Landeron Classic 2009
Eddy Burgener
On peut commencer comme ça en m’expliquant
peut-être ce que c’est qu’est votre association ?
L’Association
de
C’est
clair, l’écrin du vieux bourg du Landeron se prête
magnifiquement bien à recevoir ces belles carrosseries.
Comment vous l’expliquez. Le Landeron est vraiment connu, reconnu pour cette hyper
activité, cette motivation qu’il y a à faire vivre ce vieux bourg ?
Certainement
que Le Landeron est connu aussi au travers de la
brocante. Cette brocante qui a mis en valeur ce vieux bourg et qu’on connaît en
fait l’endroit loin à la ronde. C’est clair, quand on bénéficie d’un endroit
aussi magique que celui-ci, on a envie de le faire vivre…
À chaque fois que vous organisez quelque
chose, le public répond toujours présent ?
On
a beaucoup de chance. Je dois dire que ça me fait plaisir. On est douze membres
à l’Association de
Combien de voitures en gros vont arriver ?
Une
bonne septantaine.
Elles vont faire une balade autour du
village ?
Cet
après-midi, il y a une balade. Il y a deux parcours proposés. Un parcours
plutôt plat pour les voitures d’avant-guerre et un parcours un peu plus sinueux
et montagneux pour les autres véhicules. Les voitures vont sortir non pas,
l’une derrière l’autre mais espacées d’environ 30 secondes à une minute, vu que M. Jean-Marc Kohler,
spécialiste de voitures anciennes et du Vétéran Car Club romand fera des
commentaires. Des commentaires abordables aussi pour le public, pas seulement
pour les spécialistes sur les caractéristiques de certains véhicules. Le but
aussi, c’est que les voitures sortent gentiment et lorsque les dernières
partiront, les premières seront rentrées déjà. On ne vide pas le bourg du Landeron…
Jean-Marc Kohler
Quelques mots sur cette réunion ici. Ce
n’est certes pas la plus grande qui se fait en Suisse, mais quand même, elle a
un petit côté sympathique.
Effectivement,
c’est une manifestation très, très sympathique, conviviale, adaptée au cadre,
puisque le vieux bourg permet de présenter dans un décor idéal des vieilles
voitures tout en restant à une taille humaine. Ce n’est pas la plus grande
concentration de Suisse. C’est clair qu’il y a des concentrations qui réunissent
plus de mille véhicules, voire deux à trois mille. C’est un autre genre. Ce
sont de grands parkings avec des carrosseries alignées et le côté amical, le
côté échange public et collectionneur, n’est pas le même. C’est vraiment ce qui
caractérise le Landeron Classic,
c’est d’avoir un côté extrêmement convivial à cette manifestation qui en est
maintenant à sa deuxième édition.
Je ne sais pas. Vous aviez assisté à la
première déjà ?
Évidemment.
Il y a une évolution déjà cette année
depuis la première ?
Il
y a une évolution dans le plateau de voitures. Certaines voitures étaient
présentes l’année dernière sont revenues cette année. D’autres sont arrivées.
C’est ce qui rend la manifestation intéressante. C’est qu’il y a du mouvement.
Quelques fois, les collectionneurs sont occupés. C’est le cas à cette période
de l’année. Il y a beaucoup de manifestations. Ils sont de temps en temps
partagés entre des choix cornéliens. Mais ça fait bouger les plateaux de
véhicules et c’est tout à l’avantage de la manifestation qui présente une forme
de renouvellement.
Il y a toutes sortes de concentration de
voitures et il y a parfois que des voitures américaines. Aujourd’hui, c’est
ouvert à toutes les voitures ? Toutes les marques ?
Oui,
le Landeron Classic est
ouvert aux voitures de toutes marques. Mais il est vrai qu’il y a des
concentrations qui sont spécialisées. Chaque automne, le premier samedi de
septembre, il y a un meeting qui réunit, à Morges, uniquement les voitures
anglaises, parce qu’il est vrai que les Anglais, même si ce n’est plus le cas
aujourd’hui, ont eu une production extrêmement large et variée.
Cette passion pour vous, c’est une
vieille passion, ça ne date pas d’aujourd’hui. Comment est-ce qu’elle est née
et comment est-ce qu’elle se cultive ?
La
passion de l’automobile est née depuis ma tendre enfance. J’ai toujours été
intéressé par les voitures. Au début, je les ai collectionnées sous forme de
miniatures, les fameuses Dinky Toys
dont tout le monde a entendu parler. Plus tard, j’ai eu envie d’en avoir une et,
en 1980, j’ai eu l’occasion d’acquérir une petite Fiat Topolino
de 1939, qui a été ma première voiture ancienne et qui m’a vraiment mis le pied
à l’étrier. Cela m’a permis de participer à des réunions, de connaître de plus
en plus de propriétaires, d’étudier l’histoire de ces voitures qui est souvent
extrêmement passionnante et de faire vivre depuis quelques années des
impressions et de couvrir des manifestations qui ont lieu en Suisse et dans les
pays environnants centrées sur des événements liés à des marques, à des
constructeurs et à toutes sortes de manifestations qui font revivre les belles
années de l’automobile.
Il y a presque chaque fois un concours,
on récompense la ou les plus belles voitures. Mais comment on juge finalement
une belle voiture ? Ce n’est pas forcément la plus vieille et la plus
chère ?
Effectivement,
là c’est toujours une tâche extrêmement difficile. Cela m’arrive d’être
organisateur de manifestation, ça m’est arrivé aussi d’officier au sein d’un
jury. C’est toujours difficile, parce qu’on fait quelques heureux et beaucoup
de frustrés… Elles sont toutes magnifiques et même si quelques fois, c’est un
modèle populaire qui a été fabriqué à des milliers, voire des millions
d’exemplaires, celui qui la possède a souvent consacré énormément d’heures pour
la restaurer. Il y a des gens qui travaillent plusieurs années au fond d’un
garage en les mettant sur des chandelles, en travaillant dans des conditions
difficiles pour les remettre en état. Et là, on retrouve de véritables passionnés.
Vous tenez compte de ça quand vous
récompensez une voiture ?
Oui
en principe, il y a des critères qui sont liés à ces paramètres-là. Il y a des
concours qui sont axés sur la présentation de la voiture, y compris la tenue de
l’équipage qui doit être correspondante à l’époque du véhicule, ainsi que la
remise en état de celui-ci qui ne doit pas être « sur » restauré. On
doit respecter le caractère d’origine, essayer de
remettre en configuration le véhicule tel qu’il était à sa sortie d’usine.
Les gens savent que
Ah
oui. Il est vrai qu’au début de l’automobile,
Vous dites vous intéresser à l’histoire
de ces voitures. Derrière ces voitures, il y a bien sûr des hommes. Il y a ceux
qui les ont inventées, il y a ceux qui les fabriquent, ça a toujours été
délicat, compliqué. Aujourd’hui encore, on voit ça avec General
Motors, il y a souvent des drames derrière ces
histoires de voitures ?
C’est
certain que depuis les débuts de l’automobile, c’est vrai que ces jours, on est
sensibilisé par les difficultés globales de la branche et notamment le dépôt de
bilan de General Motors,
mais qui est finalement peut-être une chance de renaissance en épurant un petit
peu ce qui devait l’être. Depuis les débuts, ça a toujours été extrêmement
difficile. Il y a eu plein de péripéties qui ont abouti à toutes sortes
d’histoires d’ailleurs. Par exemple, l’une des marques phares de General Motors, Chevrolet, a des
racines suisses, puisque Louis-Joseph Chevrolet était
né à
Johnny Ravussin
Peut-être quelques caractéristiques, la
technique sur ce véhicule ?
C’est
un véhicule qui fait 2,6 tonnes. C’est un véhicule de quatre portes, six places
avec les petits sièges, les petits porte-bras, on
peut les lever, ça fait six places. C’est un
Justement, tu t’es un peu informé.
Raconte-nous un petit peu qui est ce véhicule et quelle a été sa vie ?
Sa
vie depuis le début, je l’ai acheté à un boucher qui était à Saint-Blaise, qui
y est toujours d’ailleurs. Un dénommé, Alexandre Léger, qui lui utilisait ce
véhicule, qui lui justement l’a acheté à Genève, au Palace, ce qui a permis
justement qu’il ait ce véhicule avec un déterminé de tout ce qui s’est passé…
Il a toujours été bien soigné ?
Totalement.
Il est vraiment dans son état d’origine.
Quels sont les critères déterminants qui
te fais dire que c’est une belle vieille
voiture ?
Déjà,
la coupe du véhicule me donne déjà le plaisir et quand j’ai acheté ce
véhicule-là, quand j’ai vu que c’était les années 1963 qu’elle est, la même année,
moi j’ai perdu mon frère. Je voulais absolument un rappel à quelque part de la
situation de la perte de mon frère. Quand j’ai retrouvé ce véhicule des années
1963, pour moi, c’était très prenant et même ma femme m’a dit : « Tu
veux la prendre, tu la prends, parce que ça te fais un bien pour toi. »
Interviews réalisées par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod