Trio Classique
Eliane Koradi-Zweifel
Ce sont mes parents qui m’ont amenée à la musique classique en m’emmenant souvent à des concerts classiques. Mes parents ne sont pas musiciens, mais ils sont amateurs de musique. Ils aiment écouter de la musique, et c’est aussi de cette manière que j’ai eu un premier contact avec la harpe. J’avais à peu près cinq ans, je crois. Je me souviens, c’était un concert où la harpe était très proche, en soliste. C’était le concerto de Mozart pour flûte, harpe et orchestre. Un magnifique concerto. A cinq ans et pour la première fois, j’ai vraiment constaté que cet instrument était très, très beau. Six ans plus tard, à onze ans, l’école de musique où j’habitais à Aarau proposait des cours de harpe. C’est pour ça qu’après la présentation de la harpe, j’ai couru à la maison en criant : « Maman, papa, je veux apprendre la harpe. »
Ce qui est spécial avec cet instrument, c’est qu’elle a 47 cordes qui vibrent. Des cordes qui ont une longueur maximum de 1 mètre 70 cm à peu près ; et je crois que ces vibrations touchent beaucoup les gens. La harpe est un instrument pas très connu, et souvent joué uniquement en orchestre, tout derrière. On ne la voit pas très bien ; on ne l’entend pas spécialement bien non plus, et c’est vraiment une chance dans cette formation qu’on entende de la harpe comme instrument soliste ; et comme l’un des trois solistes, en fait. Et avec les couleurs des trois instruments, je trouve que ça forme un ensemble parfait. À la harpe, on n’a pas un répertoire immense comme les pianistes, par exemple. Il y a beaucoup de compositeurs inconnus ou mal connus qui ont écrit pour la harpe. C’était souvent des harpistes même, parce qu’ils connaissaient mieux leur instrument. En fait, si on va à la recherche des pièces, il y a quand même du répertoire à travailler toute la vie.
Myriam Ramseyer
J’ai commencé la rythmique au Conservatoire vers six ans. J’ai fait de la flûte à bec vers neuf ans, et j’ai une tante et un oncle qui jouaient de la musique à l’École du dimanche. Ma tante jouait du piano et de l’orgue, et mon oncle de la flûte traversière. D’ailleurs une fois, il a laissé son écouvillon et rien ne sortait ; on se demandait pourquoi. En fait, j’ai rapidement joué avec mon oncle, et avec ma tante surtout. Ca m’a donné le goût de faire de la musique. Quand j’ai eu onze ans, je suis allée chez un autre oncle, et j’ai pu essayer toutes sortes d’instruments. De la clarinette, du cor, du piano. Je voulais d’abord faire du piano, mais comme il n’y avait pas de place dans notre appartement, j’ai opté pour la flûte traversière en disant : « Ce sera mon métier ! » Ce que j’aime beaucoup dans la flûte traversière, c’est sa virtuosité, la clarté du son, et en même temps, la chaleur. C’est aussi le fait que c’est un instrument pouvant être très joyeux ou très triste. Je trouve qu’on peut exprimer beaucoup de choses à travers cet instrument. J’ai aussi eu un prof super sympa. Je trouve que ça aide beaucoup quand on démarre. Il a bien su m’encourager, et m’a donné beaucoup de musique à mâcher. J’ai eu beaucoup de musique à jouer, d’ailleurs, et j’ai beaucoup aimé cet instrument.
Gwenaëlle Geiser
J’ai découvert la musique classique principalement par ma grand-mère paternelle qui était organiste et pianiste professionnelle. Je l’ai entendue travailler quand j’étais en vacances chez elle, et elle m’emmenait beaucoup au culte. On a très vite commencé à jouer ensemble. J’ai commencé le violon à l’âge de quatre ans et demi. À partir du moment où j’ai eu à peu près huit ans, on jouait souvent ensemble au culte, où on organisait des concerts de Noël avec un de ses vieux cousins saxophoniste. On jouait des airs de cantates de Bach. C’était un mélange assez rigolo, mais ça fonctionnait ! L’alto, c’est vraiment un instrument méconnu. On pense toujours au violon ou au violoncelle. L’alto, c’est un peu une sorte de gros violon accordé comme un violoncelle, mais une octave plus haut. C’est un peu son parent pauvre, parce que pendant des années, c’était les mauvais violonistes qui passaient à l’alto. Car il n’est pas nécessaire d’être un virtuose comme au violon pour pouvoir jouer, faire des concerts, et être engagé dans des orchestres quand on est altiste. Par contre, maintenant, ça commence… Il y a une concurrence, et on est donc obligés de jouer mieux qu’avant. Mais pendant des années, on était content quand il y avait un altiste, même s’il jouait très mal ! Il y avait aussi relativement peu de répertoire, vu qu’il y avait peu de gens qui étaient capable d’en jouer. À l’heure actuelle, trois mille pièces seraient répertoriées, et de toute façon trop pour pouvoir toutes les jouer dans une vie. Mais il y a moins de choses intéressantes que pour le violoniste.
Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod