Monsieur David Lack :
Musicien
Aujourd’hui, nous sommes dans un atelier
de musique qui a été monté par M. David Lack, bonjour
M. Lack.
Bonjour.
Vous êtes musicien professionnel, vous
avez fait une formation de musique classique, de violon, de piano. Vous faites
aussi de la musique moderne avec du piano électrique. Comment avez-vous choisi
cette profession ?
À
la base, c’était une envie très, très forte de pratiquer la musique. Quand je
dis à la base, vers l’âge de huit ans, j’ai bassiné mes parents pour pouvoir
jouer du violon et à force d’insister, ils ont fini par craquer et j’ai eu mon
premier violon. J’ai commencé de pratiquer cet instrument et j’en ai joué
jusqu’à l’âge de 26 ans. Après, petit à petit, l’envie de m’élargir dans la
musique a été assez forte pour que je me décide à prendre un instrument qui
offrait beaucoup plus de possibilités au niveau de la composition, au niveau de
l’arrangement, des choses comme ça et petit à petit, j’ai bifurqué sur le
piano. Mais assez tard, d’ailleurs, j’ai commencé. J’en jouais pour moi
évidemment depuis ma toute jeune adolescence, mais après, j’ai commencé
sérieusement à travailler cet instrument peut-être vers 18 ans, comme ça….
relativement tard. La musique s’est imposée à moi comme une évidence. Ce
n’était en fait pas possible d’imaginer que je fasse autre chose.
J’ai vu que vous avez quand même fait
une carrière pas mal. Vous faites des compositions, des arrangements pour le
théâtre. Vous avez même aussi déjà fait une revue avec Cuche
et Barbezat. Expliquez-nous un petit peu ce parcours.
On
a l’occasion de faire des choses. On rencontre des gens. Il y a des
possibilités qui se présentent et des contacts, des connaissances et petit à
petit, on a l’occasion de travailler sur différents projets. Après avoir fait
ma formation vraiment spécifique pour la musique, c’est-à-dire après l’école
traditionnelle et Lycée que j’ai fait à Neuchâtel. Je suis allé me former à
Lausanne, à l’École de jazz et musique actuelle pendant six ans. Après petit à
petit, j’ai commencé d’exercer mon métier à gauche, à droite. En jouant dans
une petite formation qui a joué sur telle scène, qui a été vue par telle
personne ou comédien ou producteur…je ne sais quoi, qui nous approche en nous
disant : « Votre truc-là, ça m’intéresse ». Petit à petit, on
arrive à travailler sur des projets comme justement la revue de Cuche et Barbezat. D’autres
projets, j’ai eu l’occasion de travailler pas mal pour le théâtre aussi, la
composition musicale pour le théâtre.
Entre-temps, vous avez fondé un chœur.
Vous avez donc encore rajouté le chant, c’est le groupe Crescendo que vous avez
fondé en 2004 ? Comment et pourquoi avez-vous changé encore une fois
d’instrument, parce que c’est la voix maintenant ?
En
fait, c’était une évolution toute naturelle. J’ai petit à petit avec mon
travail sur le piano, j’ai eu envie au-delà de la composition instrumentale,
d’écrire des chansons. À la base, je ne chantais pas, je n’écrivais pas de
textes, parce que je m’en sentais absolument incapable. Petit à petit, j’ai eu
envie d’écrire. J’ai écrit des textes qui finalement ont pris formes en
devenant des chansons. J’ai composé la musique aussi et me disant :
« Est-ce que je ne vais pas les interpréter moi-même, les chanter moi-même ? »
Je me suis lancé, j’ai lancé mes propres chansons en créant une première
formation où on était trois personnes qui chantions et
moi j’étais au piano. On a joué pendant plusieurs années à travers
Extrait d’une répétition
Comme nous l’avons vu dans ce petit
extrait, c’est quand même spécial comme spectacle. Vous faites de la chanson
française, vous faites un scénario. Comment développez-vous tout ça ?
L’idée
de Crescendo est d’être ouverte à tout à chacun, chanteurs amateurs qui a envie
de se faire plaisir, qui a envie de pratiquer le chant. Et lors des concerts,
j’entoure le groupe de professionnels du spectacle, ça signifie que j’engage un
peu avant un metteur en scène avec qui on travaille pendant plusieurs semaines
avec des musiciens professionnels, des techniciens au niveau du son, au niveau
de la lumière. Vraiment le groupe se retrouve dans des conditions réelles de
spectacle. Ce metteur en scène qui est Jeff, un comédien et qui travaille dans
le domaine du spectacle depuis de nombreuses années. Il y a trois ans, on est
allé pour la première fois au théâtre du Passage. On s’est produit à Neuchâtel
au théâtre du Passage et à ce moment-là, je lui ai demandé s’il était d’accord
de venir travailler avec nous pour préparer nos spectacles et depuis, chaque
année, on a remis ça.
N’avez-vous jamais songé aller
travailler à l’étranger, en France, à Paris ou quelque chose comme ça comme le
font beaucoup ?
Il
y a plusieurs choses. La première, c’est que je ne sais pas, c’est que
peut-être, cela ne s’est jamais donné. J’ai évidemment déjà donné des concerts
à l’étranger, mais par contre de monter à Paris pour aller faire carrière, j’ai
aussi un petit peu la tendance à penser qu’effectivement d’aller où les choses
se passent, c’est sûrement quelque chose de bien. À partir de là, tout le monde
va où les choses se passent… Évidemment qu’il y a une grosse, grosse quantité
de personnes qui sont sur le marché. Du coup, qui diminuent automatiquement les
chances de pouvoir travailler. J’ai quelques connaissances qui ont fait ça, qui
font ça pour qui ce n’est pas tout facile, facile. Il y a quand même beaucoup
de choses à faire ici. Alors, j’ai la chance de maintenant, moi, pouvoir vivre
de mon métier de la musique, ma passion ici. Ça marche bien, ça se passe bien.
Mais comme artiste musicien pour que ça
se passe bien, on doit quand même être polyvalent ?
Oui,
il faut être polyvalent. Je donne des cours. Je donne quelques cours depuis
maintenant pas loin de vingt ans. Ce que j’ai remarqué dans le domaine de la
musique en réalité, c’est qu’il faut vraiment s’accrocher. Il faut être très,
très motivé. Une fois qu’on a réussi à passer le cap le plus difficile, les
dix, quinze premières années, après, on a la chance de gentiment avoir des
ouvertures de plus en plus importantes, c’est-à-dire que des gens viennent et
le travail d’enseignement, pour moi en tout cas, reste une part qui n’est pas
trop importante. J’arrive avec les demandes que l’on me fait, les commandes que
l’on me fait au niveau de la composition, la création, les arrangements d’avoir
de plus en plus de demandes dans ce sens-là et du coup, garder l’enseignement
comme part de plaisir et pas uniquement une part alimentaire comme c’est le cas
de beaucoup d’artistes.
Si moi j’aimerais venir prendre des cours
chez vous, que pourriez-vous m’offrir ?
Il
y a un tas de choses qui sont possibles. Évidemment qu’à la base, je suis
pianiste. Je donne quand même des cours de piano. Il y a beaucoup de
possibilités au niveau des claviers électriques, les synthés, les qui vox, des
choses comme ça. Après, il y a tout ce qui touche au domaine du chant sur le
chant de groupe, la pratique de la chanson. La chanson française, la variété,
etc. Je travaille aussi dans une école à Neuchâtel, une école de musique
actuelle où je suis aussi professeur de clavier.
On pourrait aussi se faire aider par
vous, si quelqu’un a une composition dans la tête et il se dit qu’il y a un
petit truc qui manque ? On pourrait aussi avoir votre soutien.
Bien
sûr, oui, oui. Cela peut se passer de diverses manières, c’est-à-dire que cela
peut-être quelqu’un qui est en train de monter un spectacle. Je travaille
parfois avec des écoles, avec des enseignants qui montent des spectacles et je
les entoure pour tout ce qui est du domaine artistique. Des gens qui
effectivement sont dans le domaine de la chanson et qui ont besoin de coup de
main pour faire des arrangements, de développer des idées qu’ils ont et de les
mettre en musique, en forme. C’est très, très large.
Merci M. Lack
de nous avoir reçus dans votre studio. Je vous souhaite une bonne continuation.
Merci
beaucoup.
Extrait d’une répétition
Interview réalisée par Linda Fischer
Texte retranscrit par Françoise Berthod