Oliver Starq : Auteur compositeur interprète

 

 

Salut Oliver. Cela te plaît si je te dis que tu es un troubadour ?

Troubadour, cela me va très bien, parce que moi je pense que je suis un troubadour des temps modernes. Il y a six ans, je suis parti, j’ai tout largué ici, mon travail, pour vivre une vie, je dirais une vie de troubadour. Je suis parti avec une pile de CD et je me suis dit : « Je vais essayer de vendre ma musique, je vais essayer de faire connaître ma musique et essayer de vivre de ma musique. » Là, je suis parti pendant un mois dans une expérience fantastique. J’ai pris le train. Je suis arrivé au bord de l’océan dans un endroit qui s’appelle « Lacanau », en face de Bordeaux, en France. C’est là que j’ai commencé ma carrière de troubadour. C’est pour ça que les gens me disent souvent : « D’où est-ce que tu viens? » Moi, je sais que je suis Franco-Suisse. J’habite à Neuchâtel, mais cela ne sert pas à grand’chose de dire ça. En fait, ce qu’il faut noter, c’est que je suis un troubadour. Je suis constamment en train de bouger, de changer d’endroit. Chaque jour, je fais une nouvelle ville. Là cette semaine, je pense partir ce soir à Lausanne. Je voyage en train, j’ai un petit vélo. Je mets le vélo dans le train et hop, je pars sur Lausanne. Arrivé sur Lausanne, je regarde les bars, les restaurants, les cafés, je rentre, je demande l’autorisation de jouer, de faire une petite animation. Si on me dit oui, je sors ma guitare et je fais une petite animation de quelques morceaux.

J’essaie toujours de m’adapter à l’établissement, à l’ambiance. J’essaie de sentir l’ambiance et en fonction de l’ambiance, je m’adapte et je vais toujours prendre des morceaux de mon propre répertoire, de mes propres compositions. Après, je passe avec le chapeau et si les gens veulent mettre une pièce, ils peuvent mettre une pièce, ils ne sont pas obligés et je vends mes CD. Je vis ainsi depuis six ans et cela me permet de décrocher tout un tas de contrats. C’est comme ça que les gens viennent vers moi et me disent : « Est-ce que tu fais des anniversaires, est-ce qu’on peut t’engager sur une scène ? » Maintenant, je vis aussi beaucoup par les contrats, cela à travers toute la Suisse et aussi un peu en Europe.

 

Sur mon vélo, j’ai toute ma cargaison, mon matériel de survie. C’est un matériel que j’ai inventé, qui me permet de dormir n’importe où, par n’importe quelle saison, dehors. Je ne suis pas vraiment dehors, parce que ce que j’ai inventé, c’est un sarcophage à sommeil, c’est comme ça que j’ai surnommé la chose. Quand je suis là-dedans, j’ai vraiment l’impression d’être dans un cocon. Les gens me disent : « Quoi, tu vis dehors, c’est incroyable, tu es une sorte de Robin des bois ? » Robin des bois, cela me plaît bien… C’est vrai que je vis dans la forêt. Le soir quand j’ai terminé mon travail vers une heure, deux heures du matin, je prends mon vélo et je sors des villes. Je peux me retrouver dans une grande ville, par exemple comme Lyon. L’autre jour, j’étais à Lyon, je sors de la ville et je me retrouve dans la nature. J’ouvre mon sarcophage comme une tente et je dors là.

 

Comment construis-tu tes albums, Oliver ?

Mes albums commencent vraiment en public. J’arrive dans un pub par exemple, soit je décide de jouer des morceaux que j’ai déjà composés, soit je décide de composer en direct. C’est ce que je fais énormément. La plupart du temps, même pendant les concerts, je peux avoir un répertoire très précis, mais je peux décider en fonction de mon humeur, de créer mes morceaux en direct, en public. C’est quelque chose que j’adore faire. Si je suis inspiré et comme je le fais pratiquement toutes les semaines, je n’ai pas un moment, un instant où je me mets quelque part pour répéter, quand je répète, je suis directement dans le public. Je répète directement en live en public et c’est là aussi où je compose. Je commence à improviser et sitôt que je trouve une suite d’accords et que je commence à chanter par-dessus, que je pose les choses, tout à coup je trouve quelque chose qui me plaît et je retravaille ça. Je retravaille et après je commence à faire mes compositions. En une semaine, je me fais environ trois morceaux structurés.

 

Tu composes un peu à la Pink Floyd, tu fais des expériences. Dans ton huitième album, il y a le bruit de l’ascenseur que tu prends.

Oui dans mon huitième album, il y a un morceau effectivement qui s’appelle « Scatman in Ascenseur ». Scatman, pourquoi ? Parce que je suis un scatman, un homme qui va utiliser sa voix comme instrument de musique en faisant des sons, des sortes de sons. Je fais un son de trompette par exemple. Je peux faire toutes sortes de choses avec ma bouche. J’utilise vraiment ma voix comme un instrument de musique, mais aussi ce qui m’intéresse beaucoup, c’est de faire de la musique avec rien. Je me trouve dans un ascenseur et c’est ce qui s’est passé là. J’étais dans un ascenseur et j’ai découvert des sons extraordinaires en tapant sur les parois. Rien qu’en tapant sur les parois et en chantant, j’ai fait un morceau comme ça.

 

Qu’est-ce que tu penses de la vie, de l’époque dans laquelle nous vivons ?

Moi je pense que j’ai vraiment beaucoup de chance, en tant que musicien, de vivre dans cette époque. Je ne voudrais pas vivre dans une autre époque. Pour la première fois, dans notre époque, on a des enregistrements de toutes les époques de musique, de tous les styles de musique du monde entier. On a vraiment toute la palette des influences. La palette des influences pour un musicien qui créée la musique et qui cherche à faire de nouvelles choses, c’est quelque chose de très important. La musique, je pense qu’il y a personne qui peut se passer de la musique. La musique, c’est quelque chose de très important. Heureusement qu’il y a des artistes qui sont là pour créer la musique.

 

Merci beaucoup pour ta présence Oliver, à la prochaine.

De rien. Merci de m’avoir invité.

 

 

Interview réalisée par César Carrasco

Texte retranscrit par Françoise Berthod