française.

 

Julien Dunilac, votre père étant Conservateur au Registre Foncier, votre environnement ne vous prédestinait pas, au fond, à l’expression ou à l’écriture. On constate en examinant votre parcours que vous avez commencé à écrire très tôt. À l’adolescence, vous aviez déjà lancé une revue qui s’appelait « Pages », avec un joli label indiquant que « Pages » paraissait par tous les temps. Je me souviens en avoir eu quelques-unes en mains. Vous avez commencé à écrire très, très tôt. Qu’est-ce qui a déterminé ce choix littéraire ?

C’étaient mes premières lectures. Il y avait dans la famille vingt parents qui publiaient des bouts rimés dans la Feuille d’Avis de l’époque. Des petits poèmes terminés par des rimes, mais qui s’adressaient à des événements de la vie courante. Ces vers de mirliton paraissaient dans ce qui s’appelait la Feuille d’Avis de l’époque. C’était la seule expression écrite, à part les hypothèques, que mon père reportait dans des registres d’écriture.

 

Mais vos premières publications étaient des publications de poésies. Vous avez publié à Paris votre premier livre de poésies, chez le grand éditeur Pierre Seghers. Mais on constate très vite que vous avez écrit parallèlement au roman. Julien Dunilac, qui tout au long de sa vie a écrit à la fois du roman et de la poésie, est-ce qu’il est plutôt poète, plutôt romancier ? Ou alors poète et romancier ?

Je crois qu’il vit la poésie comme un mode de vie, finalement, et qu’il s’agisse de mes activités professionnelles ou de mes activités d’écriture de poésies et romans, je pense que je suis toujours dans une atmosphère de poésie. Et en ce sens, je me considère d’abord comme poète.

 

Il y a la poésie dans le roman. Peut-on dire qu’il y a du roman ou du récit dans la poésie chez vous ? Vos poèmes peuvent aussi être pris comme des récits en soi ?

Je dirais que le poème est plus une forme de journal de l’aventure intérieure.

 

J’ai envie de vous poser une question ; savoir ce que vous pensez de cette phrase d’Yves Bonnefoy que vous avez beaucoup lu et connaissez bien. Nous en avons d’ailleurs souvent parlé ensemble. Lors de sa leçon inaugurale au Collège de France en 1981, Yves Bonnefoy disait : « Tout poème recèle en son fond un récit. »

Oui, c’est tout à fait vrai. Moi je considère que dans le fond, poésie et roman se sont nourris réciproquement. Et aussi dans le cadre d’un échange permanent avec mes activités de ma vie professionnelle, parce que dans le fond, j’ai eu toute ma vie la chance d’avoir des activités professionnelles qui étaient en harmonie parfaite avec mes tentatives d’écriture, et qui m’ont toujours mis en contact avec des situations et des gens enthousiasmants.

 

Vous avez vécu à Paris pendant plus de vingt ans, où vous vous occupiez plus particulièrement d’affaires culturelles, et vous avez bien entendu eu des contacts. On vous considérait à Paris comme l’aumônier des artistes.

Oui, un terme que j’ai d’ailleurs revendiqué, parce que dans la vision populaire, un Attaché Culturel d’Ambassade, c’est quelqu’un qui va manger des petits fours dans les vernissages. Or, ma conception, puisque j’étais Attaché de Presse et Attaché Culturel en même temps, c’était surtout une présence pour les jeunes artistes qui venaient exposer pour la première fois à Paris dans des galeries qui étaient parfois des marchandes de soupe. Et qu’il fallait aussi protéger contre les abus dont ils pouvaient être l’objet, vu qu’ils allaient emporter de Paris une sorte de carte de visite. «J’ai exposé dans telle galerie parisienne», par exemple… Au pays, ça leur donnait un certain prestige.

 

Mais vous avez aussi rencontré, accompagné, entretenu et développé des liens d’amitié avec des artistes ; que ce soit dans le domaine littéraire, le domaine pictural ou même cinématographique. Avec des artistes confirmés. Vous avez, je crois, organisé la réception de M. Jacques Chessex pour le Prix Goncourt, et avez connu l’acteur de cinéma Michel Simon. Vous avez rencontré beaucoup de gens qui étaient des artistes suisses en visite à Paris, ou invités à Paris.

C’est vrai. Pour Georges Borgeaud et Georges Piroué, notamment.

 

Neuchâtelois, aussi.

Aussi. Et le seul Romand ayant publié à peu près en même temps que moi son premier recueil chez Seghers. J’ai connu tous les chefs d’orchestre, y compris Ansermet lors de sa dernière direction à Paris. Charly Dutoit à l’époque, où il était avec Martin Aergerich et jouait à la Faculté de la rue de la Saxe le Concerto n° 2 pour piano et orchestre de manière extrêmement brillante. Puis Pierre Meylan ou Samson François, que j’ai connu assez intimement vu que sa femme était l’organisatrice des concerts à l’ORTF ; et qu’au terme de ceux-ci, elle recevait chez elle tout le Paris musical.

 

J’aimerais qu’on en revienne, Julien Dunilac, à l’aspect littéraire de votre vie. Il y a une rencontre importante que vous avez faite à Paris avec Gaston Bachelard. Bachelard était un philosophe, un philosophe poète d’une très profonde et très grande originalité. Vous avez rencontré Bachelard, vous avez échangé avec Gaston Bachelard une importante correspondance pendant des années. Il a aimé, il aimait, et vous l’a dit comme écrit…

Lorsque j’ai publié mon premier recueil de poésies qui s’appelait « La vie courte », quel n’avait pas été mon étonnement en recevant quinze jours ou trois semaines après la publication, une lettre dont l’enveloppe était à l’en-tête de l’Université de Paris. Je l’ai ouverte, et c’était Gaston Bachelard qui me disait tout le bien qu’il pensait de ce recueil, en citant des passages puis en écrivant : « Quand je lis une poésie comme celle-là, je sais que la poésie m’est indispensable. » Alors sur ce, je suis allé le voir à la rue de la Montagne Sainte-Geneviève.

 

Quelle impression ?

C’était une impression extraordinaire ! Celle de rencontrer quelqu’un de la taille de Rabindranath Tagore, par exemple, c’est-à-dire un grand vieillard avec une grande barbe.

 

Qui s’occupait de sa fille.

Dont la fille s’occupait de lui ; parce que c’est elle qui faisait sa cuisine. Mais rue de la Montagne Sainte-Geneviève, il était entouré d’une escouade d’étudiants étrangers, venant d’Asie, d’Amérique du Sud et de partout.

 

Gaston Bachelard avait été veuf très jeune, je crois.

Il a été veuf très jeune.

 

Et il a élevé sa fille lui-même.

S’il y avait une chose qui me séduisait aussi dans sa personnalité, c’était qu’il était employé des Postes à Dijon, et qu’à la force du poignet, si j’ose dire, il avait fait un bac après un certain nombre de licences. Alors que moi-même, j’avais quelque chose d’un peu pareil dans mon cursus.

 

J’ai bien pensé.

C’est-à-dire que j’étais parti d’une formation commerciale. Au départ, je n’étais pas dans cette espèce de chasse gardée des Affaires Étrangères, qui ne s’appelait pas encore à l‘époque les Affaires Étrangères, mais le Département Politique Fédéral ; où des familles tenaient le haut du pavé dans un climat où j’ai vraiment du faire ma place d’une manière totalement atypique. Surtout par rapport aux autres collègues, étant donné que j’étais arrivé dans le domaine de l’activité culturelle étatique ; et finalement au plus haut niveau, puisque j’étais le premier collaborateur du Conseiller Fédéral chargé de ce Ministère.

 

Julien Dunilac, poète, écrivain, auteur de nombreuses pièces radiophoniques, mais aussi graphologue. En tant que graphologue, vous avez publié plusieurs études. Une étude sur l’écriture de George Sand, une écriture également de nos Conseillers Fédéraux, et aussi une observation de celle de François Mitterrand. Et de cet intérêt à vouloir analyser son graphisme vous a fait rencontrer l’ancien Président. Quels souvenirs gardez-vous de cette rencontre ?

J’en garde un très grand souvenir, parce qu’il m’avait fixé rendez-vous un samedi après-midi à l’Assemblée Nationale, alors qu’à l’époque, il était encore le Premier Secrétaire.

 

C’était l’année avant l’Élection Présidentielle ?

C’était juste l’année avant ; à la fin de l’année. Il m’a reçu parce qu’il avait connu mon livre sur George Sand grâce à des amis communs.

 

« Sous la loupe ».

« Sous la loupe ». George Sand était une de mes passions de l’époque, et je trouvais que c’était une femme absolument formidable. C’était par elle que j’ai commencé à utiliser mes talents fraîchement acquis de graphologue ; en lui consacrant une étude qui était d’ailleurs une démarche passionnante. Mitterrand était là, carré dans son fauteuil, et je lui ai fait part de mon projet de lui consacrer un livre de même nature que celui qu’il connaissait sur George Sand. Il m’a dit : « Oui, d’accord », et il m’a présenté sa collaboratrice, qui était elle-même Députée à la Chambre Française. Mais je lui ai demandé : « M. le Premier Secrétaire, vous êtes candidat à la Présidence de la République. Est-ce que je peux publier le livre avant l’élection, ou dois-je attendre qu’elle se soit déroulée ? » Il m’a toisé, puis dit : « Monsieur, vous êtes le maître d’œuvre ! » Et le livre a paru avant l’élection…

 

En 1981.

Oui, et quand il est arrivé en Suisse, un huissier de la plus belle apparence s’est présenté à mon bureau avec un cadeau enveloppé. Quand je l’ai déballé, j’ai trouvé un plateau en argent offert par François Mitterrand, Président de la République française, et le symbole de la rose.

 

Vous aviez fait une déclaration à François Mitterrand avant son élection, en lui disant quelque chose de particulier. Une allusion à son père, pour le cas où François Mitterrand serait élu Président de la République. Que lui aviez-vous dit à ce moment-là ?

Je lui avais dit : « M. le Premier Secrétaire, si vous devenez Président de la République, votre père prendra place en même temps que vous dans votre fauteuil présidentiel. »

 

Est-ce qu’il a été d’accord ?

Il a été d’accord, mais ça, il ne me l’a pas dit tout de suite. Il me l’a dit quand il a passé cette visite d’État en Suisse, et demandé à son Ambassadeur à Berne de nous inviter, ma femme et moi, au dîner donné pour le Conseil Fédéral. Quelqu’un l’a interrogé sur la graphologie, et il a dit en se tournant vers moi : « La situation décrite dans la relation avec mon père m’amène à avoir confiance en la graphologie. »

 

Il vous donnait raison. C’était une façon très diplomate de le dire ; ce qui était d’ailleurs propre à la personne qu’il était.

Oui, parce que c’était un homme secret ; c’est le moins qu’on puisse dire.

 

Vous avez signalé quelques points de convergence avant, concernant Gaston Bachelard. Un itinéraire atypique, qu’on pourrait certainement voir aussi avec François Mitterand. François Mitterrand qui comme vous, n’est pas attaché à une religion ou à une Eglise, mais ne nie pas l’importance des valeurs de l’esprit.

J’ai une nature profondément spiritualiste, que toute mon existence en fait à un certain niveau de la conscience. J’ai poursuivi une réflexion sur notre situation au monde, et finalement, j’en arrive à me sentir assez proche de la philosophie. Comme les philosophies bouddhistes par exemple, puisqu’il y a plusieurs maisons dans le bouddhisme aussi. Mais je n’aurai jamais la prétention de me déclarer bouddhiste. Par contre, j’ai quand même fait une certaine évolution dans la recherche d’une définition de ce que peut être la poésie. Et pour moi, la poésie apparaît de plus en plus comme une recherche de l’objectivité du monde. Ce qui me porte à me sentir proche d’un certain nombre de scientifiques, notamment de scientifiques modernes. Qu’il s’agisse de la physique nucléaire ou autre. Mais où on cherche maintenant le grand but : celui de trouver une équation qui résume le monde en tenant compte de toutes les énergies, et d’imaginer qu’il y ait un parallélisme entre leur recherche et celle du poète. Parce qu’eux cherchent la brique fondamentale ; ils cherchent une sorte d’harmonie et de vision radieuse de l’univers dans sa fonction fondamentale. Et le poète ne fait, en somme, rien d’autre que d’essayer de s’approcher de cette réalité rayonnante ; comme l’avait fait Saint Jean de la Croix, par exemple…

 

Si on pense à vos romans, et à leurs personnages, au fond, vous choisissez volontairement des êtres relativement simples, qui ne sont pas dans l’incapacité de philosopher, mais confrontés, je dirais, à la trivialité ; aux choses beaucoup plus simples de l’existence. Votre intérêt pour la science, pour la réflexion philosophique sur la poésie, sur la religion et la spiritualité, n’apparaissent pas de manière immédiate dans les divers romans que vous avez écrits, puisque ceux-ci nous présentent des personnages qui sont souvent assez éloignés de préoccupations aussi élevées.

Mes personnages sont des personnages très simples, que je m’efforce de rendre aussi authentiques que possible. Mais c’est auprès d’eux que j’ai le plus de chance de trouver ce qui est vraiment une manière authentique de réussir sa vie.

 

Est-ce que Julien Dunilac n’a pas toujours conservé une certaine distance en tant qu’homme par rapport à ses personnages ? Il semblerait qu’il leur laisse une pleine liberté ; ne veut pas interférer. Il les laisse, et met en fait, relativement peu de lui-même. Est-ce que je me trompe ?

Il m’est arrivé dans certains romans comme « Le Coup de Grâce », par exemple, qui est un genre de saga familiale, de laisser apparaître un certain nombre de mes travers ; au travers de mes personnages, mais aussi d’un jeu d’écriture. L’écriture romaine, pour décrire la vie extérieure telle qu’elle se déroule quotidiennement, et l’italique, pour ce que le personnage pense à l’intérieur de lui-même. Et dans cette démarche-là, j’ai mis beaucoup de moi-même… Mais d’une manière générale, c’est vrai que je laisse vivre mes personnages comme j’ai essayé de laisser vivre mes enfants. Je leur laisse prendre un certain moment de liberté, et choisir un peu leur vie.

 

Est-ce que votre famille vous a aidé, a compris votre situation ?

J’ai conscience que j’ai eu un soutien et une aide considérable de la part de ma femme. Nous sommes mariés depuis 61 ans, et elle a eu à mon égard beaucoup de patience ; parce qu’il est arrivé que je sois cramponné à ma table, alors que j’aurais peut-être du faire d’autres choses.

 

J’aimerais juste encore parler un petit peu de vos derniers livres, et surtout de Neuchâtel, parce qu’une autre chose m’a également frappé. Vous avez vécu plus de vingt ans à Paris. Vous êtes également allé à Berlin et au Havre, et vous avez travaillé à Berne. Et ce qui frappe, c’est la présence de la ville de Neuchâtel dans beaucoup de vos romans, et apparemment dès le départ, dans « Les mauvaises têtes », votre premier roman publié aux Éditions La Baconnière en 1958. Ensuite, dans tous les romans que vous avez publiés aux Éditions L’Âge d’Homme, la ville de Neuchâtel reste toujours très présente.

Oui, vous avez raison de le souligner. Je dirais que pendant la trentaine d’années que nous avons passé à l’étranger, l’activité et la vie que nous avons menées ont été tellement prenantes, que je n’ai pas ressenti de nostalgie envers ma ville d’origine. Mais très curieusement, rentré à Neuchâtel, j’ai été pris d’une espèce d’amour fou pour cette ville ; mesurant à ce moment-là, combien elle m’avait manqué…

 

Julien Dunilac, vous publiez ces jours votre dernier roman, toujours aux Éditions L’Âge d’Homme : « Lettres du Placard ». Et nous tombons sur un passage où vous évoquez un établissement public dont bon nombre de nos téléspectateurs adultes se souviendront certainement. Il s’agit du Café du Théâtre, qui n’existe plus depuis quelques années déjà. Puis une scène qui montre aussi votre attachement à cet établissement public, qui a aussi été une institution. Et pour nos téléspectateurs, je ne résisterai pas à la tentation de lire un passage extrait de « Lettres du Placard », où vous évoquez un souvenir lié au Café du Théâtre : « J’en profite pour lui parler de la période de gloire du Café du Théâtre. L’orchestre installé en été sur un podium, entre la brasserie et la terrasse. Les conciliabules entre Dürrenmatt et son traducteur de « La visite de la vieille dame », les débats avec un chroniqueur politique du journal local ou un avocat de gauche… En hiver, les joueurs de cartes tapaient le carton ; en été, les valses de Strauss, devant un parterre de femmes en tenue légère et leurs gandins. Une atmosphère qui rappelle au Cabaret Vert de Rimbaud. » La poésie revient à Julien Dunilac. Julien Dunilac, je vous remercie de nous avoir rendu visite, ainsi que de nous avoir parlé de tant de choses aussi enrichissantes de votre existence qui continue. Nous savons que vous poursuivez votre carrière d’écrivain et de poète, et nous vous souhaitons bonne chance pour la suite de votre vie. Merci.

Merci pour l’accueil.

 

 

Émission présentée par François Berger

Texte retranscrit par Françoise Berthod