Gaël
Rossy alias « Barnabé »: Humoriste
Aujourd’hui, nous recevons Gaël Rossy.
Tu es comédien, humoriste, d’origine suisse.
Oui
tout à fait. Je viens de
Extrait du spectacle.
C’est toi-même qui as écrit toute la
pièce, tous les sketches ?
Oui.
J’ai tout écrit. Si j’ai voulu faire du one man show, c’est parce que j’avais
envie de dire des choses qui me tenaient à cœur. J’ai envie de faire rire les
gens. Pour moi, c’est, je vais dire des choses bateaux, mais c’est l’une des
choses les plus merveilleuses qu’on peut faire partager avec les gens. Je pense
qu’en plus, c’est une bonne manière de faire réagir les gens et de faire passer
des messages. Il y a vraiment des choses dont j’avais envie de parler. Il y en
a d’autres. Il n’y a pas que ce qu’il y a dans mon sketch. J’ai encore d’autres
idées. J’ai écrit toutes les idées, après je les ai faits lire à certains
copains à Paris, qui m’ont aidé un petit peu pour la mise en scène ou qui m’ont
donné le regard critique sur un premier jet et aussi mon père d’ailleurs. Ils
m’ont donné, soit des idées, soit des critiques par rapport aux choses pour un
petit peu retravailler, évoluer. Je dirais qu’à 99 %, c’est mon « bébé » et il y a 1 % qui est des remarques de
personnes qu’aurait pu me faire mon père…
Il y a une différence à jouer à Paris ou
en Suisse ?
Je
dirais qu’au niveau du théâtre, non. Mis à part après de toutes les choses
administratives. Le théâtre est le même, je dirais, en Suisse qu’en France.
D’ailleurs, c’est souvent des pièces françaises ou suisses qui vont passer d’un
côté ou de l’autre de la frontière. Après ce qui peut changer, au niveau d’un
one man show, comme je suis suisse et que j’habite à Paris, j’ai essayé
d’écrire quelque chose qui m’était un peu plus personnel. J’ai écrit évidemment
des choses sur
Est-ce que tu penses que l’on peut rire
de tout ?
Dans
les années 1980, on avait Coluche, Thierry le Luron, Desproges, Bedos qui
étaient des provocateurs publics et qui étaient capables de parler de tout et
qui secouaient vraiment le public français pour le faire réagir, pour qu’il
prenne conscience des choses. En fait, je crois que depuis ces gens-là, il y a
eu une régression et maintenant c’est de plus en plus difficile de rire de
tout. Dès le moment qu’on parle de quelque chose et que c’est pour en faire de
l’humour et que le message n’est pas haineux, je pense qu’on peut parler de
tout. Quitte même parfois à être borderline et que ce soit tendancieux ce que
l’on dit. Cela peut être tendancieux du moment où c’est fait d’une manière
intelligente et que le fond est pour une ouverture d’esprit des gens. Moi je
pense que ce qui est important, c’est de l’humour et que les gens aient une
ouverture d’esprit encore plus grande que ce qu’ils avaient avant.
Partiellement, tu es aussi disposé à
faire une improvisation dans la mesure de ton sketch ?
Dans
le meilleur des mondes, oui. Il faudrait qu’à n’importe quel moment, je sois
capable de faire une improvisation. Après, vu que je ne suis pas forcément
toujours à l’aise dans l’improvisation, ce n’est pas forcément mon point le
plus fort. Même s’il faut faire une improvisation, j’arrive plus ou moins à
faire quelque chose, mais ce n’est pas l’un de mes points forts. Je ne pense
pas et du coup, oui s’il se passe quelque chose, j’essaye de réagir avec.
Après, il y a des moments où je sais qu’il peut y avoir des réactions du
public. J’essaye d’y penser avant que pour si jamais, j’ai des réactions du
public, je puisse avoir une répartie possible. C’est la grande tricherie du one
man show, c’est quand on parle au public, quand on pose une question au public,
la plupart du temps, on sait qu’un jour ou l’autre on peut avoir quelqu’un qui
nous répond, c’est d’imaginer toutes les possibilités. Des fois, on n’y arrive
pas, mais on essaye en fait. Au moment où la personne nous répond, on y a déjà
réfléchi et on a une phrase à répondre. C’est un petit peu de la triche, parce
que tout le monde croit qu’on répond sur le moment, mais en réalité, on y a
déjà pensé… C’est ce que j’essaye aussi de faire, mais j’ai envie de dire –
comme j’en suis au début – je pense que je n’ai pas encore eu droit à toutes
les répliques possibles durant mon one man show de personnes dans la salle. Je
pense que je vais encore me faire piéger une ou deux fois, mais voilà, cela
fait partie du sport et c’est assez rigolo… Cela me plaît bien.
Après avoir vu ton spectacle, je le
trouve vraiment très réussi pour un premier spectacle. Je te remercie pour
l’interview et te souhaite une bonne continuation.
C’est
moi qui te remercie. J’espère que cela se passera bien et pour toi aussi.
Merci à toi.
Interview réalisée par Linda Fischer
Texte retranscrit par Françoise Berthod