Modèle Yacht Club : Saint-Blaise
Michel Reichlin
Le Modèle Yacht Club de Saint-Blaise est né il y a environ trente-cinq ans. Je ne connais pas exactement les fondateurs, c’est un peu trop vieux. Moi-même, ça fait vingt-cinq ans que je suis au Club. Le Modèle Yacht Club propose plusieurs activités : la voile, l’hélice qui comprend les modèles électriques et vapeur, ainsi qu’une section C qui n’est pas employée en ce moment, car c’est les modèles statiques. Elle est remplacée par la personne du comité qui s’occupe de ça ; s’occupe des ateliers, de la cabane et du site Internet.
Quand on fait autant d’années que ça dans un Club, c’est que c’est devenu une vraie passion ?
Oui, oui. C’est une passion depuis petit. J’avais déjà construit des bateaux, et après avec mon fils, quand il s’est plutôt orienté côté avion à l’âge de 11 ans. Alors, il a fallu construire des avions. Après, il les a fait tout seul. Et maintenant, évidemment, il fait de l’hélicoptère tout seul.
Qu’est-ce qui attire d’abord ? Construire ou faire des courses ? Ou bien il faut avoir toutes ces qualités, toutes ces envies en même temps ?
Moi ce que j’aime, c’est construire ! Depuis tout petit, j’ai toujours bricolé. Depuis la caisse à savon, les petits voiliers. Mais à l’époque, on n’avait pas tellement l’occasion de construire ; il fallait couper des bouts de bois, visser et même trouver des vis. Ce n’était pas évident à l’époque… Il n’y avait pas Jumbo, Carrefour et tout ça. Construire, et plus principalement la voile. J’adore la voile. J’ai fait de la voile grandeur nature sur le lac… Quelques régates. Mais j’aime bien en modèle réduit ; la tactique de course et ne pas naviguer tout seul. Cela ne m’intéresse pas, tout seul. Il vaut mieux être deux ou trois et essayer d’être devant.
Puisque vous avez aussi fait des régates avec de vrais bateaux, est-ce qu’il y a vraiment beaucoup de similitudes ?
C’est la même chose. Simplement que nous, on a un point à terre et que les bateaux sont sur l’eau. Les voiles se règlent à terre, et après on ne peut plus régler avant la prochaine régate. La régate dure de dix minutes à un quart d’heure en modèle réduit, alors que sur le lac, c’est beaucoup plus long. Mais il y a pas mal de similitudes. Les règles sont les mêmes à deux ou trois détails près ; mais sinon c’est la même chose.
Est-ce que c’est un sport coûteux ?
Au Club, on construit maintenant un voilier classe M, qui fait 1,27 m de long. On arrive à faire un voilier dans le cadre du Club. Pour la personne qui n’a rien du tout, pas de télécommande, par de chargeur d’accu, rien du tout : entre 1'000 et 1'200 francs.
Justement, c’est ce qui est particulier chez vous. Celui qui voudrait commencer demain n’est pas obligé de s’acheter un bateau à 3000 ou 4000 francs. Vous l’aidez à le construire ?
Voilà. On fait nos coques nous-même. On est plusieurs à avoir de l’expérience. On fait la coque, on la moule. On moule la coque ; en carbone, en kevlar, ou avec des tissus exotiques, et ensuite on l’aide à monter son bateau de A à Z. On fait tout de A à Z.
Il semble qu’il y a beaucoup de camaraderie, beaucoup d’amitié. Vous vous retrouvez tous les jeudis à Saint-Blaise, je crois ?
Oui, tous les jeudis soir. On a un local que la Commune nous met à disposition, et on est toujours cinq ou six à travailler dans ce local. En ce moment, il n’y a pas de coques au montage, mais une va bientôt partir. C’est du travail ! On en a un qui construit une chaloupe à vapeur parce qu’il a vu les nôtres et que ça lui plaît. Alors, il est en train de faire ça. Un autre amène un bateau électrique parce qu’il ne sait pas monter quelque chose. Alors on l’aide et ensuite il vient naviguer avec nous !
Aujourd’hui vous faites une régate interne. Hier, c’était une régate dans le cadre du Championnat Suisse ?
Hier, on avait la classe IOM, International One Meter. C’était dans le cadre du Championnat Suisse. Et aujourd’hui, c’est une régate interne au Club, en classe M. Avec les classes M, on fait cinq régates internes au Club. Et en Coupe suisse, je crois qu’il y a aussi cinq régates.
Est-ce que ça aide d’avoir fait des régates sur de vrais bateaux sur le lac de Neuchâtel ?
Pour faire de la voile en modèle réduit, si on fait des régates, on a déjà une idée de comment fonctionne un bateau à voile. Pour celui qui n’a pas du tout de notions, ce n’est pas évident ! Il faut quand même savoir comment fonctionne un bateau. Quand on est contre le vent, avec le vent, près du vent ; et c’est environ 45 degrés de chaque côté. On ne peut pas aller complètement dans le vent. Il faut déjà faire avancer le bateau. Après, le problème par rapport aux grands bateaux… Je dirais qu’un départ avec des grands bateaux, si on ne connaît pas trop, on ne va pas se mettre dans le paquet au départ. En modèle réduit, les débutants ne se mettent pas trop dans le paquet ; puis après, ils viennent aussi. Si on se touche, ce n’est pas trop, trop grave… Il y a des petits dégâts sur la coque, mais pas trop graves. Mais par rapport aux grands bateaux, ceux qui se rentrent dedans, ce n’est pas la même chose !
On se rend compte que vous avez quand même des gens doués. Aujourd’hui, c’est quasiment toujours le même membre du Club qui gagne.
Ah oui. Lui c’est l’homme difficile à battre. C’est un nouveau aussi, et il est là depuis l’année passée. C’est l’homme difficile à battre, oui.
Qui fait aussi beaucoup de régates sur le lac.
Oui, oui. Il fait beaucoup de régates sur le lac. Il sait très bien régler les voiles, les préparer, tout ça.
Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod