American Cars : 24ème meeting à Colombier

 

 

Patrick Nemitz

 

Je suis président de l’American Cars de Neuchâtel depuis quatre ans maintenant. C’est un club qui a été fondé il y a à peu près vingt-cinq ans par un groupe de passionnés de voitures américaines, qui ont décidé de faire un petit club entre eux. Maintenant, le club regroupe une cinquantaine de membres. Parfois, on est descendu, un peu moins ou un peu plus. Cela dépend des années. C’est tout par période. C’est difficile à dire. Il y a deux ou trois ans, on était un peu moins de membres. Étonnamment, maintenant que l’essence est plus chère, on est un peu plus de membres… On a accueilli trois nouveaux membres en cours d’année. Là, j’en ai deux qui m’ont dit qu’ils allaient s’inscrire. Étonnamment, ce n’est pas ça qui retient les gens. Les gens ont aussi envie de se mettre dans un club de façon à discuter entre passionnés, d’avoir des adresses pour trouver des pièces ou réparer des voitures et parfois de retrouver les historiques des voitures, à avoir un suivi.

 

Qui sont finalement les membres de votre club ? Il faut avoir impérativement un camion, une voiture ou une moto ?

Les membres de notre club n’ont même pas l’obligation d’avoir un véhicule américain. Mais ils en ont quasiment tous un. Cela peut être voitures de sport, camions, on n’en a pas, car il y a très peu de camions américains en Suisse. Voitures de sport, 4x4. Il y a un peu de tout, des anciennes voitures. On n’a pas autrement de motos, parce qu’il y a des clubs. Il y a le club Harley de Neuchâtel qui regroupe que les Harley.

 

On voit des passionnés de tout âge ?

Tout à fait. Il y a des passionnés jeunes, des gens d’un certain âge, ça regroupe un peu tout. Je crois que les gens qui sont passionnés de voitures américaines, souvent de grosses voitures, ça peut être un rêve d’enfant qui se réalise à partir d’un certain âge. Je pense qu’on a un peu plus les moyens. En général, tous ces gens ont une autre voiture pour rouler tous les jours. Il y a de tout, surtout dans les âges et les classes sociales. Il y a vraiment un peu de tout.

 

 

Yves Wyssbrod

 

Le « big foot » vient des États-Unis, cela veut dire gros pied. Aux États-Unis, on voit passablement de courses de « big foot » justement, mais à l’échelle 1:1 bien entendu, qui sont des véhicules de plus de quatre mètres de haut, environ trois mètres de large avec des énormes pneus.

 

Télécommandés aussi ?

Absolument pas. Ils se donnent les moyens de le faire à l’échelle 1:1, alors que nous, disons pour un « big foot », mini « big foot », on garde justement un peu cette mentalité grands enfants. On se fait plaisir avec ces petites choses et on a cette mentalité ouvert à tous. On est tous une bande de potes. Il n’y a pas de blonds, de noirs, de gris, de jaunes, tout le monde est à la même enseigne et on essaye, nous les plus « anciens » entre guillemets, d’initier les jeunes, leur apprendre tout ce qui est réglage, tout ce qui est technique sur les moteurs ou technique sur les roues, parce que les modèles de base, on a la possibilité de les modifier énormément pour avoir des débattements de suspension plus grands, plus avoir des moteurs plus puissants, pour faire une sorte de compétition si on veut.

 

Justement le but, c’est de les faire aller vite et bien. Vous faites des courses aussi ?

Il existe en France, malheureusement en Suisse, on est un peu mal loti par rapport à ce genre de courses, parce que cela fait du bruit et en Suisse, les gens n’aiment pas beaucoup le bruit. Il existe en France des courses de MCT. Il y a un championnat qui existe en France et c’est par région, chaque région organise son propre championnat et il y a possibilité justement après de grimper dans ces championnats. L’avantage du mini « monster », c’est que cela reste quand même bon enfant sans quand même entrer dans une compétition, style les Jeux olympiques.

 

Pour un qui débute, il doit compter combien d’investissement pour commencer ?

Si on prend le modèle de base, sorti d’usine, il y a passablement de marques qui le proposent, mais un modèle de base, il faut compter dans les 600 à 700 francs. Après c’est clair, il faut s’équiper de ce qui est benzine, la benzine coûte très cher, c’est presque 90 francs pour les cinq litres. C’est de la benzine qui coûte chère, c’est de la benzine au nitrométhane, qui est extrêmement plus performante. Grosso modo avec 1'000 francs, on arrive à s’en sortir, avec un modèle, une bonne télécommande et quelques pièces à côté, un petit peu des pièces « performances » comme on les appelle.

 

 

Patrick Nemitz

 

Il y a des personnes qui sont fascinées par le rêve américain comme on dit et pour eux, les voitures qu’on voit dans les films américains, c’est les grandes voitures américaines sur les routes désertes toutes droites. Et il y a aussi ceux qui rêvent de véhicules qui ne soient pas comme les autres. C’est clair que c’est des véhicules hors normes souvent beaucoup plus grands, qui ont des dessins différents. Il y a aussi ce rêve-là de la voiture qui sort de l’ordinaire, qu’on ne sort que le week-end ou les jours de beau temps pour aller se balader…

 

Pendant ces réunions, on partage la même passion. Il y a des voitures qui s’achètent, des voitures qui se vendent, des pièces qui s’échangent ?

Il y a souvent des voitures qui s’achètent et qui se vendent, parce qu’il y a souvent des gens qui ont des voitures américaines qui cherchent à les vendre, qui profitent de choses comme ça pour les vendre, parce qu’il y a des passionnés. Il y a des gens qui n’en ont pas, mais qui rêvent d’en acheter une. Il n’existe pas vraiment de garages de voitures américaines, excepté des voitures récentes. Des voitures anciennes ou d’un certain âge, il n’y a pas de garages vraiment. Les gens vendent leur voiture dans des manifestations ou par le site Internet ou des journaux.

 

Pourtant Dieu sait que c’est des voitures plutôt critiquées maintenant ?

Elles sont critiquées plutôt pour des problèmes d’essence. C’est vrai que c’est des voitures qui consomment pas mal, mais il ne faut pas oublier que ce sont des gens qui ne vont pas rouler tous les jours avec. C’est des voitures qui sortent le dimanche quand il fait beau. Ce n’est pas des gens qui roulent en permanence avec ces voitures et la plupart des gens font quand même attention à leur consommation d’essence. Ils évitent de mettre beaucoup de gaz pour rien du tout…

 

 

Cédric Prétat

 

L’origine du camion, c’est que c’est un véhicule de l’armée américaine qui date de 1944, qui est arrivé par l’Italie en Europe. Ensuite, il a été racheté au kilomètre carré par l’armée suisse qui l’a reconditionné en 1948. Après 1948, il a été sous les rangs de l’armée suisse jusqu’en 1983. Il a reposé dans une grange pendant près de quinze ans et cela fait deux ans à l’heure actuelle que j’ai repris ce véhicule. Après beaucoup de travail dessus, des freins, de la mécanique, un peu de carrosserie, on arrive à faire un véhicule de route. Le but ce n’est absolument pas d’avoir un véhicule 100 % d’origine, bien que cela aide un petit peu. Le but est d’avoir un véhicule fiable qui permet de se promener tranquillement jusqu’en Normandie, qui permet de voyager avec une passion et avec un véhicule qui a quand même une certaine connotation historique.

 

Et vous justement, comment est née cette passion pour les véhicules militaires ?

J’ai toujours dit que ce que je voulais, c’était un camion à la maison… Je pensais à un camion américain. Je pensais un tracteur à sellette, trois essieux, quelque chose de gentil, de pas hors normes. J’avais regardé un peu à gauche, à droite et comme ils veulent tous des véhicules de malades, j’ai dit : « On laisse tomber. » Un jour, il y a un ami qui m’a prêté un GMC et on a tout de suite été copain. J’ai dit : « Je veux le même à la maison. » Je disais ça un peu par hasard et un jour, un ami m’a téléphoné et m’a dit : « Écoute, il faut venir voir celui-là, c’est une bonne base pour faire quelque chose qui tient la route. » Je suis allé le voir et je l’ai ramassé. Je suis rentré avec lui.

 

En plus, c’est chargé de beaucoup d’émotion un camion comme ça ?

C’est terrible. On ne peut pas se rendre compte de ce que les gens ont vécu, du moins difficilement par les images, en roulant, on peut un peu plus se rendre compte et quand on fait des reconstitutions comme sur Uffheim en Alsace ou la Normandie, aux alentours du 6 juin, c’est des émotions qui sont très, très prenantes.

 

Vous allez faire ce genre de démonstrations ?

J’y suis allé cette année. J’y suis allé l’année avant. C’est sûr que c’est un véhicule qui roule. Cette année, je suis à 4500 kilomètres avec le GMC. Je pense que pour un véhicule qui devrait selon certaines personnes plus être dans un musée ou à la ferraille, ce n’est pas mal !

 

 

Fred Boillot

 

C’est un camion que j’ai acheté il y a deux ans. Il vient du Mexique, il a été vendu neuf en France. Je l’ai acheté tout neuf pour mon travail de tous les jours qui consiste à faire de la charpente, de la couverture. J’ai une entreprise en France.

 

Vous travaillez avec, ce n’est pas seulement pour le fun ?

Plaisir et niveau entretien, maintenance et tout, c’est moins cher que les camions européens de toute façon.

 

Pourquoi ça ?

Beaucoup moins d’électronique. La mécanique plus ancienne que celle qu’on a à l’heure actuelle. Ils ont encore la bonne vieille pompe à graisse. Il faut encore faire tous ces trucs soi-même et dans le temps, c’est plus bénéfique que ce qu’on a à l’heure actuelle.

 

Mais les pièces, pas facile à trouver ?

Je trouve tout à Strasbourg en France ou alors, j’ai un ami qui est à Montréal, il m’envoie tout. J’ai tout sur deux jours.

 

Est-ce que cela consomme beaucoup plus que les camions européens ?

Non, non pareil. Je suis à 37 litres aux 100.

 

 

Patrick Nemitz

 

Ce week-end, on va avoir… cet après-midi, les propriétaires des véhicules américains sont conviés à une balade dans le haut du canton avec un apéro. Ce soir, nous allons avoir un concert qui sera dans la halle 50 et demain il y aura un match de football américain sur le site, parce que le club de Neuchâtel a proposé de faire une démonstration qui « rejoignait » entre guillemets, le rêve américain. En fin d’après-midi, à partir de 4 heures, une remise de prix. Il y aura 24 coupes qui seront distribuées par catégories du plus beau véhicule qui ont été là sur le site.

 

Les critères pour juger le plus beau véhicule ?

C’est déjà tout par catégories. Il y a des catégories 4x4, pick-up, Harley Davidson. Il y a des catégories par tranches de dix ans d’années d’âge du véhicule. Après, il y a un groupe du jury qui fait la tournée et qui choisit la plus belle voiture. Ce n’est pas forcément la plus belle esthétique. On regarde aussi, si c’est des anciennes voitures, si elles ont été restaurées, si elles sont en bon état. Il y a plusieurs choses qui entrent en ligne de compte, mais pas seulement l’aspect visuel.

 

Ils sont assez puristes, ils cherchent les pièces d’origine ?

Là aussi, on a un peu de tout. La grande partie des gens effectivement recherche des pièces d’origine. Il y a aussi beaucoup de propriétaires qui veulent modifier leur véhicule, leur moteur et ils cherchent à retrouver des pièces de « performance » ou de « compétition » pour donner plus de performances à leur moteur.

 

Des gens qui aimeraient faire partie de votre club, vous avez une adresse, un site Internet ?

On a un site Internet, c’est www.accn.ch où vous trouvez l’annonce de notre manifestation. Il y a aussi toutes les sorties que le club fait, parce qu’on se déplace aussi beaucoup. Notre club va dans d’autres concentrations en Suisse et à l’étranger, ainsi que nos dates d’assemblée. On se retrouve une fois par mois en principe…

 

 

Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod