Concours hippique de Faoug 2009

 

 

Sibil Isenring

 

On est une société qui a surtout maintenant des cavaliers de loisirs. Avant, c’était plutôt dans le saut. La société est originaire des dragons anciennement. Maintenant ça a changé, il y a des gens qui font du dressage et du saut. On organise un concours de saut par année. En général, un rallye aussi l’automne. C’est un assez petit club. On a une quarantaine de membres, autant de membres passifs qui sont anciens ou plus âgés.

 

Est-ce qu’aujourd’hui, c’est plus difficile pour ces clubs de vivre ? Est-ce qu’il y a toujours plus de personnes, toujours moins de personnes ?

Toujours un peu le même nombre de personnes. Mais ce qu’on constate, de plus en plus les gens deviennent individualistes. On a de la peine à trouver des aides, des bénévoles pour des organisations comme ici. On préfère payer et ne pas avoir d’obligation de venir travailler.

 

Là, ce week-end à Avenches, c’est quand même utile. Vous permettez à des très, très jeunes cavaliers, cavalières de pouvoir courir.

Oui, on aime bien travailler, organiser et se plaindre en même temps ! Oui, j’ai eu ce matin des gens qui manquaient, qui étaient sur la liste pour le plan de travail ou qui sont venus trop tard. Des fois, ça nous stresse un peu. Finalement, ça va quand même toujours. C’est vrai que les gens ont du plaisir à venir, surtout s’il fait un temps comme aujourd’hui. C’est parfait. On ne peut pas demander mieux.

 

Qu’est-ce qu’il y a eu comme concours, il y en a eu plusieurs sortes différents ?

Hier, on a eu des épreuves officielles, des R1 et R2. Aujourd’hui, c’est du libre. Le matin, c’est des épreuves débutants pour ceux qui font leur premier concours ou qui viennent avec des tous jeunes chevaux. À midi ici, on aura une épreuve de loisir entre un cycliste et un cavalier. Ils font en quelque sorte un concours d’équipe. L’après-midi, il y a des libres, mais un peu plus haut, pour ceux qui sont déjà un peu plus confirmés.

 

Ce n’est pas un sport très moderne, l’équitation ?

Non, ce sont les jeunes filles qui sont toujours, à un moment, fanatiques du cheval. On a toujours des jeunes qui viennent ici. Je pense qu’ils aiment bien aussi venir. Après, c’est un peu trop sport, les gens sont trop motivés, trop stress. Je ne sais pas s’il y a l’amour pour l’animal qui compte un peu moins. On voit un peu de tout ici. Aussi ceux qui aiment bien leurs chevaux.

 

Ce n’est pas un sport dangereux. On a vu quelques chutes, mais c’est rarement des accidents graves ou bien, ça peut faire peur aux parents peut-être ?

Oui, ça nous fait peur aussi des fois. En général, ça va. Mais il y a un risque d’accidents plus élevé que si l’on fait de la marche ou comme ça. Un animal, on n’arrive pas à le gérer complètement, alors… Dangereux, je ne sais pas.

 

Pas plus dangereux que la moto ?

Non. Je ne pense pas.

 

 

Melinda Carvalho

 

Vous avez gagné maintenant une épreuve qu’on estime, qu’on dit 60 à 80 centimètres. Ce n’est pas la première fois que vous gagnez une course ?

Si, c’est la première fois pour moi que je gagne vraiment. Sinon, c’est le dressage que j’ai gagné, mais le saut, c’est la première fois.

 

Alors, c’est un grand moment pour vous ?

Oui, pas mal.

 

Vous faites plusieurs choses. Le dressage, c’est complètement différent ?

Oui, c’est différent. Mais moi, je trouve que ça aide avec le travail des chevaux ; ils connaissent plus. C’est beaucoup plus facile de faire le rythme dans un parcours après, quand ils sont un peu entraînés aussi au dressage. Moi, j’aime bien combiner les deux choses.

 

Vous pensez que pour une cavalière, ça serait bien de commencer par le dressage avant de faire du saut ?

Non, pas ça, mais faire les deux choses. Même si on ne fait pas les tournois de dressage. Quand même à la maison, il faut s’entraîner un petit peu à ça, pas toujours les sauts.

 

Aujourd’hui, dans les médias, on parle beaucoup de football, on parle beaucoup de hockey sur glace surtout à Bienne, mais le sport que vous pratiquez a une réputation d’un sport où il faut être très, très riche. C’est vrai ou c’est faux ?

Pour moi, ce n’est pas vrai. Il y a différentes écoles d’équitation. Il y en a des plus chères que d’autres. Moi, je ne suis pas riche. Si on veut avoir un cheval soi-même, là, bien sûr qu’il faut de l’argent, mais si on est dans une école comme moi, ça va, ça marche.

 

On n’est pas obligé d’acheter un cheval ?

Non, pas du tout.

 

Le cheval avec qui vous sautez, c’est un cheval qui appartient à l’école ?

Oui, il appartient à l’école de Meinisberg, à Mme Schmid. Je suis là depuis neuf ans. J’ai commencé à faire de l’équitation. Maintenant, j’ai vingt ans et je suis encore là. J’ai commencé à faire les tournois. Il ne faut pas avoir de cheval à soi.

 

Cela permet de commencer, de voir si cela nous plaît ou pas et on peut toujours acheter un cheval après ?

Oui, bien sûr. C’est ça que je recommanderais, parce qu’acheter un cheval si on ne sait pas si on aime l’équitation, ce n’est pas très intelligent…

 

Et pour réussir ce que vous avez réussi aujourd’hui, vous faites combien d’heures de cheval par semaine ou par mois ?

Combien d’heures ? Je ne sais même pas. Mais je vais cinq fois par semaine et aussi avec différents chevaux. C’est le deuxième tournoi que j’ai fait avec ce cheval et ça marche. Le cavalier remarque si c’est un cheval pour lui ou pas et si ça fonctionne ou pas. Si on a un cheval qu’on n’aime pas, dont on a peur, là, ça prend plus de temps pour réussir quelque chose. Avec lui, ça marche pas mal…

 

 

Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod