1er Fyne Nature
Marathon : D’Yverdon à Neuchâtel
Duc
Comment est-ce qu’on se sent 2 heures
avant un marathon comme celui d’aujourd’hui ?
Là,
il fait un peu froid. Je pense que c’est tout à fait les conditions idéales
pour courir un si long marathon.
C’est un marathon un peu spécial, au
bord du lac, qu’est-ce que vous en pensez ? Ce n’est pas sur la route.
Je
pense que c’est l’idéal en tout cas pour le canton. C’est un parcours qui est
plat et nature. C’est pour cet esprit-là que je suis venu.
Est-ce que c’est plus difficile qu’un
marathon sur la route ?
Je
pense que pour cette première édition, la toute première édition, il y a peu de
monde. On se permet de courir un peu librement et c’est plus l’esprit de Fyne
Marathon, plutôt que ces grands rassemblements de New-York
ou de Paris, où on court contre le temps et on ne profite pas de la beauté du
paysage…
Bruno
Est-ce que c’est la première fois que
vous faites un marathon de votre vie ou la première fois cette année ?
C’est
la première fois cette année, mais pas le premier marathon. Il y en a
quelques-uns depuis quatre ou cinq ans que je me suis mis à la course à pied…
Quels genres de marathon avez-vous déjà
faits et où ça ?
Florence,
Munich, Paris, Lausanne, ça en fait quatre.
On ne peut pas en faire un nombre
indéfini chaque année ?
Cela
dépend de l’état physique que vous avez. Il y en a qui en font quatre ou cinq.
Moi, j’en fais un par année, ce n’est déjà pas mal, physiquement, c’est quand
même éprouvant. Je préfère ne pas mettre trop en danger ma santé. Je veux faire
ça par plaisir…
Cela laisse vraiment des traces un
marathon ?
Oui.
C’est la préparation, cela dépend tout de la préparation. Si vous êtes bien
préparés, un marathon, il passe comme une lettre à la poste. Si vous ne vous
préparez pas comme il faut, là, vous avez des séquelles pendant deux ou trois
semaines.
Qu’est-ce que vous pensez de ce
marathon, le premier marathon Yverdon-Neuchâtel ?
On
vient de discuter avec un ami qui fait aussi le marathon et on s’est dit :
« C’est le premier, cela serait bien dans dix ans de se dire, on a fait
les dix premiers marathons d’Yverdon-Neuchâtel ! »
C’est sympa, un marathon dans la
région ?
Tout
à fait et cela nous évite de faire beaucoup de kilomètres en voiture pour s’y
rendre. Moi, je viens depuis Estavayer, en vingt
minutes, on est là, c’est nickel.
Qu’est-ce que vous pensez de ce marathon
un petit peu particulier, parce qu’il ne se passe pas exclusivement sur
route ? Il passe au bord du lac, il passe dans des chemins un petit peu
spéciaux.
C’est
bien, cela va nous changer un petit peu. Par exemple à Munich, c’est quasiment
qu’en pleine ville, on va dire. Il y a juste un petit bout qui est en forêt.
Cela nous permet de voir autre chose et si on a vraiment des douleurs
musculaires sur du béton, à un certain moment, on peut reposer ou relâcher sur
du terrain un peu plus tendre.
Charlotte
C’est la première qu’il se fait un
marathon entre Yverdon et Neuchâtel, que pensez-vous
de cette idée ?
C’est
une très bonne idée, parce que je trouve que pour une fois qu’il se fait
quelque chose ici, pourquoi toujours aller dans d’autres pays. C’est important
de le suivre ici.
Vous avez déjà fait d’autres marathons à
l’étranger ?
Oui.
J’ai fait Paris, New-York, Amsterdam.
On dit que c’est vraiment très, très pénible,
ça fait presque peur. Il faut presque être fou, non pour faire ce genre
d’efforts ?
Non,
non un marathon, ça va, mais cela vient dur à la fin… Il faut s’entraîner,
c’est sûr.
Combien de kilomètres vous faites par
année, vous le savez à peu près ?
J’en
ai fait deux mille l’année passée ! Maintenant, je suis à mille cinq
cents, pas encore deux mille. J’ai fait septante kilomètres par semaine pour l’entraînement
du marathon.
C’est indispensable ?
Un
petit peu oui, quand même pour bien arriver.
Ce marathon est un petit peu spécial. Il
est vraiment dans la nature, ce n’est pas 100 %
sur la route, ça vous plaît ?
C’est
extraordinaire. C’est mieux que du bitume. Moi, je ne lève pas beaucoup les
jambes, donc j’aime mieux le bitume que ça.
François Glauser
Qu’est-ce que vous en pensez de cette
initiative des frères Jaunin, c’est assez fou ?
C’est
assez fou. Quand on a discuté un peu de cela, au mois d’avril dans le cadre du
Tour du canton, on était un peu sceptique. On disait : « Il n’y aura
pas trop de monde. » Moi, j’étais presque d’abord inscrit dans un team et
pour finir il y a eu tellement de participants, d’engouement pour cette
manifestation, qu’on se sent presque obligé de venir à cette course organisée
par les frères Jaunin. C’est ici, c’est dans notre
région, un marathon c’est tellement rare que c’est un passage incontournable
maintenant.
Comment vous expliquez ce premier
succès, c’est extraordinaire ?
C’est
vrai qu’ils ont fait beaucoup de publicité. Ils étaient présents sur beaucoup
de courses. Ils ont distribué beaucoup de prospectus et ça a marché. Les frères
Jaunin ont quand même un nom dans le cadre de la
course à pied. Tout ça a répondu présent à cette manifestation et on est très
content pour eux.
Ce n’est pas un marathon pour faire un temps ?
Non.
Je pense qu’aujourd’hui avec la bise, le froid. Les organisateurs ont annoncé
les premiers temps aux alentours de midi et demi, 2 heures 30. Mais je pense
que les premiers devraient tourner autour des 2 heures 50. Je pense…
Il faut vraiment un caractère spécial
pour faire du marathon ? C’est quand même violent comme effort.
Il
y a l’entraînement, c’est une chose, mais c’est beaucoup dans la tête. Il ne
faut pas partir trop vite. Il faut avoir confiance en ses possibilités. C’est
une course de longue haleine. Il ne faut pas… quand on sent qu’on est bien, il
ne faut pas forcer, vouloir accélérer. Il faut essayer de gérer, d’être
vraiment régulier sur l’effort pendant trois, quatre, cinq heures, cela dépend
du niveau. La régularité est primordiale sur le marathon.
Josef Vogt
Vous venez du Liechtenstein, comment
vous avez trouvé ce marathon ?
Mon
amie l’a trouvé, elle court aussi, c’est le premier marathon pour elle et on va
voir. Pour moi, c’était le deuxième marathon de cette année. J’ai fait le
marathon de montagne aux Grisons, de Coire au Parpaner
Rothorn au-dessus de Lenzerheide.
C’est le deuxième pour moi.
Combien de kilomètres d’entraînement
faites-vous ?
Cent
kilomètres par semaine.
Et toute l’année ?
Oui.
Delphine Staehli
Vous aviez vraiment des prétentions
sérieuses ?
Pas
du tout. J’ai été malade toute la semaine ce qui fait que je n’ai pas pu
m’entraîner autant que je voulais. J’avais juste comme objectif de finir le
marathon, c’est tout ce que j’avais comme objectif aujourd’hui.
Vous avez déjà de bons résultats, j’imagine ?
Tout
à fait. Sur le marathon de Lausanne, j’ai mis trois heures douze, mon meilleur
temps. J’ai fait également les cent kilomètres de Bienne, il y a deux ans.
C’est vrai que j’aime la longue distance. Je préfère. Il faut croire que cela
me convient. Même avec un entraînement un petit peu déficient, j’arrive à faire
des résultats relativement bons…
Il faut beaucoup d’heures d’entraînement,
beaucoup de kilomètres ?
Voilà,
exactement.
Le psychisme, quelle importance ?
Le
psychisme a même plus d’importance que l’entraînement, je dirais. Si au niveau
psychisme, vous avez déjà lâché, vous avez beau avoir X heures d’entraînement
dans les jambes, ça ne vous servira à rien ! Si le mental ne suit pas,
vous êtes fini, c’est sûr. Les trente premiers kilomètres, vous les courrez
avec l’entraînement et les douze derniers, vous les faites avec le mental.
François Glauser
Comment a été cette course ?
Pour
moi, elle a été assez difficile. Cela a été un jour que je peux considérer sans.
J’étais bien préparé, mais… Les 25 premiers kilomètres se sont super bien
passés et après, les jambes sont restées un peu sur place…
Vous avez quand même fait un bon
classement ?
Oui.
Je crois que je suis 9ème au classement scratch du marathon. C’est
sûr que c’est une bonne performance, mais je visais les cinq premiers. Un petit
peu déçu quand même…
Comment vous trouvez ce parcours quand
même original ?
C’est
clair qu’il y a beaucoup de changements de rythme à cause du changement de
terrain. C’est assez difficile. Il y avait aujourd’hui la bise qui n’a pas
rendu service aux coureurs, sinon c’est vraiment un parcours original, de toute
beauté. C’est parfait.
L’initiative des frères Jaunin, ça mériterait d’être poursuivi ?
Bien
sûr. C’est vraiment une super course qui mérite une
seconde édition…
Interviews réalisées par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod