38ème Fête jurassienne de musique

 

 

Gérard Cattin

 

La Fête jurassienne de musique est le rassemblement des musiciennes et musiciens de la Fédération jurassienne de musique. Cette fédération comprend des sociétaires du canton du Jura, du Jura bernois et de Bienne. Elle a lieu tous les 5 ans. Nous en sommes donc à la 38ème édition ici sur le Plateau de Diesse. En règle générale, cette fête se déplace dans chacun des districts où il existe des sections. Les sociétés qui participent à la Fête jurassienne de musique ont différentes possibilités, notamment et la principale, celle de participer à un concours dans lequel on retrouve différentes catégories, également différents types de formation, brass band et harmonie fanfare. Elles ont ensuite une autre possibilité de se produire en prestations libres, c’est-à-dire qu’elles n’obtiennent pas de points. Elles ne reçoivent qu’une critique orale du jury. Enfin, elles ont une troisième possibilité de se produire en concert et ça a été le cas hier, samedi, des quatre Big Band qui font partie de notre fédération qui se sont produits en concert à La Neuveville et ici, sur le Plateau de Diesse, à Prêles. Dernier exercice auquel elles doivent s’astreindre, c’est le concours de marche, qui lui aussi est facultatif. Par contre, le cortège est obligatoire et toutes sociétés qui s’inscrivent à la Fête jurassienne doit défiler devant un public que nous souhaitons nombreux.

 

Comme tous les examens et comme toutes les évaluations, effectivement, le concours, bien évidemment, a pour but d’affuter un peu les rivalités entre les différentes sociétés. C’est une rivalité saine, amicale qui permet de se comparer et le but deuxième, mais important aussi, c’est de progresser. Ces concours sont importants dans le sens où ils font l’objet d’un rapport circonstancié qui permet alors de corriger les erreurs, de s’améliorer et de repartir avec un bonus pour finalement s’améliorer et remplir la mission des fanfares, celle de faire plaisir au public, parce que c’est bien là, le but de notre société. Une particularité des fanfares « harmonie » et brass band, c’est de réunir en leur sein un tissu social très différent, que ce soit en âge, que ce soit en sexe, que ce soit en nationalité. Maintenant, je crois que tous les musiciennes et tous les musiciens se donnent de la peine pour présenter un spectacle intéressant. C’est vrai qu’au départ, lorsqu’il faut s’inscrire, lorsqu’on est au mois de septembre, octobre de l’année qui précède, il y a une certaine réticence. Mais plus la fête approche, plus l’envie de bien faire, l’envie de sortir grandi de cette fête naît au sein des musiciens et, bien évidemment, au sein du collectif des sociétés.

 

Comme dans toutes les régions, bien évidemment, le loisir collectif a de la peine à continuer de s’affirmer. Il faut le dire, nous vivons dans une société plus individualiste, mais je crois que l’effort de recrutement porte ses fruits. Nous avons un concept de formation qui donne des résultats intéressants. C’est vrai que dans la lutte que se livre les différents types de loisirs, la fanfare n’occupe pas le premier rang. Par contre, je dois dire que nous avons un renouvellement constant. Nous avons deux mille musiciennes et musiciens, c’est quand même un effectif important, 75 sociétés. Je constate un phénomène ; ce n’est pas tant que les jeunes ne viennent pas dans les fanfares à 12, 13, 14 ans. Ce que nous constatons, c’est qu’ils quittent les sociétés beaucoup plus vite. Dès l’âge de 25 ans, les études terminées, la situation familiale qui change, ces jeunes quittent nos sociétés et rejoignent des loisirs plus individuels, parce qu’ils ont charge de famille, parce qu’ils ont un engagement professionnel. Et ce que nous devons faire, c’est à ce niveau-là, c’est de garder les musiciennes et les musiciens qui ont entre 25 et 45 ans.

 

Effectivement, je crois que le répertoire a évolué, il évolue sans cesse. Mais il doit aussi continuer d’évoluer vers de la musique plus moderne, plus divertissante. Il faut se tourner peut-être aussi vers des formes de mixage de musiques : musique et chants, musique et accordéon, musique de fanfare et guitare, fanfare et d’autres formes de musique et là, je crois qu’il y a un créneau à exploiter pour rendre la musique attractive, pour que le public aussi s’identifie. Je crois que les gens sont contents et fiers, lorsque les gens viennent les écouter. Il ne fait pas bon faire de la musique pour soi-même. On fait surtout de la musique pour les autres. L’évolution va maintenant vers un travail par projet, c’est-à-dire travailler sur un concert trois mois, et de travailler peut-être un peu plus intensément, mais de manière plus courte. De travailler pour un concours et de rassembler les musiciens moins longtemps et de leur donner des moments de pause pour qu’ils puissent s’occuper à autre chose.

 

 

Interview réalisée par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod