La planche à voile

 

 

La planche à voile présente la particularité d’avoir été développée, expérimentée, optimisée par les pratiquants eux-mêmes. En revanche, il est assez difficile de dire qui l’a inventée, car bien des gens s’en attribuent la paternité.

 

On sait néanmoins qu’en 1965, Newman Darby, un Américain de Pennsylvanie, a eu la bonne idée de mettre une voile carrée sur une planche.

 

Malheureusement pour lui, personne ne sera intéressé à investir dans son projet.

 

C’est en 1968 que Windsurfer, la première marque de planche à voile est déposée par Jim Drake et Hoyle Schweitzer.

 

En 1970, la société de textiles hollandaise Ten Cate achète la licence Windsurfer et commence à importer les premières planches à voile en Europe.

 

C’est alors que diverses marques commencent à imiter les Windsurfer comme la fabrique suisse Mistral en 1976.

 

Dès ce moment, c’est l’explosion de la planche.

 

La première génération de planches à voile n’a pas grand-chose à voir avec la glisse : les engins sont lourds et inesthétiques. Porter le flotteur (qui pèse parfois jusqu’à 30 kg) nécessite une formation d’haltérophile… Les véliplanchistes font donc de nombreux arrêts entre leur véhicule et l’eau. Transpirant et rougissant, ils sont épuisés avant même d’avoir mis un pied sur la planche.

 

En 1977 apparaissent les premières planches auxquelles on a coupé l’arrière. On y a ajouté des footstraps (des petites attaches fixées sur le dessus de la planche dans lesquelles on glisse les pieds et qui permettent de sauter les vagues).

 

Toutes les planches d’aujourd’hui en découlent. Nous pouvons parler du commencement du funboard, qui consiste à naviguer toujours plus vite et effectuer des figures toujours plus folles.

 

La motricité du véliplanchiste fun renvoie à une éthique de plaisir issue de sensations et d’esthétiques. La pureté, la fluidité, la douceur, la limpidité, sont les figures de l’eau sublimée. Le contrôle et la maîtrise de l’engin apportent « l’éclate », « la défonce » ; c’est un rendez-vous avec soi-même. Une épreuve sans cesse renouvelée où le plaisir de la situation et des sensations caractérise « l’esprit fun ».

 

La navigation commence sur le sable car la descente du matériel est un acte important. On reconnaît les débutants à ce premier exercice car les « pros » évaluent parfois longuement les éléments météorologiques, avant et après la navigation. La grande question est celle de la bonne surface de voile, il s’agit de ne pas se tromper. Les hésitations durent parfois l’après-midi entier… et après, il est trop tard pour aller sur l’eau !

 

Il serait faux de croire que la planche à voile est une activité individuelle et solitaire. L’appartenance à un groupe passe par l’assimilation des codes et gestuelles qui agrègent ses membres et qui se reconnaissent aussi bien souvent au matériel et à ses références.

 

C’est avant tout une activité de loisirs qui regroupe les sociabilités (discussions, revues, nouvelles, téléphone… on se fait une bouffe), et même le rapport à l’espace et à la ville, ainsi qu’à ses magasins, ou encore aux vêtements.

 

Les premières combinaisons sont empruntées aux plongeurs : noires, épaisses, en deux parties, elles sont munies d’une cagoule. Les photographies et les publicités d’époque présentent une esthétique particulière du véliplanchiste : arc-bouté pour mieux résister à la traction de la voile, il écarte les bras le plus possible, et bien entendu, les jambes pour rechercher un maximum de stabilité.

 

De nos jours, les « combi » peuvent être constituées de quatre parties et sont moins épaisses. Elles sont en néoprène ou en jersey, se déclinent en plusieurs couleurs, sont plus esthétiques et s’adaptent aux conditions de navigation. Elles peuvent être isothermes ou non et arborer différents looks selon la région ou la mode de l’année.

 

La phase de la mise à l’eau n’est pas un exercice aussi simple qu’on pourrait le croire. Le beach start (départ depuis la plage ou la berge) exige des compétences aussi élaborées que celles requises pour la navigation.

 

Qui n’a pas observé l’activité du débutant faite de chutes incessantes !

 

Ce spectacle fait désormais partie intégrante du paysage balnéaire estival mais rares sont les anecdotes qui font référence à une école de voile, à un apprentissage non spontané ou à des difficultés.

 

Ca a été assez facile est le motif récurrent. Il faut dire que le matériel toujours plus perfectionné allié à un encadrement professionnel facilite l’initiation à cette discipline.

 

Une discipline relativement onéreuse, car ce n’est pas moins de 3 ou 4000 francs suisses qu’il faudra débourser pour l’acquisition d’un équipement neuf.

 

De quoi y réfléchir à deux fois…

 

Il existe néanmoins des alternatives moins coûteuses grâce aux nombreux clubs et écoles situés tout autour de nos lacs. Pour la plupart référencés sur le web, ils possèdent souvent les infrastructures nécessaires qui permettent de louer des planches et gréements pour tous les gabarits…

 

Alors que ce soit en solitaire, en famille ou entre amis… lancez-vous à l’eau et… bon vent !

 

 

Texte écrit et dit par Fabrice Drapel

Texte retranscrit par Françoise Berthod