58ème Exposition romande d’oiseaux

 

 

Gilles Pillonel

 

La société a été créée maintenant il y a onze années. Cela fait maintenant dix ans que nous sommes affiliés à l’Association romande d’amateurs et de protecteurs d’oiseaux et c’est pour cette raison que nous avons choisi cette année d’organiser cette 58ème exposition romande.

 

Qui fait partie en gros de votre société, est-ce qu’il faut être spécialiste en oiseaux ?

Il n’y a pas besoin d’être spécialiste en oiseaux. On va acquérir au nombre des années, les connaissances suivant les races d’oiseaux que l’on a. Il n’y a pas besoin d’être un grand professionnel. On a beaucoup de discussions entre nous et on bénéficie des avantages de nos « anciens », je dirais entre guillemets, qui sont des personnes avec beaucoup de compétences.

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui aimerait acquérir pour la première fois des oiseaux, je dirais ?

Le plus simple serait de demander à une société d’ornithologie. Il y en a maintenant un peu dans toutes les régions de Suisse et c’est avec ces personnes-là qu’ils vont pouvoir demander ou se renseigner vis-à-vis des oiseaux qu’ils désirent avoir chez eux. Quelle grandeur de cage, quels soins à apporter à ces animaux-là et pour le bien-être de ces oiseaux.

 

Vous ne leur recommandez pas de passer par une animalerie conventionnelle, pourquoi ?

Ce n’est pas que je ne le recommande pas. À mon goût, je dirais que l’éleveur lui-même est plus à même de répondre à des questions tout à fait spécifiques au niveau de ces oiseaux-là. Peut-être un peu moins que les animaleries. Je n’aimerais pas me mettre les animaleries à dos, on est d’accord. Je comprends aussi qu’il y a des très bonnes personnes qui peuvent renseigner ces gens-là. Mais j’estime que pour ma part, un éleveur qui se contente d’une sorte d’espèces d’oiseaux ou deux, est plus à même à répondre que des animaleries qui ont plusieurs sortes d’oiseaux. Il faut en connaître quand même assez sur différentes races.

 

Je pense quand même qu’un oiseau acheté chez un éleveur est un peu plus cher que dans une animalerie ? Quels avantages on a vraiment de passer par un éleveur ?

Contrairement à ce que l’on croit, l’oiseau ne sera pas forcément plus cher chez un éleveur qu’une animalerie pour la simple et bonne raison, c’est que si nous, on est éleveur ce n’est pas pour faire du profit au niveau de nos oiseaux, c’est surtout pour vendre un oiseau qui sera d’une belle qualité, qui aura un beau plumage et tout. Il n’est pas forcément plus cher chez un éleveur qu’un autre. Par contre, il aura des conseils un peu plus avisés au niveau de cet oiseau-là.

 

Est-ce que vous vendez aveuglément n’importe quel oiseau à n’importe qui ?

C’est clair que non. On ne peut pas vendre, même un canari dans une toute petite cage. C’est comme on ne vend plus un poisson dans un aquarium rond. Cela ne se fait plus. On essaie de s’inquiéter et de faire un suivi de l’oiseau pour être sûr qu’il soit dans de bonnes conditions, qu’il soit bien traité, qu’il ait suffisamment d’espace. Il ne faut pas oublier qu’un oiseau ça vole et ça ne doit pas voler dans dix centimètres carrés. Il y faut de la place suivant la race. Une grande perruche, il vous faut au minimum une volière de deux mètres de long. C’est clair. Au niveau perroquet, c’est encore beaucoup plus grand. On tâche de faire un petit suivi de ces animaux-là et si la personne nous le demande, on peut très bien se déplacer et voir dans quelles conditions ils sont et apporter des petites améliorations pour le bien-être de nos oiseaux.

 

 

Jeanine Moulin

 

Vous êtes éleveuse et vous avez pas mal de titres ?

Oui. Disons que c’est mon mari qui a élevé des oiseaux depuis son enfance et moi je me suis prise au jeu il y a bien des années, lorsqu‘il y a eu la première exposition romande à Boudry qui était organisée par ceux de Neuchâtel. J’ai commencé à élever avec ma fille. C’est là que j’ai attrapé le virus et de fil en aiguille, on élève, on s’améliore, on change de race. Après on va aux expositions locales, aux romandes, aux suisses et après on peut aller aux mondiales.

 

Quels genres d’oiseaux élevez-vous et quels sont les titres que vous avez déjà obtenus ?

Alors, moi j’élève actuellement des frisés suisses. C’est une race suisse bien spéciale que l’on cherche à garder. Ce sont des oiseaux qui se tiennent bien droits et qui ont beaucoup de frisures. J’ai eu de la chance de reprendre l’élevage d’un monsieur très âgé, Mr. Haus, qui a arrêté et qui m’a transmis tous ses oiseaux, tout son matériel. Lui-même est très content que je continue sa souche et puis voilà. Alors, j’ai eu des titres de champion suisse et après j’ai eu d’autres oiseaux : les turquoisines et les bourques et là, j’ai été champion du monde avec ma turquoisine et 3ème avec mes bourques et j’ai été aussi au championnat d’Europe avec mon mari. Souvent, on arrive au même titre les deux à la même exposition. On a chacun nos races pour ne pas empiéter l’un sur l’autre. On a beaucoup de plaisir à s’occuper des oiseaux.

 

Est-ce que tout le monde peut venir avec son oiseau à une exposition ou à un concours ?

Pour exposer un oiseau, il faut déjà faire partie d’une société. Ensuite, on doit commander des bagues suisses. Sur les bagues, il y a le numéro de l’éleveur, un numéro d’oiseau, la grandeur de la bague et le drapeau suisse. Donc, ça c’est une chose qu’il faut acheter avant de commencer les oiseaux pour qu’on les ait le jour « J ». Alors, une fois qu’on a nos oiseaux au nid, et les petits naissent, on doit, dans les 10 premiers jours, leur mettre les bagues, d’une certaine façon, appropriée. Après on ne peut plus les enlever et on peut exposer les oiseaux à notre nom. Il n’est pas question d’exposer des oiseaux qui ne sont pas de notre élevage. C’est bien la bague qui en témoigne. Voyez, certains oiseaux, par exemple, les canaris on peut les exposer sur une année et plus les oiseaux viennent grands, plus on peut les exposer plus longtemps. Parce qu’il faut attendre qu’ils aient mué, qu’ils aient obtenu toutes leurs couleurs adéquates.

 

 

Charles-Henri Duperrut

 

Mesdames et messieurs bonjour ! Je vous apporte le salut du comité central. Je salue la présence de notre président d’honneur, M. Gilbert Tschoumy qui nous a fait l’honneur de sa visite. Je remercie la société de la Colombe qui a organisé cette 58ème exposition romande d’oiseaux. Ça s’est déroulé sans heurt et tout s’est bien passé jusqu’à maintenant. Je remercie aussi exposants et éleveurs de participer à cette exposition.

 

Notre association romande d’éleveurs d’oiseaux a été fondée en 1950 par six sociétés d’éleveurs, romands évidemment. Maintenant elle regroupe 27 sections réparties dans l’arc jurassien, notamment de Genève à Porrentruy et nous avons également deux sociétés dans le canton de fribourg et une en Valais. Nous regroupons à peu près 1 300 à 1 400 membres, ce qui représente à peu près le quart de l’association suisse des éleveurs d’oiseaux. Chaque année, donc depuis 1951, première exposition romande qui a été faite à la Chaux-de-Fonds, nous organisons une exposition romande avec une association locale. Cette année nous avons eu plus de 800 oiseaux exposés, ce qui correspond à une année moyenne pour l’élevage. Les meilleurs sont récompensés du titre de champion romand. Tous les oiseaux sont donc primés et jugés et les meilleurs partent ensuite à l’exposition nationale, voir à l’exposition mondiale.

 

Est-ce que c’est une passion qui coûte cher ?

Tout dépend ! On a, ce qu’on appelle des petits éleveurs, qui ont peut-être 2 ou3 couples à la maison pour qui ça ne coûte pas cher. Il y a d’autres éleveurs qui ont des oiseaux plus compliqués, plus rares, pour qui ça peut coûter très, très cher. Je dois dire une chose, parmi tous les éleveurs que je connais en Suisse romande en tout cas, c’est un hobby et personne ne gagne de l’argent.

 

 

Jeanine Moulin

 

Je crois savoir que vous vous occupez aussi des oiseaux blessés qu’on peut trouver dans la région de Boudry

Oui, on a une autorisation de l’État pour s’occuper des oiseaux blessés. On reçoit beaucoup de téléphones : « Où est-ce qu’on peut apporter l’oiseau ? Qu’est-ce qu’il a ? Comment peut-on le soigner ? » Alors, il est évident que quand on s’occupe d’oiseaux, on les soigne. On les relâche le plus vite possible.

 

Celui qui trouverait un oiseau blessé, comment fait-il ?

Alors il peut nous téléphoner, il peut obtenir notre numéro de téléphone à la police ou à la station de Sempach. Suivant la localité où il habite, il y a d’autres stations qui prennent aussi les oiseaux, donc on va les diriger vers la station la plus proche. Concernant les rapaces, c’est le Bois du Petit Château qui s’occupe d’eux. Parce que selon la nouvelle loi fédérale, on ne peut plus s’occuper des rapaces. Ils doivent avoir des volières spéciales, donc soit on téléphone au garde-faune, soit on les apporte au Bois du Petit Château.

 

C’est très important pour certaines personnes ; il y en a qui sont malades ou qui ont des problèmes de santé. Alors le fait d’élever des oiseaux, ça leur change les idées. Cela leur fait presque un petit médicament et puis on voit autour de nous que ça fait du bien à certaines personnes. On est calme, on s’occupe des oiseaux et bien sûr après on a les résultats. Si on fait des concours, c’est appréciable.

 

 

Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par François Gombàs