Gaël Rossy alias « Barnabé »: Humoriste

 

 

Aujourd’hui, nous recevons Gaël Rossy. Tu es comédien, humoriste, d’origine suisse.

Oui tout à fait. Je viens de La Chaux-de-Fonds, originaire du Val-de-Ruz et de La Chaux-de-Fonds. C’est là que j’ai fait toutes mes écoles. Ensuite, j’ai fait l’Université ici à Neuchâtel. Je n’ai jamais terminé… j’étais en mathématiques et ce n’était pas fait pour moi ! Du coup, j’ai arrêté au bout de trois ans. Il m’a fallu du temps pour me rendre compte que ce n’était pas pour moi et j’ai décidé de faire comédien. C’était quelque chose qui m’a toujours plu. J’ai toujours eu envie de faire de la scène, surtout du one man show. Je me suis dit : « Fais une école de sorte d’avoir une vraie technique théâtrale avant d’essayer de faire du one man show. » Je suis parti à Paris, faire une école. C’est à Paris que cela se passe, dans ma tête de novice, c’était à Paris qu’il fallait être pour faire une école et j’avais envie de voir comment cela se passait ailleurs. J’avais envie de quitter la Suisse. J’ai fait trois ans de cours là-bas et depuis deux ans, j’essaye de vivre de mon métier.

 

 

Extrait du spectacle.

 

 

C’est toi-même qui as écrit toute la pièce, tous les sketches ?

Oui. J’ai tout écrit. Si j’ai voulu faire du one man show, c’est parce que j’avais envie de dire des choses qui me tenaient à cœur. J’ai envie de faire rire les gens. Pour moi, c’est, je vais dire des choses bateaux, mais c’est l’une des choses les plus merveilleuses qu’on peut faire partager avec les gens. Je pense qu’en plus, c’est une bonne manière de faire réagir les gens et de faire passer des messages. Il y a vraiment des choses dont j’avais envie de parler. Il y en a d’autres. Il n’y a pas que ce qu’il y a dans mon sketch. J’ai encore d’autres idées. J’ai écrit toutes les idées, après je les ai faits lire à certains copains à Paris, qui m’ont aidé un petit peu pour la mise en scène ou qui m’ont donné le regard critique sur un premier jet et aussi mon père d’ailleurs. Ils m’ont donné, soit des idées, soit des critiques par rapport aux choses pour un petit peu retravailler, évoluer. Je dirais qu’à 99 %, c’est mon « bébé » et il y a 1 % qui est des remarques de personnes qu’aurait pu me faire mon père…

 

Il y a une différence à jouer à Paris ou en Suisse ?

Je dirais qu’au niveau du théâtre, non. Mis à part après de toutes les choses administratives. Le théâtre est le même, je dirais, en Suisse qu’en France. D’ailleurs, c’est souvent des pièces françaises ou suisses qui vont passer d’un côté ou de l’autre de la frontière. Après ce qui peut changer, au niveau d’un one man show, comme je suis suisse et que j’habite à Paris, j’ai essayé d’écrire quelque chose qui m’était un peu plus personnel. J’ai écrit évidemment des choses sur la Suisse et il y a tout le stéréotype que les Parisiens, les Français en général, ont sur les Suisses. Je joue de tous ces clichés. J’ai écrit mon one man show pour un Suisse jouant à Paris. Quand je joue en Suisse, c’est vrai qu’il y a des petites différences, des choses que je dois un petit peu modifier au sein de mon one man show. C’est des choses infimes.

 

Est-ce que tu penses que l’on peut rire de tout ?

Dans les années 1980, on avait Coluche, Thierry le Luron, Desproges, Bedos qui étaient des provocateurs publics et qui étaient capables de parler de tout et qui secouaient vraiment le public français pour le faire réagir, pour qu’il prenne conscience des choses. En fait, je crois que depuis ces gens-là, il y a eu une régression et maintenant c’est de plus en plus difficile de rire de tout. Dès le moment qu’on parle de quelque chose et que c’est pour en faire de l’humour et que le message n’est pas haineux, je pense qu’on peut parler de tout. Quitte même parfois à être borderline et que ce soit tendancieux ce que l’on dit. Cela peut être tendancieux du moment où c’est fait d’une manière intelligente et que le fond est pour une ouverture d’esprit des gens. Moi je pense que ce qui est important, c’est de l’humour et que les gens aient une ouverture d’esprit encore plus grande que ce qu’ils avaient avant.

 

Partiellement, tu es aussi disposé à faire une improvisation dans la mesure de ton sketch ?

Dans le meilleur des mondes, oui. Il faudrait qu’à n’importe quel moment, je sois capable de faire une improvisation. Après, vu que je ne suis pas forcément toujours à l’aise dans l’improvisation, ce n’est pas forcément mon point le plus fort. Même s’il faut faire une improvisation, j’arrive plus ou moins à faire quelque chose, mais ce n’est pas l’un de mes points forts. Je ne pense pas et du coup, oui s’il se passe quelque chose, j’essaye de réagir avec. Après, il y a des moments où je sais qu’il peut y avoir des réactions du public. J’essaye d’y penser avant que pour si jamais, j’ai des réactions du public, je puisse avoir une répartie possible. C’est la grande tricherie du one man show, c’est quand on parle au public, quand on pose une question au public, la plupart du temps, on sait qu’un jour ou l’autre on peut avoir quelqu’un qui nous répond, c’est d’imaginer toutes les possibilités. Des fois, on n’y arrive pas, mais on essaye en fait. Au moment où la personne nous répond, on y a déjà réfléchi et on a une phrase à répondre. C’est un petit peu de la triche, parce que tout le monde croit qu’on répond sur le moment, mais en réalité, on y a déjà pensé… C’est ce que j’essaye aussi de faire, mais j’ai envie de dire – comme j’en suis au début – je pense que je n’ai pas encore eu droit à toutes les répliques possibles durant mon one man show de personnes dans la salle. Je pense que je vais encore me faire piéger une ou deux fois, mais voilà, cela fait partie du sport et c’est assez rigolo… Cela me plaît bien.

 

Après avoir vu ton spectacle, je le trouve vraiment très réussi pour un premier spectacle. Je te remercie pour l’interview et te souhaite une bonne continuation.

C’est moi qui te remercie. J’espère que cela se passera bien et pour toi aussi.

 

Merci à toi.

 

 

Interview réalisée par Linda Fischer

Texte retranscrit par Françoise Berthod