Marc Glaisen : Psychologue

 

 

Un psychologue hors du commun : Marc Glaisen.

Il est psychologue de prison et au service de probation à Neuchâtel. Rien ne prédestinait cet homme exceptionnel à ce métier.

Suite à un accident, à l’âge de 19 ans, il est amputé des deux jambes et se retrouve paraplégique. Au lieu de le décourager, cette épreuve l’a dirigé vers des études en psychologie.

Non seulement, il reste actif intellectuellement, mais il entretient sa passion pour le sport en s’adonnant au ski tant sur l’eau que sur la neige et au vélo.

Mais où trouve-t-il les ressources mentales et physiques pour équilibrer sa vie ?

 

 

Bonjour M. Glaisen.

Bonjour Madame.

 

Où retrouvez-vous les ressources mentales et physiques pour équilibrer votre vie ?

C’est une sacrée question que vous me posez. Ressources mentales et ressources physiques. Pour ce qui est du côté physique, les choses se font toutes seules, indépendamment peut-être de notre volonté. On a la chance ou pas d’éviter les pépins physiques. J’en ai eu un très important il y a 20 ans. Depuis, ça ne va pas trop mal. Je touche du bois. Là, ça se fait un peu tout seul. Pour ce qui est des ressources mentales, la situation est peut-être un peu différente, quoique là encore, on ne naît pas égaux. On arrive sur terre avec un héritage génétique, une éducation, des intérêts et peut-être que les choses se font plus naturellement et facilement qu’on l’imagine. Est-ce qu’il s’agit d’une question de volonté ? Je ne suis pas sûr. Les ressources qu’il m’a fallu…

 

Pour tenir le coup.

Pour tenir le coup, pour arriver jusqu’ici. Il y en a de différents ordres. Il y en a… ma famille probablement qui m’a entouré et qui est toujours présente et qui compte beaucoup pour moi. Les amis, le sport a beaucoup compté, compte encore pour moi. Ça me permet de me ressourcer. Le monde des idées peut-être, une certaine réflexion, l’intérêt pour le monde, ce qui se passe autour de moi, de nous. Bref, un intérêt pour la vie et c’est la vie…

 

Vous avez eu un très grave accident et quand on vous annonce les conséquences, quel choc ? Est-ce que vous pouvez expliquer ce qui vous vient en tête quand on vous dit, vous ne pourrez plus marcher ou des choses comme ça ?

Il se trouve que l’accident que j’ai eu implique une électrocution et une chute. Je suis amputé de mes deux jambes suite aux brûlures liées à l’électrocution et la paraplégie, elle, est consécutive à la chute. J’ai été hospitalisé au Centre des brûlés au CHUV et j’étais entre la vie et la mort pendant deux ou trois semaines en tout cas. Dans ce genre de situations-là, on ne réfléchit plus aux conséquences qu’on peut avoir d’être paraplégique ou amputé. Il s’agit de survivre et, là encore, c’est la nature qui fait les choses. Ma situation s’est ensuite stabilisée et j’ai été transféré dans une autre unité du CHUV pour ensuite rejoindre le Centre pour paraplégiques de Bâle pour faire ma rééducation, réapprendre à vivre en tant que paraplégique.

 

Et là, on a quand même toujours la volonté d’avancer ?

Il se trouve que j’avais 19 ans tout juste et qu’à cet âge-là, on a un élan vital, une énergie, une force vitale qui est très forte. Je crois que c’est valable pour tout le monde et c’est cette force, cette énergie qui l’a emporté dans mon cas. Je crois que c’est comme ça pour toute personne à cet âge-là subissant un gros traumatisme physique.

 

Psychologiquement, vous avez réussi à tenir le coup ?

Logiquement, les choses se jouent peut-être en différents temps, en différents moments. Dans un premier temps, il s’agit de reprendre pied dans la vie, reprendre des études ou un apprentissage ou un travail. De retourner dans sa famille, de reprendre ses loisirs, ses contacts avec ses amis, ses proches. Là, encore une fois en ce qui me concerne en tout cas, ça s’est fait peut-être, j’allais dire naturellement, ce n’est pas le terme exact, mais en tout cas, je suis allé de l’avant sans trop, trop me poser de questions. C’est peut-être aussi une question de caractère et en ce qui me concerne, c’était un petit peu : « Ça passe ou ça casse… » J’y suis allé peut-être en force et les choses se sont faites. Ensuite, dans les années qui ont suivi, il y a eu des moments où c’était plus difficile, ce qui renvoie au processus de deuil est peut-être remonté à la surface, parce que cela avait été tenu à distance jusque là. Je suis concerné par la question du deuil au niveau de mon physique et les choses se sont jouées en différents temps, en différents moments. Même 20 ans après, il y a des choses qui peuvent remonter, qui ont été tenues à distance. Cela ne se joue pas en un moment et pas forcément tout de suite. Ça, j’en ai fait l’expérience personnelle.

 

Vous êtes psychologue. D’où vient votre choix par rapport à ça ?

Je pense qu’il y a un lien indéniable avec ma situation, mon handicap. En même temps, il se trouve que quand j’ai eu mon accident, j’avais tout juste 19 ans. J’étais en train de terminer mon collège. J’allais obtenir ma maturité, mon bac et je n’avais pas encore de formation. Il fallait que je poursuive dans le but d’obtenir une formation. J’ai été voir à droite et à gauche. Il y a différents domaines qui m’intéressaient, le journalisme, l’histoire, la psychologie aussi. C’est cette discipline qui l’a emportée. Je pense qu’effectivement, je devais me poser beaucoup de questions. J’étais un jeune adulte, à peine sorti de l’adolescence, qui devait composer, faire face à une situation très particulière et difficile et le fait de me lancer dans ces études, c’était aussi le moyen pour moi d’essayer de trouver des réponses à des questions existentielles que je me posais. C’est sûr. Il y a un lien, je pense qui est assez direct, pas forcément exclusif, unique, mais le lien existe…

 

Est-ce que vous pratiquez encore du sport ?

Oui. Je pratique toujours un peu de sport même si, avec les années qui passent, l’énergie qu’il faut mobiliser pour ce genre d’activité est, peut-être, un petit peu moins forte. J’en fais moins que lorsque j’étais plus jeune. C’est important pour moi de faire un peu d’exercice physique pour rester en forme. Histoire de pouvoir me débrouiller correctement dans la vie de tous les jours. Dans ce sens-là, je fais toujours un peu de vélo. J’ai un « rame bike », qu’on active avec les bras. Je fais un petit peu de ski de fond l’hiver, un petit peu de ski nautique l’été parfois. L’exercice physique est important pour moi. Je le pratique toujours régulièrement.

 

Vous êtes psychologue, mais comment avez-vous choisi le milieu carcéral ? C’était voulu ?

Non, ce n’a pas été un désir de ma part pendant mes études et pas directement après non plus. C’est un concours de circonstances. Il se trouve qu’il y a énormément de personnes qui ont terminé des études de psychologie, mais qu’il y a peu de postes disponibles. Beaucoup de collègues d’études travaillent actuellement comme éducateurs ou assistants sociaux ou alors ont carrément changé de domaine. Moi, j’ai tenu, tenu en espérant trouver une place de psychologue. Et il se trouve qu’une occasion s’est présentée ici à Neuchâtel, raison pour laquelle finalement je travaille dans le milieu carcéral. C’est un peu le hasard des choses qui fait que je suis dans ce domaine-là. Ce n’a pas été un désir pour moi de travailler avec des gens ayant commis des délits, se retrouvant en prison. Cela s’est fait un peu par hasard comme je vous l’ai dit. Contrairement à certaines personnes que je connais, qui travaillent dans le milieu, qui elles ont désiré depuis longtemps travailler dans ce milieu-là. Ce n’est pas mon cas !

 

Avez-vous parfois peur de certains patients justement qui ont commis des délits, des choses comme ça ?

Je travaille dans le milieu depuis 7 ans en milieu carcéral et en milieu ambulatoire aussi pour des suivis de personnes qui attendent d’être jugées ou qui sortent de prison, qui sont en liberté conditionnelle par exemple. En 7 ans, je n’ai jamais été confronté à des dérapages agressifs, violents au niveau physique. Par contre, il est clair que parfois le ton peut monter un peu. Et là, il s’agit de se fier à son intuition, à sa sensibilité qui permet de comprendre la situation que vit la personne en face de moi, de mon client et d’éviter de monter en escalade, par symétrie avec lui. Je pourrais, si j’insiste parfois, voir mon client monter encore plus au niveau de la colère qui peut l’habiter et dans ce sens-là, cela devient contreproductif, voire dangereux. Il s’agit d’être attentif au fait que je suis face à des gens dans des situations difficiles, qui ont peut-être effectivement des problèmes de violence. Ils ont passé à l’acte. Mais je les vois dans un cadre, dans un contexte qui est contenant, la prison par exemple, ça limite considérablement les passages à l’acte. Je n’ai jamais été confronté à des dérapages d’agression physique. Par contre, parfois le ton monte un peu. Il s’agit d’adapter son attitude à la situation. Jusqu’à présent et j’espère que cela se poursuivra de cette manière-là, j’ai toujours réussi à éviter que ça aille trop loin, quitte parfois à mettre un terme à l’entretien quand ce n’est plus possible…

 

Vous ne pensez pas que cet endroit-là justement est peut-être pénible pour certaines personnes ? Vous êtes en prison. Vos clients sont des anciens prisonniers ou des prisonniers, c’est difficile pour eux de venir en prison. Vous n’avez jamais senti…

Ce que vous voulez me dire, c’est que vous supposez que la prison est une expérience difficile à vivre pour les personnes incarcérées.

 

Voilà. Oui.

Sans aucun doute. C’est une expérience de vie que je ne conseille à personne, que j’espère moi-même ne pas à avoir à traverser. Être en prison, c’est très compliqué, ce n’est pas simple, surtout s’il s’agit de longues peines. On est coupé des siens. On dépend d’un système qui est lent, qui est lourd. C’est une grosse machine, le système pénitentiaire. Et il n’est pas simple d’y évoluer en tant que détenu. C’est très clair pour moi. Je suis conscient que les gens que je rencontre dans mon travail, qui sont en prison, vivent un moment de leur existence qui est très difficile. D’ailleurs, une bonne partie des entretiens que j’ai avec eux consiste à reprendre les difficultés qui sont les leurs en tant que personnes détenues.

 

Tous les psychologues n’ont pas connu vos souffrances. Est-ce que cela vous aide dans la pratique de tous les jours ?

Tout le monde n’est pas paraplégique, tout le monde n’a pas eu l’accident que j’ai vécu.

 

Tout le monde n’a pas été en prison.

Tout le monde n’a pas été en prison non plus. Il y a des expériences de vie difficiles, douloureuses qui ne se voient pas. Je serais assez mal placé de prétendre que j’ai plus souffert que d’autres. J’ai mon destin de vie qui est le mien. Il implique certaines difficultés, certaines souffrances, c’est évident. Je pense que l’existence même implique de multiples difficultés, voire traumatismes que tout ne se voit pas. Nous devons tous essayer de composer au mieux avec les difficultés qu’on rencontre. Ensuite de ça, par rapport à ma pratique, est-ce que cela me rend plus sensible aux difficultés des personnes incarcérées ? Je serais bien incapable de vous répondre, si je m’appuie sur mon expérience de personnes ayant vécu un accident, étant handicapé pour aller à la rencontre de mes clients. Il est clair qu’en tant que psychologue, un de nos outils de travail principaux, c’est l’empathie. Il faut qu’on puisse se mettre dans la position, dans la peau de l’autre pour essayer de l’amener à évoluer, à cheminer. Tout bon psychologue est censé être apte à l’empathie. Est-ce que le fait d’avoir vécu un accident, d’être paraplégique augmente ce potentiel d’empathie ? D’une manière générale, je ne suis pas sûr que ce soit le cas. On peut devenir très renfermé sur soi-même, aigri…

 

Acariâtre.

Comme tout le monde, il faut que j’essaye de gérer ça et resté ouvert, sensible aux autres, particulièrement dans ma pratique. En ce qui me concerne, j’aurais du mal à répondre précisément sur la part qui vient de mon handicap dans le travail que je fais avec mes clients. Ensuite pour ce qui est de ce que ça implique pour eux…

 

Est-ce qu’il vous pose la question, pourquoi vous êtes en chaise roulante ?

C’est une question qui est apparue de temps à autre, mais c’est assez rare. En 7 ans, la question posée directe a dû se produire à deux ou trois reprises, je dirais. J’imagine que… dans la prison, les détenus échangent beaucoup, sont au courant de beaucoup d’informations avant les intervenants. Je pense qu’ils ont leurs canaux d’informations, ils se renseignent, ils doivent savoir plus sur moi que je l’imagine… On m’a posé la question à deux ou trois reprises. Ensuite de ça, je leur ai expliqué sans aller très loin dans les détails, pourquoi j’étais en chaise roulante ? Il me semble normal de leur donner un petit bout de réponse, même si je ne développe pas toute la question. Pour ce qui est des répercussions que cela peut avoir, d’être en face d’une personne en chaise roulante, psychologue. C’est des questions que je me suis posé à de nombreuses reprises. Je pense que ça peut aller dans les deux sens, suivant les personnes en face de moi et suivant peut-être l’état d’esprit dans lequel je suis. Si je suis plus ou moins bien avec moi-même, avec mon handicap, il y a des informations qui, inconsciemment comme ça, probablement passent. Je me suis longtemps demandé si ce n’était pas un obstacle, un empêchement à ce que la personne en face de moi se confie librement dans le sens où je me disais que peut-être se trouver en face de quelqu’un qui a manifestement un problème, qu’il gère apparemment pas trop mal, si cette situation-là ne les contraignait pas à éventuellement eux aussi à faire bonne figure. C’est une question qui m’a préoccupé assez longtemps et, avec le temps qui passe, peut-être que j’ai changé aussi, peut-être que j’ai un rapport différent par rapport à mon handicap, je ne le vois plus tellement comme ça. Je me dis que ça peut être un avantage peut-être, dans le sens où manifestement je dois composer avec des difficultés et que peut-être, ça peut favoriser un certain lien peut-être d’humanité. Ces gens-là sont amenés à parler souffrance, en tout cas, c’est ce que j’essaye de faire pour les aider à avancer. Le fait de voir que je ne suis pas parfait, lisse, que j’ai moi aussi des difficultés, ça les amène peut-être à se confier plus facilement. C’est plutôt comme ça que je vois les choses actuellement. Ça bouge. Parfois, je peux aussi me dire : « Ça va être un obstacle que d’être en chaise roulante face à ces gens, etc. » Ça bouge.

 

Vous parlez de clients. Est-ce que vous avez le droit de dire non à certains dossiers ou on vous impose directement les personnes qui viennent chez vous ?

Je travaille pour un service qui doit répondre à certaines missions, à certaines demandes qui arrivent des tribunaux, de l’office des applications des peines et même de la prison où je travaille et, dans ce sens-là, j’ai une marge de manœuvre qui est assez réduite. Il y a des mandats qu’on me demande d’assumer et qu’il faut que j’assume, tout particulièrement dans la prison. Je n’ai pas de véritables choix, lorsque les personnes ont été astreintes à un traitement par un tribunal et qu’elles se trouvent à l’EP Bellevue, il faut que j’assume ce suivi. Par contre, il y a un psychiatre qui travaille aussi dans cet établissement et on se répartit les dossiers. Il y a une certaine marge de manœuvres entre lui et moi. Mais, l’une des deux personnes doit assumer ces mandats. C’est clair.

 

Même si le contact ne passe pas, par exemple ?

Même si le contact ne passe pas, effectivement. J’essaye de prendre sur moi. Je me dis que c’est mon travail et que je dois essayer de faire la part des choses et j’ai toujours assumé les mandats qu’on me confiait. Par contre, c’est parfois un peu plus compliqué pour certains détenus. Je suis quand même payé pour essayer de les faire travailler un petit peu, réfléchir sur ce qui les a amenés en prison et ce n’est pas simple pour tout le monde et certains ont parfois du mal à supporter.

 

La pression.

Oui, une certaine pression peut-être. Moi, je n’ai pas trop le choix. Je dois assurer les mandats que la justice me confie finalement, alors que les gens que je rencontre, les détenus par exemple…

 

N’ont pas le choix non plus.

Effectivement. Mais il se trouve que, parfois, il est trop difficile pour eux de se remettre en question, de réfléchir sur soi, sur ce qui les a amenés en prison, à commettre des délits et que ça devienne compliqué et qu’ils décident d’arrêter ou de changer de thérapeute. Là, on essaye de voir avec le psychiatre s’il peut prendre le relais. On n’aime pas trop cette manière de faire dans le sens où on estime que ces tensions qui apparaissent dans le suivi, dans la prise en charge, c’est du matériel intéressant à travailler, à reprendre. On essaye de poursuivre avec les personnes qu’on a prises en charge. Mais certains parfois décident d’arrêter, de laisser tomber…

 

Il y a de plus en plus de gens qui commettent des crimes atroces, comment vous expliquez ça ? Quel est votre point de vue à ce sujet ?

De plus en plus de gens commettent des crimes atroces, dites-vous. Je n’ai pas les statistiques. Je n’ai pas de chiffres en tête. Pour ça, il faut se référer à des criminologues ou à M. Guéniat, par exemple, de la police ici à Neuchâtel. C’est vrai que les médias en parlent de plus en plus. Est-ce que c’est lié à une augmentation, je ne sais pas. Franchement, je ne sais pas. Moi, l’impression que j’ai, très personnellement, c’est qu’on vit dans une société où les rapports à l’autre, les rapports sociaux se sont peut-être un peu compliqués avec le temps.

 

Il n’y a plus de règles.

Il y a toujours des règles. On est censé respecter certaines règles. D’ailleurs, si on les enfreint, on passe devant un tribunal et on finit en prison suivant les infractions en question. Mais il s’agit peut-être d’autres règles. Il s’agit d’un certain contrat social. On vit en société, en relation avec les autres et il me semble, c’est très personnel, qu’on vit dans une époque de plus en plus individualiste avec une espèce de relativisme comme ça ambiant au niveau des valeurs, de ce qui est bien, de ce qui est mal. On a assisté ces dernières décennies à des mutations profondes au niveau religion. Les églises sont vides, beaucoup moins de monde s’y rend. Il y a une érosion de la croyance, même si la spiritualité peut se poursuivre de manière individuelle. Là encore, cela s’est individualisé. C’est moins en lien avec les autres et la société. Au niveau politique finalement, j’allais le dire aussi depuis la chute du mur de Berlin, les idéaux ne valent plus grand-chose. Il y a une espèce de relativisme ambiant qui s’est installé avec une culture de l’économie néolibérale et tout ça, à mon avis, ne va pas dans le sens d’un apaisement des relations sociales. Au contraire, ça a plutôt tendance à les exacerber et ça explique peut-être ces violences qui sont relatées par les médias. Mais je n’ai pas les chiffres et je ne m’aventurerai pas à affirmer qu’il y a une explosion de crimes violents.

 

Il y a toujours de plus en plus de problèmes avec les mineurs ?

Ça effectivement…

 

Là, c’est les parents ?

Effectivement, il y a une question qui ne prête pas tellement à discussion. Il semblerait que du côté des mineurs, il y a un certain type de délits qui a augmenté, les délits de violence, je crois. Encore une fois, je n’ai pas les chiffres et il me semble que ça va dans ce sens-là. Pourquoi ? Est-ce que c’est lié à l’éducation ? Je pense que c’est une vaste question encore une fois qui implique de nombreux facteurs. Je pense que ça va aussi, comme je le disais tout à l’heure, dans le sens d’une mutation, de changements de société qui impliquent les différents protagonistes dont les parents bien entendu, l’école aussi, la justice, l’État, l’économie, le monde du travail. Ça renvoie à ce qui nous lie, à ce qui fait qu’on vit en société et que nous sommes des animaux sociables et pas des animaux tout court. Il y a des changements importants dans la vie qui ont lieu et ça implique des problèmes, mais aussi des choses fantastiques. On trouvera une solution à ces problèmes-là aussi. Je pense…

 

Merci M. Glaisen d’avoir répondu à mes questions.

Je vous en prie.

 

C’était un plaisir pour moi de vous recevoir.

J’ai eu du plaisir également à partager cette expérience avec vous.

 

Merci.

Merci.

 

 

Interview réalisée par Françoise Berthod

Texte retranscrit par Françoise Berthod