Centre-nature ASPO de La Sauge

 

 

François Turrian

 

Ce centre a été créé en 2001. Nous sommes ici au bord des plus grandes réserves ornithologiques de Suisse. L’idée, pour l’association suisse pour la protection des oiseaux, c’était d’offrir un lieu d’information du public et de sensibilisation du public à la richesse de la nature et à l’importance aussi de préserver cette nature. C’est aussi le siège romand de l’Association suisse pour la protection des oiseaux avec toute sa structure fédéraliste. Nous travaillons effectivement aussi beaucoup avec l’étranger, puisque nous sommes le partenaire en Suisse de BirdLife International qui est une grande organisation de protection des oiseaux et de la biodiversité. Effectivement, nous contribuons aussi par un soutien à des projets internationaux, par exemple en Europe de l’Est, pour acheter des terrains qui sont très intéressants du point de vue de la nature. Également en Asie du Sud-Est où là, on a des hot spots de biodiversité, c’est-à-dire des endroits particulièrement riches en nature comme à Sumatra où là, il s’agit effectivement d’amener des moyens financiers, mais aussi un peu de support pour pouvoir essayer de mieux préserver la nature contre les dangers notamment de la déforestation.

 

On peut venir en visitant librement, en faisant le tour du parcours, en visitant les observatoires qui permettent d’approcher les animaux et les oiseaux de tout près. Le visiteur peut aussi réserver une visite guidée, notamment si on est plusieurs familles ou des classes d’école ou des groupes de différentes natures. Nous organisons effectivement des visites guidées ou des animations ici dans le cadre du domaine de La Sauge ou dans les réserves naturelles qui sont tout près et qui permettent de découvrir aussi d’autres aspects de la protection de la nature et les oiseaux. On a aussi des films à disposition du public que les gens peuvent voir. On a des animations durant le week-end. Là, les visiteurs peuvent réserver aussi une animation. On peut aussi réserver peut-être des activités éducatives aussi. On organise par exemple, cette année, une campagne sur les escargots. On encourage les gens à recenser les escargots dans le cadre de l’année de Darwin. C’est toutes sortes de prestations qu’on peut découvrir ici à La Sauge ou sur notre site Internet.

 

La Sauge est construite comme un complexe touristique où l’on a effectivement à côté du centre, une auberge où l’on peut manger, se restaurer et on peut aussi, pourquoi pas, dormir puisqu’il y a un petit hôtel attenant à cette auberge. A côté, il y a aussi la ferme qui développe des produits biologiques qui est en relation avec le domaine du Chat Noir à Mur. Il y a différentes prestations qui sont offertes sur le site de La Sauge.

 

 

Layne Meinich

 

Cette année, au centre Natura-ASPO de La Sauge, on a une nouvelle exposition qui s’appelle « Ciel, où sont nos oiseaux ? » C’est une exposition qui a été conçue par le Musée d’histoire naturelle de Lucerne. Le sujet, c’est les oiseaux en Suisse dans différents milieux. Quels sont les oiseaux qu’on trouve dans ces milieux ? Quels sont les dangers que rencontrent ces oiseaux et qu’est-ce que nous, on peut faire au quotidien pour les aider ? Cette année, on a trois modules : un module ville et village, un module zone agricole et un module zone humide. L’année prochaine, on garde le module zone humide et on aura deux nouveaux modules sur la forêt et sur la montagne. C’est une exposition interactive avec des jeux, très instructive et les visiteurs, en tous cas, nous donnent beaucoup d’échos positifs sur cette exposition.

 

On est au bord de la Grande Cariçaie. C’est une zone qui était totalement recouverte par le lac avant les corrections des eaux du Jura, toute cette zone était sous l’eau. Maintenant avec la correction des eaux du Jura, le niveau du lac s’est abaissé et l’on se trouve maintenant dans une forêt et c’est la forêt qu’on appelle « La Frênaie ». C’est une forêt où l’arbre dominant, c’est des frênes. C’est des arbres qui supportent très bien l’humidité dans le sol. Ils peuvent avoir les racines sous l’eau pendant plusieurs mois. C’est une espèce qui supporte très bien ça. Si on regarde dans cette forêt, on ne trouvera pas de conifères, on ne trouvera pas, pour la plupart des gens, quand on parle de forêts, on s’attend à trouver des sapins. Mais là, on n’a pas de sapins, c’est ce qu’on appelle une forêt riveraine, avec principalement des frênes. On peut y trouver beaucoup d’espèces d’oiseaux comme le pinson. Le pinson qui est l’oiseau le plus fréquent en Suisse. Mais on y trouve aussi le bruant jaune, le rouge queue à front blanc, la fauvette à tête noire et on trouve aussi des chauves-souris. Si l’on regarde sur l’arbre là-haut, on voit un nichoir à chauves-souris et juste au-dessus une cavité. C’est une forêt qui abrite aussi une grande diversité.

 

Dans la Grande Cariçaie, on a déjà trouvé plus de trois cents espèces d’oiseaux. En Suisse normalement, on a deux cents espèces d’oiseaux caractéristiques en Suisse, mais avec tous les oiseaux migrateurs et des fois les oiseaux rares qui passent par ici, on a déjà trouvé dans la réserve de la Grande Cariçaie, plus de trois cents espèces. C’est vraiment un lieu très important pour la protection des oiseaux. C’est des lieux très importants pour les oiseaux migrateurs qui peuvent s’arrêter ici, se reposer, trouver du calme et de la nourriture.

 

En ce moment, on est mi-avril. Il y a les batraciens par exemple, maintenant on voit beaucoup, beaucoup de grenouilles vertes. Il y a les grenouilles rousses qui sont venues pondre. On voit beaucoup d’insectes aquatiques aussi, beaucoup d’oiseaux. Il y a déjà eu pas mal d’oiseaux qui sont arrivés pour une étape de migration et qui sont partis. Par exemple, les sarcelles d’hiver, les sarcelles d’été. En ce moment, il y a les limicoles qui arrivent. Les limicoles, ce sont des oiseaux qui sont assez haut sur pattes et qui mangent surtout dans la vase. En ce moment, on a le chevalier aboyeur. C’est un très bel oiseau avec le ventre blanc et le plumage plutôt gris sur le dos avec un cou gris et blanc tacheté. Un oiseau très intéressant avec un bec assez long, un tout petit peu recourbé vers le haut. Sinon, on a aussi beaucoup d’espèces d’oiseaux d’eau comme la nette rousse, ce magnifique petit canard dont le mâle a une tête vraiment rousse, un beau bec rouge. On a aussi des oiseaux qu’on voit plus souvent comme le canard colvert, la foulque, le cygne. Évidemment, on a des cygnes ici et beaucoup d’oiseaux qu’on peut entendre dans la forêt. Comme c’est une zone très calme, beaucoup d’oiseaux profitent du calme et de la nourriture qu’ils trouvent ici. On a aussi des chauves-souris. On a des castors. Pas très loin dans la Broye, il y a des castors, il y a une famille de castors qui est là. Pour revenir aux oiseaux, l’emblème du Centre-nature, c’est le martin pêcheur. Il y a chaque année un couple qui niche ici. C’est magnifique, parce que depuis les observatoires, on peut vraiment le voir. C’est un oiseau superbe avec des couleurs vraiment, vraiment superbes. On peut voir toute l’étape de la reproduction en passant de la cour où le mâle cherche à offrir des offrandes à la femelle, à la sortie des petits, du nid.

 

Il y a beaucoup de choses qu’on peut faire, chacun dans son quotidien, pour favoriser la nature près de chez soi. Par exemple, on peut installer des nichoirs sous son toit, des nichoirs à hirondelles. Si on a un jardin, sur les arbres, on peut installer un nichoir pour les cavernicoles, par exemple les mésanges. Des nichoirs pour l’oiseau de l’année qui est le rouge queue à front blanc, qui est un oiseau typique des zones agricoles et qui a besoin des vieux arbres. Malheureusement, maintenant dans les vergers, il y a de moins en moins de vieux arbres dans lesquels ils peuvent trouver des cavités où nicher. Chez soi, on peut avoir des nichoirs. On peut aussi laisser des tas de pierres. Là, c’est favorable pour les reptiles comme pour les lézards par exemple ou des escargots. On peut laisser des tas de bois. C’est favorable aux petits rongeurs comme le campagnol, pour les hérissons et ce qui est très important, si l’on veut des oiseaux dans son jardin, il faut une grande diversité florale. Par exemple, laisser des haies avec de la végétation de chez nous. Cela va produire beaucoup de fruits, ça va attirer des insectes. C’est bien si l’on veut des oiseaux dans son jardin… favoriser la présence des oiseaux dans son jardin. Si l’on veut favoriser une grande diversité florale dans son jardin, c’est bien de faucher la vieille végétation morte juste avant le début du printemps. Comme ça, cela permet de laisser des zones nues, des zones de terre nues, où les nouvelles graines pourront venir s’implanter. Ca permet à une végétation qu’on dit pionnière, c’est-à-dire une végétation des zones pas encore occupées par beaucoup d’autres plantes de pousser. Donc, ça permet aussi à une grande diversité de fleurs de pousser. Qui dit grande diversité de fleurs, dit grande diversité d’insectes et qui dit grande diversité d’insectes dit grande diversité d’oiseaux…

 

 

François Turrian

 

Vous n’avez pas besoin d’aller jusqu’en Afrique ou en Amérique du Sud pour voir des très beaux oiseaux. Il suffit d’ouvrir un peu les yeux, de se promener et peut-être d’être accompagné une fois par un spécialiste et vous pouvez avoir la chance de voir de magnifiques oiseaux ici à La Sauge.

 

 

Interviews réalisées par Linda Fischer

Texte retranscrit par Françoise Berthod