38ème Fête jurassienne de
musique
Gérard Cattin
Comme
tous les examens et comme toutes les évaluations, effectivement, le concours,
bien évidemment, a pour but d’affuter un peu les rivalités entre les
différentes sociétés. C’est une rivalité saine, amicale qui permet de se
comparer et le but deuxième, mais important aussi, c’est de progresser. Ces
concours sont importants dans le sens où ils font l’objet d’un rapport
circonstancié qui permet alors de corriger les erreurs, de s’améliorer et de
repartir avec un bonus pour finalement s’améliorer et remplir la mission des
fanfares, celle de faire plaisir au public, parce que c’est bien là, le but de
notre société. Une particularité des fanfares « harmonie » et brass band, c’est de réunir en leur sein un tissu social
très différent, que ce soit en âge, que ce soit en sexe, que ce soit en
nationalité. Maintenant, je crois que tous les musiciennes et tous les
musiciens se donnent de la peine pour présenter un spectacle intéressant. C’est
vrai qu’au départ, lorsqu’il faut s’inscrire, lorsqu’on est au mois de
septembre, octobre de l’année qui précède, il y a une certaine réticence. Mais
plus la fête approche, plus l’envie de bien faire, l’envie de sortir grandi de
cette fête naît au sein des musiciens et, bien évidemment, au sein du collectif
des sociétés.
Comme
dans toutes les régions, bien évidemment, le loisir collectif a de la peine à
continuer de s’affirmer. Il faut le dire, nous vivons dans une société plus
individualiste, mais je crois que l’effort de recrutement porte ses fruits.
Nous avons un concept de formation qui donne des résultats intéressants. C’est
vrai que dans la lutte que se livre les différents types de loisirs, la fanfare
n’occupe pas le premier rang. Par contre, je dois dire que nous avons un
renouvellement constant. Nous avons deux mille musiciennes et musiciens, c’est
quand même un effectif important, 75 sociétés. Je constate un phénomène ; ce
n’est pas tant que les jeunes ne viennent pas dans les fanfares à 12, 13, 14
ans. Ce que nous constatons, c’est qu’ils quittent les sociétés beaucoup plus
vite. Dès l’âge de 25 ans, les études terminées, la situation familiale qui
change, ces jeunes quittent nos sociétés et rejoignent des loisirs plus
individuels, parce qu’ils ont charge de famille, parce qu’ils ont un engagement
professionnel. Et ce que nous devons faire, c’est à ce niveau-là, c’est de
garder les musiciennes et les musiciens qui ont entre 25 et 45 ans.
Effectivement,
je crois que le répertoire a évolué, il évolue sans cesse. Mais il doit aussi
continuer d’évoluer vers de la musique plus moderne, plus divertissante. Il
faut se tourner peut-être aussi vers des formes de mixage de musiques :
musique et chants, musique et accordéon, musique de fanfare et guitare, fanfare
et d’autres formes de musique et là, je crois qu’il y a un créneau à exploiter
pour rendre la musique attractive, pour que le public aussi s’identifie. Je
crois que les gens sont contents et fiers, lorsque les gens viennent les
écouter. Il ne fait pas bon faire de la musique pour soi-même. On fait surtout
de la musique pour les autres. L’évolution va maintenant vers un travail par
projet, c’est-à-dire travailler sur un concert trois mois, et de travailler
peut-être un peu plus intensément, mais de manière plus courte. De travailler
pour un concours et de rassembler les musiciens moins longtemps et de leur
donner des moments de pause pour qu’ils puissent s’occuper à autre chose.
Interview réalisée par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod