Courses de VTT à Colombier : 19ème édition

 

 

Nicolas Lüthi

 

Racontez-nous un petit peu la course d’aujourd’hui. Une arrivée au sprint, ce n’est pas forcément évident ?

Non, ce n’est pas forcément évident et je me suis un peu décroché au premier tour. J’ai fait les ¾ du premier tour tout seul devant et je savais bien que ça n’allait malheureusement pas continuer tout le long comme ça. Je me suis fait reprendre en faisant plus ou moins exprès. Après, j’ai attendu sagement mon heure pour l’arrivée au sprint.

 

Quand on fait figure de favori quand même, ce n’est pas facile ?

Je fais figure de favori, mais ce n’est pas une course de route où il y a un jeu d’équipe ou comme ça. C’est quand même une course de VTT. C’est généralement le plus fort qui gagne. Ce n’est pas comme en route où l’on peut se faire coincer comme ça. On arrive, on est 4-5 à se pointer, ce n’est pas un sprint massif où il y a 50 gars qui sprintent.

 

Ce parcours de Planeyse par rapport à tous les autres parcours que tu connais, comment est-ce qu’il est ?

C’est une course assez particulière. C’est relativement plat. Une enfilade, une petite montée. C’est relativement roulant et rapide. On s’adapte. C’est toujours un peu les mêmes qui sont devant. On est de toute façon content de faire une course et il y a une bonne ambiance. Le public peut se déplacer à plusieurs endroits pour nous voir partout. Il y a vraiment une super ambiance et cela fait toujours plaisir de venir ici.

 

Parlons de l’ambiance. Le cyclisme sur route est pas mal décrié avec toutes les histoires qu’il y a eu. Le VTT, c’est encore toute autre chose ?

Oui, le VTT, c’est complètement différent. Il y a beaucoup moins d’histoires de dopage. Il n’y a rien à gagner. Il y en a très, très peu qui vivent du sport de haut niveau en VTT. Pour gagner rien, les gens hésitent plutôt à deux fois de se foutre en l’air la santé…

 

Qu’est-ce que vous diriez à des parents qui auraient leurs enfants très jeunes qui aimeraient faire du VTT ? C’est un truc de casse-cou ou c’est vraiment le top ?

Non, c’est idéal pour découvrir la nature, pour se faire plaisir dans la nature où il y a des paysages qu’on découvre, qu’on ne découvrirait pas en faisant du foot ou de la natation… C’est vraiment un sport en plein air. C’est des boucles qu’on a à faire. C’est vraiment sympa. Il y a vraiment une ambiance familiale, tout le monde se connaît. Je donne personnellement des cours à des jeunes le mercredi après-midi. S’il y a des jeunes qui sont motivés, rendez-vous à Saint-Blaise à 16 heures le mercredi après-midi.

 

 

Joris Boillat

 

Avant de démarrer cette saison 2009, un petit retour sur l’année passée. Comment cela s’est passé pour vous ?

Ça c’est plutôt bien passé. On a eu beaucoup de plaisir avec l’équipe. On a fait pas mal de bonnes courses au niveau régional. Après pour moi, cela s’est un peu moins bien passé au niveau international, au niveau coupe suisse. J’ai fait un peu une petite saison à ce niveau-là. Je crois qu’autrement il y a eu beaucoup de plaisir sur les courses régionales.

 

C’était un petit peu les débuts de l’équipe, l’année passée ?

Oui, c’était un peu le début de l’équipe. La structure s’est mise en place, je crois que s’est bien allé.

 

Aujourd’hui, on peut dire que l’équipe est en train de se roder. Ce n’est pas la première course cette année, comment cela se passe cette année 2009 ?

Ça se passe vraiment bien. Pour ma part, je me suis bien remis en question. Je me suis bien entouré au niveau entraîneur, tout ça et j’ai commencé le début de saison sur les Coupes d’Espagne. J’ai pris une belle 16ème place et une 3ème place qui étaient vraiment de bons augures pour le moral. J’arrive ici, c’est clair 4ème. J’ai essayé de me placer pour le sprint. Ça allait très vite, mais je ne peux pas dire que je ne suis pas satisfait. Une 4ème place, c’est quand même bien !

 

Lüthi est un peu imbattable au sprint ?

On ne peut pas dire qu’il soit imbattable, mais je crois qu’il est très rapide, alors voilà…

 

Il n’y a pas tellement de jeux d’équipes au VTT, racontez-nous un peu, c’est chacun pour soi quand même ?

C’est vraiment chacun pour soi. On a chacun son rythme, on va dire, c’est très dur de faire une course d’équipe.

 

Aujourd’hui une bonne course et l’avenir c’est quoi pour cet été ?

Je continue surla Coupesuisse de Soleure dans deux semaines. Il y en a généralement 7. J’essaye de grappiller quelques rangs au général.

 

On vous souhaite une bonne saison et beaucoup de succès.

Merci à vous.

 

 

Philippe Clerc

 

Parlez-nous peut-être de votre club.

C’est un club qui fête cette année son 75ème anniversaire. A cette occasion, nous avons organisé une jolie fête au château de Colombier qui a réuni pas mal de personnalités, dont Bertrand Duboux, Bouillon, Jean-Jacques Loup. Toutes ces personnalités ont eu un grand plaisir à participer à cette soirée.

 

Ce club a vraiment un immense succès. Il est loin de disparaître. Il y a toujours plus de jeunes passionnés par le vélo ?

C’est clair qu’il y a toujours des hauts et des bas. Tout d’un coup, les jeunes ça vient, ça repart. C’est vrai que c’est un club qui fonctionne bien. On a un bon comité qui est bien stable depuis plusieurs années. Cela se base surtout sur quelques personnes. C’est toujours la même chose dans ces clubs de bénévoles. Là, on a la chance d’avoir un chouette comité, des bons entraîneurs et les jeunes, ça suit…

 

Qu’est-ce que vous offrez justement aux jeunes de Colombier ou de la région qui viennent chez vous ?

On leur propose différents entraînements, que ce soit en vélo pour les petits, le mercredi. Le jeudi soir également. L’hiver, on a de la condition physique en salle ici à Colombier. On a également la piscine le dimanche matin où ils peuvent en bénéficier également à Colombier, avec différentes activités et des sorties. On leur fait des camps d’entraînement. On va en faire un les 9 et 10 mai au Val-de-Travers au Centre sportif. Nos plus grands sont partis à Majorque à la semaine de relâche du 1er mars. On essaye de leur proposer un grand nombre d’activités.

 

Chaque année, ça se déroule à Planeyse, un endroit idéal pour ça ?

Oui effectivement. Planeyse, c’est une vaste plaine. Pour les spectateurs, c’est assez spectaculaire, ça va assez vite. C’est une course qui n’est pas trop difficile. C’est vraiment l’idéal. C’est un bon prologue pour le début de saison.

 

Tout le monde peut vraiment y participer depuis les plus petits jusqu’à des gens très expérimentés comme Lüthi et Cie ?

Oui tout à fait. On a les enfants qui vont courir cet après-midi. C’est un véritable plaisir, les poussins, c’est magnifique. Effectivement, il y a les cadors du canton ou dela Romandiequi sont parmi nous.

 

Le parcours ici à Planeyse, comment est-ce qu’on peut le qualifier ? Il est facile, difficile, très difficile ?

Au niveau difficultés sur le papier, il paraît relativement facile, parce qu’il n’y a pas d’énormes montées. Mais je peux vous dire que sur le terrain de Planeyse ça paraît plat, mais il n’y a pas beaucoup de rendement. C’est un terrain qui est quand même très exigeant. Tout le monde peut le faire, peut y participer. Mais par contre, suivant la vitesse à laquelle on y va, c’est beaucoup plus dur quand on va très, très vite. C’est clair.

 

On a vu des gens relativement jeunes avoir de la peine ce matin vers la montée où il y a les antennes de télévision. Le VTT demande quand même de l’entraînement, on ne se lance pas comme ça d’un jour à l’autre ?

C’est clair que le vélo, c’est sûr que c’est un sport qui demande énormément d’entraînement. Vous faites une demi-heure, une heure de course à pied, c’est déjà énorme. Une heure de vélo, c’est quasiment rien. Ça demande un temps pas possible. C’est vrai que c’est très, très exigeant. Mais par contre, ça apporte beaucoup de satisfaction personnelle. Quelqu’un qui a fait 5 à6000 kilomètrespar année, il a un bien-être, il se sent super bien dans sa peau.

 

Le VTT, c’était une mode tout au début. Aujourd’hui, on voit que ça devient aussi important que le vélo sur route ?

Moi, je dirais même plus. Je viens du vélo de route, c’est clair. C’est vrai que le VTT, ça touche maintenant tout le monde. Avant le vélo sur route, je n’ai pu commencer le vélo qu’à l’âge de 13 à 14 ans. Avant, ça n’existait pas. Maintenant, on voit les petits, ils ont 4 à 5 ans. Ils sont déjà sur leur VTT. C’est une super école. On essaye après de les amener gentiment à la route. Quelqu’un qui veut beaucoup progresser en VTT, est obligé de faire du vélo de route. C’est une magnifique école. La technique, c’est ludique. On peut faire des jeux, le plaisir, la nature. Je crois que c’est surtout ça l’important…

 

On dit que les jeunes aujourd’hui, ils en ont que pour l’informatique. Ils n’ont plus tellement le goût ou l’envie de faire des efforts, le VTT, ce n’est quand même pas tout à fait le cas, alors vous vous occupez de jeunes. Comment on fait pour les faire souffrir, pour les motiver, pour les obliger à se dépasser presque ?

Dans un premier temps, on les amène gentiment en leur donnant du plaisir. Moi souvent je m’arrête même avec eux en leur disant : « Regardez voir le lac, le ciel bleu, la nature ! » On voit toutes les saisons ; les arbres changent. Il n’y a plus de feuilles. Il y a des feuilles jaunes. C’est magnifique. On essaye déjà de leur donner goût et après, c’est eux-mêmes, dans les courses, qui aimeraient battre le voisin, le concurrent de devant, etc. gagner une place. Ça vient naturellement, la compétition. On ne va pas les forcer trop, trop vite. Nous, on essaye vraiment de donner le plaisir…

 

Le plaisir avant la compétition ?

En tout cas, chez nous, oui. Je me faisais la réflexion il y a quelques semaines avec un ancien président du club. On se disait, moi maintenant cela fait une vingtaine d’années que je suis dedans au niveau du comité ou de la présidence. C’est vrai qu’on a vu passer énormément de jeunes et je crois que la plus grosse satisfaction pour nous, c’est que tous ces jeunes ont bien tourné dans la vie. On a eu des champions. On a eu Florian Ludi. C’est super quand il y a les résultats qui suivent après. Mais quand un jeune peut bien partir dans la vie, avoir un bon équilibre et réussir des études, un apprentissage, je crois que c’est ça le plus important.

 

Vous, qui avez de l’expérience, vous pensez que le vélo est une bonne école de vie ?

Oui, bien sûr comme parmi d’autres sports. Effectivement, c’est une très bonne école de vie. C’est un sport individuel, mais quand même, il y a une bonne camaraderie. Tout à fait, je crois que c’est une très bonne école de vie…

 

 

Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod