Motocross à Lugnorre
P’tit Louis
On
m’appelle le P’tit Louis. J’habite à côté d’Annecy dans la région du Grand Bornand, station de ski.
Et vous êtes venus avec une moto un peu
spéciale ?
J’ai
une moto tout à fait normale. Elle a deux roues et comme tout le monde, les
roues pètent. N’oubliez pas que les roues pètent. J’ai mis les roues sur la
moto du grand-père. Il a mis des roues en bois, parce qu’à l’époque, il avait des
problèmes de pneumatique. Il a mis des roues en bois et je roule tous les jours
avec cette moto.
Quelle année ?
De
1950 et c’est une Ultima, une petite marque française
qui fait 123 cm3.
Comment se porte le motocross
maintenant ?
Le
motocross a beaucoup changé. Moi, j’aime bien revenir
avec les motocross d’anciennes motos, d’anciens pilotes.
Les jeunes, c’est sûr qu’ils ont du matériel, ils vont très vite. Ce n’est plus
pareil. Ils ne prennent pas le temps… Nous le motocross,
ça commençait le samedi soir, ça finissait le dimanche soir et le lundi à 7
heures, on était au boulot !
Il y a même un ancien champion du
monde ?
C’est
sûr, Sven Lundin. C’est merveilleux et il y a tout
plein d’amis, des Allemands, des Suisses. J’ai vu Albert Courageot
qui était là. Ah, ça fait plaisir de voir Albert qui était là, tout à l’heure.
On a bu un coup, formidable…
Vous êtes vous-même un passionné de motocross ?
Oui,
c’est cela. Moi, j’ai roulé depuis 1970 en motocross.
J’ai fait beaucoup de championnats d’Europe avec toutes les motos. Ensuite dans
les années 1987-88-90, j’ai fait des montées impossibles. Vous savez, vous ne
savez pas ? C’est un petit jeu qui consiste à monter la montagne le plus
haut possible, avant de redescendre aussi vite…
Vous avez l’air d’être très connu ?
Non,
non. Non, non, je suis inconnu, j’arrive comme ça par hasard… C’est vrai que
dans les pilotes, on se connaît tous. J’ai vu Sven Lundin,
notre ami Sven Lundin. À l’époque, moi j’étais petit.
Il venait à Frangy en 1960. Il gagnait à Frangy, chez nous, c’est quelque
chose, ça nous marque et maintenant, il est toujours là, toujours vert, à 77
ans !
Quand on voit ces petits jeunes sur ces
petites motos, il y a de l’avenir ?
Là,
il y a de l’avenir, c’est sûr. Oui, oui il y a de l’avenir. Nous, quand j’avais
5 ou 6 ans, on était au catéchisme, on n’allait pas sur les motos ! Moi, j’ai
commencé la moto en 1970 en revenant de l’armée comme tout le monde. On est
toujours dessus. Les jeunes, à 18 ans, ils trouvent la bagnole qui va bien, la
nana… terminé, ils arrêtent. Sur mille, il y en a dix qui vont continuer, ce
n’est plus ce que c’était ! Il y en a des bons, c’est clair. Nous, on
chante, on rigole. Là-dessus, on ne paye pas d’impôts, il faut bien rire. Il
faut s’amuser, c’est le but de la manœuvre. Moi, j’aime bien les motos, surtout
les motos anciennes, les amis tout ça. C’est bien. Pourvu que cela dure encore
longtemps…
Xylian
Ton prénom ?
Xylian.
Tu fais des courses depuis le mois
d’avril ?
Oui.
Comment tu trouves, c’est
difficile ?
C’est
bien. Mais c’est un petit peu difficile. Cela dépend des pistes.
Aujourd’hui, c’est très, très mouillé,
c’est plus difficile que les autres jours ?
Non,
ça va.
Raconte-moi un petit peu ta course,
comment cela s’est passé ?
On
est parti. On a regardé comment la piste était. On a fait quelques tours pour
s’habituer. On a essayé d’aller le plus vite possible et s’est bien allé.
Quand tu vas regarder la piste avant de
commencer, qu’est-ce que tu regardes, qu’est-ce que vous regardez ?
Les
ornières, voir si il y a beaucoup de trous ou pas, des trucs comme ça…
Et après, tu gardes tout ça dans ta
tête ?
Une
fois que tu as vu, tu te rappelles bien. Tu sais comment ça réagi. Une fois que
tu as passé dessus, tu peux trouver ta trajectoire.
Et là, ça va très, très vite, il y a des
descentes, tu te fais dépasser, tu essaies de dépasser, ça te fait peur,
comment tu vois ça ?
Cela
ne me fait pas peur, mais j’essaie de dépasser et je ne me fais pas vraiment
dépasser, à part quand je ne vais pas très vite !
Tu es déjà tombé ?
Non.
Non, donc tu conduis bien ?
Oui.
Si tu fais ça, c’est que tu aimes bien le
motocross. Tu as envie de devenir un grand
champion ?
Oui
et de devenir peut-être champion du monde, essayer au moins…
Interviews réalisées par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod