Fête de
Albeiro Sarria
C’est
l’Association colombienne Maloka. Elle a été
constituée en 2004. Maloka veut dire « la maison
de tous ». La base de cette maison, c’est qu’on veut partager tout notre
savoir, toute notre culture sur le monde de
Oweimar Agudelo
Vous venez de présenter des danses
colombiennes dans le festival de Maloka. D’abord,
quel est votre nom ?
Je
m’appelle Oweimar Agudelo.
Vous êtes Colombien ?
Je
viens d’origine de
Cela fait beaucoup d’années que vous
êtes en Suisse ?
Cela
fait déjà dix ans.
Vous vivez de la présentation de vos
danses ?
Non,
non. Je le fais à côté. C’est par plaisir et c’est pendant mon temps libre que
je partage cet amour pour la danse colombienne.
En Colombie, on soutient beaucoup le
folklore ?
Non,
malheureusement pas. Il y a certains artistes qui ont fait que le folklore soit
pris en compte, c’est-à-dire il y a Carlos Bivé qui a
pris un peu l’image qui faisait partie du folklore et lui a donné une nouvelle
touche. Du coup, il y a des générations qui se sont intéressées. Il y a
Alexandre Kabas, qui est un artiste assez connu
maintenant. Il prend beaucoup du folklore et ça donne un air du folklore. Mais
malheureusement ce qui domine, ce sont les choses qui viennent d’ailleurs. Les
gens s’intéressent de moins en moins et c’est plutôt ce qui vient d’ailleurs
qui intéressent les gens. Mais en même temps, il y a beaucoup de festivités.
C’est entre-deux. Il y a beaucoup de festivités où les racines folkloriques
apparaissent et les gens ne se rendent pas compte d’où ça vient. Il y a encore
beaucoup de fêtes, heureusement dans le carnaval de Barranquilla. On danse
encore la cumbia, c’est bien. C’est à travers ça, le
carnaval El Diablo, on danse encore avec les flûtes. À
Pasto aussi dans le carnaval, c’est là qu’il y a le folklore qui prône encore.
Mais la plupart des gens ne savent pas, ne connaissent pas le folklore colombien.
Martin Bernet
Vous êtes le curé qui s’occupe du groupe
de Colombiens qui sont venus ici, le petit cirque ?
Ce
n’est pas moi qui les ai invités, c’est « Missio »
de Fribourg qui les a invités, mais moi, je les reçois pour ces quatre jours en
Suisse romande.
Vous êtes au fond aussi l’un des
initiateurs ?
Un
des initiateurs, oui. On était une équipe missionnaire de trois personnes. Moi,
comme suisse romand avec deux missionnaires d’Allemagne et ensemble on s’est
occupé de cette paroisse pendant quelques années dans le cadre de notre travail
pastoral qu’est née l’idée de lancer une école de cirque. Ensuite, ils ont pris
le nom de « Circo y Teatro
Capuchini ».
Comment est venue l’idée de le
créer ?
Au
niveau des paroisses d’Aguablanca, à ce moment-là, il
y avait neuf paroisses. On se voit une fois par mois pour réfléchir un peu
quels types de pastorat, quels types de travail on peut faire avec les gens,
quels sont les besoins d’abord, etc. Tout de suite, on s’est rendu compte que
le gros problème, c’était les jeunes. Les jeunes, parce que les gens arrivent
dans ce bidonville et les jeunes, qu’est-ce qu’ils font ? Ils vont
peut-être quelques années à l’école, tant que les parents peuvent encore payer
ou un jour sur deux ou un mois sur deux, ils sont à l’école et un mois, ils ne
sont pas là, parce qu’ils ne peuvent pas payer ! Après, ils se retrouvent
dans la rue et en Colombie, il y a beaucoup de violence. Beaucoup vivent
d’expédients ou de la délinquance ou ils sont recrutés par la guérilla ou par
d’autres groupes armés et il y a aussi le problème de « limpieza sociale ». Tous ces dangers, on disait
« los jovenes en alto riesgo » les jeunes en péril.
Pour
la majorité d’entre eux, l’avenir est complètement bouché. Comment peut-on leur
donner une motivation pour se former, pour s’organiser, pour essayer de faire
quelque chose. Il faut les prendre déjà très jeune et on a commencé à faire un
peu un travail de jonglage, d’acrobatie avec eux. Cela leur a plu et c’est
comme ça que l’idée d’un cirque est partie. C’est un travail de prévention
contre la violence, contre la drogue et un travail d’éducation, de formation
humaine.
Elizabeth Garcia
Quel est ton nom et que fais-tu ?
Je
m’appelle Elizabeth Garcia Para et je participe au projet du cirque et théâtre Capuchini depuis 13 ans et ma fonction dans le projet est
d’enseigner l’acte de feu aux enfants et aux jeunes.
Pourrais-tu nous expliquer ce qu’est le
projet du cirque et théâtre Capuchini ?
Le
cirque est né il y a 13 ans à Cali en Colombie dans le
quartier d’Aguablanca et nous avons commencé par
faire des activités récréatives avec des enfants et l’aide d’un missionnaire,
Erwin Shäfer, qui nous a donné l’idée de faire un
cirque et nous avons commencé ce projet et amené d’autres enfants et jeunes du
quartier.
Qui est en charge du projet
aujourd’hui ?
Le
coordinateur actuel et représentant légal, c’est Alexander Diaz Montenegro, c’est lui qui est à la tête du projet.
Alexander Diaz Montenegro
Bonjour Alexander. As-tu également été
invité depuis
Nous
avons tous été invités par « Missio » pour
5 semaines afin de présenter le projet à différents organismes et pour
présenter toutes les activités avec les enfants et les jeunes d’Aguablanca.
Vous faites aussi des tournées avec le
cirque en Colombie ?
Oui,
nous sommes liés à un réseau d’artistes qui fait partie de l’église, ce qui
nous a permis de faire des représentations dans différentes parties de
Est-ce que vous pensez continuer avec le
cirque ou est-ce que c’est juste une activité passagère ?
Bien
sûr. On a toujours pensé continuer ce projet pour aider les enfants et les
jeunes d’Aguablanca. Aguablanca
est un quartier très populaire de Cali avec des conditions très difficiles et
le projet permet aux jeunes de ne pas traîner dans la rue, d’être plus patients
et de ne pas créer plus de problèmes sociaux et nous voulons continuer à
travailler avec eux naturellement à long terme.
Merci Alexander et bonne continuation.
Merci
à vous de nous accompagner dans nos activités.
Gladis Aeberli
Vous vous appelez Gladis
Aeberli. Vous êtes du Paraguay et aujourd’hui vous
allez donner un cours de danse. Comment êtes-vous venue en Suisse ?
C’est
une très longue histoire, parce qu’à l’époque j’étais professionnelle de la
musique et de la danse traditionnelle de mon pays. Je suis venue en Suisse avec
mes parents, qui eux-mêmes, sont aussi des enseignants de l’art musical paraguayen
et c’est comme ça que je suis arrivée en Suisse, juste pour me produire avec
mes parents en groupe. Ensuite, j’ai rencontré mon mari et me voilà en Suisse
depuis vingt ans déjà !
Cela fait un bon moment et vous aimez
être ici ?
Oui,
j’aime beaucoup parce que c’est un paysage complètement différent. On dit
souvent que
Comment t’es venue l’idée de te
concentrer aux enfants, je veux dire, en ce qui concerne la danse ?
Je
trouve que c’est très important de pouvoir transmettre notre culture aux
enfants. Moi-même, j’ai deux enfants, j’ai deux filles et je suis ravie de
pouvoir leur parler ma langue déjà en espagnol et comme vous le savez au
Paraguay, il parle aussi le guarani. Déjà, qu’elles puissent comprendre quel
genre de musique nous avons au Paraguay, qu’elles soient familiarisées à ce
genre de musique, pourquoi pas la danse ? C’est si beau…
Aujourd’hui, vous allez faire de la
danse colombienne, alors c’est quel style ?
Cela
sera plutôt le style de la cumbia avec le pas de base
de la danse traditionnelle la cumbia comme cela se
fait en Colombie. Le premier mot qui me vient en tête pour décrire ce que je
fais avec les enfants, au travers de l’enseignement de la culture de la danse
traditionnelle, c’est le plaisir ! Beaucoup de plaisir.
Si tu pouvais juste nous dire d’où ça
vient cette ouverture que tu as ?
En
fait, je suis née dans une famille d’artistes. Je suis née au milieu des gens
qui font de la musique, qui aiment l’art, qui vivent de l’art et c’est par là,
je pense, que vient cette ouverture de vouloir transmettre cette joie que j’ai
en moi de connaître d’où je viens et comment c’est chez moi, de pouvoir montrer
aux autres, communiquer aux autres, transmettre aux autres ce que je suis, d’où
je viens…
Les cours que vous allez donner
aujourd’hui, ça été organisé par une association au milieu d’un festival ?
Voilà
exactement. C’est l’association Maloka.
C’est une association fondée par des
Colombiens qui sont ici à Neuchâtel en 2004 et comment avez-vous connu cette
association ?
Cette
association avant même qu’elle soit née, j’ai rencontré déjà des personnes, qui
aujourd’hui sont à l’origine de cette association et je peux vous dire que ce
sont de très bons amis que j’ai. Je suis là volontiers pour m’unir avec eux et
vivre cette aventure magnifique de transmettre le folklore.
Interviews réalisées par Linda Fischer
et César Carrasco
Texte retranscrit par Françoise Berthod