Sarah Castoldi :
Artiste peintre
Je
m’appelle Sarah Castoldi. J’habite à Cudrefin. Je fais de la peinture depuis une dizaine
d’années. Je fais de la peinture à l’huile. Je n’ai pas fait d’école, je suis
autodidacte. Voilà, c’est ma passion. Je ne peux pas me passer de la peinture
et c’est ça que j’aime.
J’ai
toujours aimé la poterie, déjà, pour commencer. Le dessin est venu un petit peu
plus tard, mais à l’école, je me souviens bien, j’aimais beaucoup le dessin
technique et tous les dessins un peu mandalas. J’aimais ça en fait. J’aimais
dessiner à l’école. J’aimais le dessin depuis longtemps, longtemps… J’ai passé
à la peinture après, plutôt vers les 20 ans. J’ai fait mes voyages dans le but
de tirer parti, surtout par rapport aux couleurs, par rapport aux gens, par
rapport aux différences d’ethnies, c’est sûr que c’est quelque chose qui m’inspire
et qui me donne envie de découvrir d’autres pays et d’autres façons de voir,
d’autres manières de penser m’aident pour ma création.
J’ai
des toiles où j’ai ma toile blanche et je fais ce qui me passe par la tête.
D’autres, oui, j’ai élaboré, j’ai pensé : « Cela pourrait être bien,
ça je pourrais essayer de faire », plus élaborer un sujet est quelque
chose qui me tenait à cœur.
J’ai
fait l’Amérique du Sud où j’ai tiré justement un petit peu ce mélange de
couleurs, beaucoup de mélanges de couleurs. J’ai fait l’Asie l’année passée.
L’Asie plutôt dans la méditation, les couleurs méditatives, les spirales. Les
passages, ce sont des toiles où je me suis posée des questions par rapport à la
mort, par rapport au corps matériel, physique et au passage de l’âme dans
l’au-delà. Au début, j’ai essayé de cicatriser des choses en commençant à
peindre, en élaborant des techniques et maintenant cela devient du plaisir. Ce
n’est plus pour exorciser quelque chose, c’est plutôt pour mon plaisir, pour me
sentir bien. C’est vraiment ma passion. C’est vraiment quelque chose que
j’aime.
Ce
tableau symbolise le passage de l’âme dans l’au-delà. Il veut exprimer
simplement qu’après le matériel vient le spirituel. J’ai une autre œuvre, c’est
un triptyque et j’ai créé ça dans le but de donner une épaisseur à ma toile,
parce que la peinture à l’huile, c’est très compact. J’ai créé ça avec un
système de douilles, de sac à douilles, où j’injecte ma peinture à l’intérieur
et j’ai commencé par une toile pour essayer de voir ce que cela donnait. J’ai
trouvé que c’était une très bonne technique. Vous avez un relief en fait, c’est
coloré, la peinture garde sa couleur et j’aime ce style un peu
« gâteau », cela fait un peu tutti frutti. Je trouve ça très
chouette.
Je
veux faire simple, ça c’est une toile, simplement une écriture sur toile, et
qui parle plutôt de renaissance, après la destruction. Après les nuages, il
vient le soleil… Mais cela parle de renaissance.
Pour
faire cette toile, je me suis inspirée de « L’île mystérieuse » de
Jules Verne et du capitaine Nemo.
J’ai
créé cette toile dans l’esprit du Maroc, des couleurs marocaines, le sable, la
chaleur et toujours avec cette même technique de douilles où je fais mes
inscriptions à main levée dessus.
Voilà
l’une de mes toiles que j’ai appelée « La lettre », que j’ai créée il
y a deux ans et demi où j’étais à Évolène. J’ai passé
trois mois à Évolène pour la création. J’aime
beaucoup cette toile, parce que le texte a été dicté par mon ami. C’est lui qui
a créé le texte. Moi, j’ai fait la peinture et au fur et à mesure que je
faisais la toile, il me dictait le texte et je trouve que cela donne un petit
quelque chose très personnel. C’est un peu un texte qui parle d’amour, de joie
et de bonheur. J’ai fait quelque chose d’écrit, parce que je trouvais que cela
donnait très, très bien et ça me faisait plaisir de mettre de l’écriture sur
l’une de mes toiles. Cela rend un peu ancien, cela fait un peu comme des hiéroglyphes,
des vieux écrits. C’est pour ça que j’ai créé ça comme ça.
Interview réalisée par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod