Valérie Verdier : Artiste peintre
Bonjour.
Je vais commencer par vous présenter les lieux. Ici, nous sommes à Cressier. Ce
n’est pas une galerie. Les gens qui tiennent cet endroit, tiennent également à
ce que cela s’appelle un atelier, parce qu’ici les artistes qui peuvent exposer
n’exposent pas que des tableaux. Ils peuvent exposer également de la poterie,
des bijoux, toutes formes d’art.
Je
suis Française de nationalité. Cela fait environ six ans que je suis en Suisse.
Ma profession, c’est infirmière, responsable dans un foyer semi-médicalisé et
j’ai une passion qui est la peinture. Actuellement, j’expose au PoinD’Ex et je vais vous parler un petit peu de ce que je
fais au niveau peinture.
Par
exemple, il y a un tableau que j’ai fait qui s’appelle « L’enfant
roi » que j’ai démarré avec une petite fille. Je l’ai gardé et je lui ai
redonné un autre tableau. Moi, ce qui me motive dans tout ce que je fais, c’est
la couleur. Il faut absolument que ce soit très coloré et des fois, je rhabille
les tableaux, deux, trois, quatre, dix fois, jusqu’à ce que j’ai trouvé
l’assemblage des couleurs. Généralement, tout est extrêmement coloré comme vous
pouvez le constater sur les tableaux qui vous sont présentés. Ce tableau-là est
une bonne illustration. Je ne fais pas que des tableaux avec de la peinture,
mais j’utilise des techniques mixtes, c’est-à-dire du collage… Ici, il y a pas
mal de collages, des fleurs que j’ai rajoutées, que j’ai collées. Il y a des
brillants que je colle. J’ai peut-être gardé mon esprit enfant, très fort, et
ça ressort un petit peu dans ce que je présente.
Par
exemple ça, j’ai peint le fond en vert, j’en ai fait, je ne sais pas, cinq ou
six toiles et après j’ai pris chaque toile qui était de couleurs différentes et
sur ce vert-là, j’ai eu envie de faire des taches. J’ai fait des taches et un
assemblage autour ; j’ai mis des brillants. Je me suis dit, il manque
quelque chose. J’ai des plumes aussi pour décorer et je lui ai mis trois plumes
et je l’ai appelé « French Cancan », du brillant dessus. Il a été pas
très long à faire, mais ça m’a énormément amusé. Ce tableau-là, je suis partie…
J’ai fait deux ronds tout simplement et je ne savais pas du tout ce que
j’allais faire et, par la suite, j’ai pris un crayon et j’ai fait des formes
dans tous les sens et il en est ressorti des espèces de petits lutins et après
j’ai fait une association de collages. Là, j’en ai fait un aquarium qui n’a
rien à voir quand même avec une représentation de clips qui est dans l’autre
rond. J’aime bien faire du papier mâché, faire des objets en papier mâché.
Entre autres, il y a cette araignée que vous avez là à côté de vous où tout a
été fait… C’est vraiment une araignée loufoque avec une belle perruque. Elle
fait
Maintenant,
je vais vous parler d’une autre technique que je fais également. J’ai découvert
ça seule et on m’a dit que ça rentrait dans l’acte de painting. Il y a un fond
de couleurs et c’est pour moi, des jeux de doigts. Ma profession, c’est
infirmière. J’ai une ou deux seringues chez moi et je m’amuse aussi à gicler à
l’aide des seringues, de la peinture. J’emploie des fourchettes. J’emploie
toutes sortes d’ustensiles pour avoir fait, entre autres, celui-ci.
Là,
je vais vous parler de ce tableau, que j’aime énormément, qui est issu… Vous
savez, chaque année, il y a des calendriers. Il y avait sur un calendrier, une
représentation d’oiseaux et j’ai pris l’idée de ce que je peux prendre comme
base de départ et ensuite je l’ai arrangé à ma façon, toujours dans l’esprit
très vif. L’orange, les oiseaux, l’encadrement où j’ai mis des brillants. Voilà,
je voulais présenter celui-ci, parce que je le trouve particulièrement joli et
il m’a été demandé deux fois à être fait. Je me suis vraiment trouvée. Ce n’est
pas un besoin, c’est un bien-être. C’est-à-dire que maintenant quand je suis
dans la peinture ou dans la fabrication d’objets en papier mâché, autour de
moi, je n’entends pas s’il y a quelqu’un. Je ne vois plus rien. Je suis
complètement dans ce que je fais, même s’il y a beaucoup de choses qui
paraissent comme des tableaux enfantins ou des couleurs dans tous les sens.
Mais je vis, ce que je suis en train de faire, à ce moment-là. Vraiment, le
début, ça été cette prise de conscience d’un mauvais fonctionnement personnel
et cette mise à l’écart et cette grande chance que j’ai eue en fin de compte,
cette prise de conscience et je suis passée par l’atelier. J’ai commencé à
peindre et voilà, je n’arrête plus. La peinture me permet vraiment le
bien-être, des moments de joie et aussi de démarrer quelque chose, mais d’aller
vraiment jusqu’au bout. Il faut que je sente quand je n’ai plus rien à y
mettre. S’il me faut, je ne sais pas, deux semaines, trois semaines, un mois,
ça va être ça. Comme la peinture est une thérapie, on pourrait penser que je peux
y déposer ma tristesse ou autre, mais pas du tout. Je ressors ma joie, même la
joie que j’ai en moi et ça se sent par toutes les couleurs qui sont présentes
et toutes les formes. Il y a un endroit où j’ai exposé et j’ai un ami qui m’a
donné un retour et il m’a dit : « Quand j’ai vu ce que tu as exposé,
je me suis dit, ça c’est Valérie tout craché. » Les tableaux ne
m’appartiennent pas. Moi, je les ai faits. Les tableaux appartiennent à ceux
qui les regardent. De cette exposition, c’est que les gens puissent prendre du
plaisir à regarder les tableaux. Chacun y voit, ce qu’il a envie d’y voir ou
selon son émotivité, sa sensibilité. Chacun ne voit pas la même chose dans un
tableau. C’est extrêmement diversifié ce que je fais. Je pense que je permets
aux gens, à beaucoup de gens de s’approprier une interprétation travail.
Texte retranscrit par Françoise Berthod