Chorales du Val-de-Ruz :
Giron 2009
Eddy Blandenier
C’est
ce qu’on appelle la fête du Giron des chanteurs du Val-de-Ruz.
C’est une fête qui a lieu à peu près une fois par année. À tour de rôle, les
chorales du Val-de-Ruz accueillent les autres
chorales et cette année, c’était le tour de
Vous dites, quelque chose de particulier
cette fois ?
Oui,
particulier dans le sens où nous avons proposé la formule d’un mini-festival où les chorales chantent dans une salle et la
fête se passe dans une autre, ce qui donne plus de qualité à l’écoute, plus de
qualité dans la présentation pour la chorale et plus de temps aussi, parce que
les années précédentes, chaque chorale passait pour deux chants et ça se
passait sur une après-midi. Cette année, on a choisi de présenter les choses
dès le matin. Ce matin, il y avait deux chorales et cet après-midi, il y en a
quatre qui vont passer dans la salle de concerts, plus une cinquième après,
dans la salle de fêtes. Nous avons aussi innové en invitant des chorales de
l’extérieur. Des chorales qui ont une particularité, c’est-à-dire on a invité
des gens qui font autres chose que ce que font les chorales d’ici. Par exemple,
hier soir, il y avait la chorale Rocking-Chair de
Et comment se porte la chorale dans le Val-de-Ruz, le monde de la chorale, le monde de la
chanson ?
Le
monde de la chorale, il a des hauts et des bas. Il y a des sociétés qui vont
bien. Il y a des sociétés qui vont un petit peu moins bien, qui s’essoufflent.
Mais généralement on voit depuis quelques années, une progression dans la
qualité des chorales. Je crois qu’on peut dire ceci, c’est que depuis quelques
années, des musiciens professionnels s’intéressent aux chorales amateures et aux chorales populaires. Il y a un renouveau
qui vient avec des gens qui apportent autre chose et qui ont une qualité
musicale, une exigence musicale qui est différente de ce qui pouvait, peut-être,
se passer précédemment ou il y a 20 ans en arrière. C’était plus une activité
sociale de village, alors que maintenant c’est plutôt un intérêt pour la
musique d’un certain nombre de personnes. Si on prend
Pendant pas mal d’années, les jeunes ont
boudé les chorales en disant que c’était un truc pour les vieux. Il semble qu’on
en voit de plus en plus.
On
en voit de plus en plus, parce que prenez une chorale qui fait du rock, une
chorale qui fait du gospel, ça bouge. Ce n’est plus les chants populaires, tels
qu’on les apprenait à l’école et qu’on reprend ensuite dans les chorales. Il y
a un renouveau intéressant. Certaines chorales travaillent avec des musiciens,
par exemple, à
Est-ce que le Giron a lieu chaque
année ?
C’est
pendant trois ans et la quatrième année quand il y a
Le Val-de-Ruz
est vraiment une vallée très dynamique ?
Oui,
il s’y passe beaucoup de choses comme ailleurs dans le Canton. Comme on le
disait tout à l’heure aussi, il y a une question de mobilité. Les gens se
déplacent beaucoup plus facilement si le programme est intéressant, si les
propositions sont attractives, les gens ne se gênent pas de se déplacer. Par
contre, on a moins la garantie d’avoir le public du village… Pourtant, hier
soir, on était très content. Bien des villageois sont venus découvrir ce programme
et notamment le Band d’Eben-Hézer
qui a fait une prestation extrêmement intéressante.
Anne Rémond
Le
Tuesday’s Gospel de Colombier est un groupe de gospel qui est né il y a deux
ans pour créer une animation dans certains cultes. Au bout de trois mois, ils
ont choisi de continuer l’aventure. Cette première aventure avait commencé avec
Laurence Guillod, une soprano, une de mes amies qui
n’a pas pu continuer. Elle m’a proposé de reprendre le flambeau. Le groupe est
composé d’une trentaine de membres, dont le président est Vincent Steiner. Les
répétitions ont lieu le mardi de 19h45 à 21h15 et nous vous attendons nombreux…
Le répertoire, tout ce qui est
gospel ?
Tout
ce qui est gospel et negro spirituals.
Vous savez ça par cœur, c’est quoi
l’origine du gospel ?
Ce
sont les « work songs ».
C’était des chants de travail, parce qu’ils n’avaient pas le droit de parler.
Le
groupe que vous avez vu tout à l’heure, c’est l’Union chorale de Dombresson-Villiers, dont le président est Pierre Schneck. Il est composé d’une vingtaine de membres et
répète tous les lundis soir de 20h00 à 22h00. Nous sommes toujours à la
recherche de nouveaux membres. Le répertoire est très varié comme vous avez pu
le voir. On va du gospel au classique en passant par l’opéra religieux, du
populaire et du traditionnel.
Est-ce qu’il est difficile de recruter
des jeunes, c’est toujours un peu vieillot dit-on des chorales ? Les
jeunes ont de la peine à venir.
Quand
on dit qu’on va chanter dans une chorale, cela fait toujours très ringard.
Alors que le chant, c’est magnifique, c’est un don de soi, ça demande une
générosité. Je ne veux pas vous dire le contraire, je suis chanteuse, je trouve
que c’est extraordinaire d’avoir la possibilité de chanter et de partager ce
chant autant avec les autres dans le chœur, autant en concert. Je pense que le
problème des jeunes aujourd’hui, qu’on retrouve souvent, c’est l’histoire de
l’engagement. C’est-à-dire que les gens n’arrivent pas à se dire que tous les
lundis soirs, ils vont aller au chœur. On a besoin, on
a envie d’avoir un panel d’activités possibles en fonction de l’humeur du jour.
Et je trouve que c’est justement ça qui est dommage. Ce que je trouve dommage,
c’est qu’on retrouve aussi ça dans les équipes de foot et compagnie. Moi, j’ai
du mal à comprendre et pour un chef après, c’est très difficile de travailler
l’homogénéité d’un chœur, des voix, des nuances, alors qu’une fois sur deux, il
manque des personnes…
Que peuvent faire les chœurs pour
attirer les jeunes ? Changer de répertoires, ils le font déjà ?
Je
pense qu’en tout cas, en ce qui me concerne, autant avec le chœur de l’Union
chorale de Dombresson-Villiers, autant avec chœur de
Vous venez du lyrique, vous faites de la
chorale, ce n’est pas pareil quand même ?
Ce
n’est pas pareil, mais ce n’est pas si extrême que ça. Tout chanteur classique,
lyrique, a forcément une formation chorale et est amené dans sa vie de chanteur
à faire également du chœur, on va dire, que ce soit du chœur d’opéra ou du
chœur d’oratorio. Je pense qu’aujourd’hui, on ne peut pas se dire :
« Moi, je suis chanteur d’opéra et je ne chante que de l’opéra et ne faire
que des solos. » C’est un petit peu présomptueux, surtout vu la période
actuelle.
Le
chœur mixte de
Ernest Eicher
Je
suis le Directeur du yodleur club de l’Écho du Val-de-Ruz depuis bien des années. Je ne sais même plus
exactement, j’ai commencé, je crois en 1993 ou 94.
Parlez-nous un peu de ce club. Un club
qui n’est pas tout jeune ?
Non.
Ce club a cette année soixante-et-un ans. L’année
passée, on a fêté 60 ans avec la sortie d’un CD. Ce club a été fondé par
quelques jeunes amis yodleurs qui se retrouvaient de
temps en temps à une fête ou à une kermesse. Ils se sont dits qu’au Val-de-Ruz, il manquait un yodleur
club et on pourrait bien faire quelque chose. C’est de là qu’est parti le yodleur club de l’Écho du Val-de-Ruz.
Il y a eu des hauts et des bas ou ça se
maintient ?
Disons
que depuis que j’y suis, ça se maintient très bien. On a toujours été une
chorale assez nombreuse, pas loin de 20 et actuellement même 25 chanteurs. Un
bon nombre de chanteurs pour présenter quelque chose de bien.
Ce n’est pas réservé au plus de 50 ans.
Quel est le plus jeune et quel est le plus âgé ?
Les
plus jeunes, ce qui est des hommes, ils peuvent venir après l’école, s’ils ont
mué par exemple, s’ils vont chanter dans les basses ou dans les ténors, il n’y
a aucun problème, jusqu’à il n’y a pas d’âge… de 7 à 77 ans.
Le plus jeune actuellement ?
C’est
des chanteuses, la plus jeune a 19 ans. Le plus âgé… il y a les deux qui ont
cinquante ans de chant cette année. Ils ont passé la septantaine.
Je
me souviens dans les années fin 80, 90, il semblait que c’était un petit peu en
déclin le folklore, le yodle surtout. Actuellement, il y a un renouveau qu’on
ressent aussi dans la musique champêtre, le chant, le yodle. Nous, la venue de
trois ou quatre nouveaux membres, des jeunes surtout, qui aiment ça et qui
retrouvent un peu leur source.
Comment vous expliquez ce renouveau du
yodle ? C’est vrai que de voir des jeunes, c’est surprenant et en plus ils
mettent de l’ambiance, de la vie.
Exactement.
Oui, c’est vrai qu’il y a une certaine contrainte, mais si on le fait avec
plaisir pour présenter quelque chose, on peut présenter son pays dont on est
fier, sa région, chanter, les chants parlent souvent de la nature, de nos
montagnes et autres. On évolue aussi comme vous l’avez entendu tout à l’heure.
C’est un chant à la base qui est de l’Amérique du Sud qui parle du Condor, qui
parle des gens qui rentrent après leur travail et je suis heureux de voir qu’on
évolue quand même dans une certaine ouverture.
Dites-nous pourquoi les Armaillis
yodlaient dans nos montagnes ?
Les
Armaillis, c’est quelque chose, ça existe depuis 1900. Au tout début, ces
Armaillis qui étaient sur ces montagnes, voilà pour s’appeler, quand ils
avaient fini leur travail, ils s’appelaient et ils poussaient une youtze, ils poussaient une yodlé et l’autre, il répondait.
Ils faisaient l’écho et de temps en temps, ils se retrouvaient autour d’une
table, le soir et ils ont commencé de faire ces « nature youtzes » comme on les appelle, qui ne sont pas
écrits. Simplement, il y en a un qui commence, il chante en voix de tête, les
autres suivent. L’un ou l’autre en basse, etc. C’est de là qu’est partie cette
histoire. Cela ne date pas, ce n’est pas très, très vieux. Ce n’est pas de 500
ou 600 ans comme il y a beaucoup de gens qui croient, c’est parti dans les
années 1900 et il y a les premiers compositeurs qui ont composé les chants
yodlés, c’étaient vers 1915, 1920.
Quelqu’un qui aimerait faire partie de
votre groupe, comment est-ce qu’il doit faire, comment est-ce qu’il doit
procéder ?
Tout
simplement. Il vient chez nous et le lundi soir, je regarde moi-même quelle est
sa voix, si éventuellement il a déjà chanté quelque part et il peut une fois
essayer de yodler, de chanter en voix de tête. Ensuite suivant comment le
chanteur se ressent, il peut essayer de yodler… Il faut à la base avoir une
bonne oreille et un certain don pour yodler, typiquement yodler, chanter les
versets, l’accompagnement qui se fait en général avec de légers
accompagnements, ça va assez facilement…
Interviews réalisées par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod