Neuchâtel Rugby Sevens
Jérôme Kübler
Cette
année, c’est notre 35ème tournoi. Le tournoi à 7 de Neuchâtel est le
plus ancien tournoi de rugby à 7 d’Europe continentale, parce que le
Un tournoi à 7, c’est un peu particulier
les règles ou c’est pareil ?
En
fait, c’est du rugby à 7. D’habitude, on est 15 sur un terrain pour le rugby à
15. Le rugby à 7, c’est du rugby champagne. C’est vraiment du rugby de
mouvements où il y a peu de contacts, beaucoup de passes, beaucoup de courses
et c’est un rugby qui se joue en deux mi-temps de sept minutes. C’est surtout
pour pouvoir vraiment faire des tournois et que tout le monde puisse jouer et
s’amuser.
Il y a beaucoup de points qui sont
marqués, parce que, justement, 14 joueurs sur un grand terrain, on passe plus
facilement ?
Il
y a beaucoup d’espace, mais contrairement au rugby à 15, où il faut toujours
aller de l’avant, dans le 7, on peut reculer. C’est un rugby dans lequel on
prend son temps, c’est vraiment calme. Et tout d’un coup, on a des joueurs qui
jaillissent et qui vont marquer des points. D’habitude quand on a des grosses
équipes qui jouent un peu comme des plus petites équipes, ils s’arrêtent à sept
essais, parce que c’est du rugby à 7. D’habitude, ils n’en marquent pas plus.
Magnifique pour le rugby club de
Neuchâtel de voir des équipes qui viennent là de toute l’Europe de
l’Ouest ?
Absolument.
Cette année, on a relativement peu d’équipes anglaises. On n’en a que trois.
C’est des équipes écossaises. On a souvent eu des grands clubs qui sont venus
jouer ici comme les Harlequins de Londres. On a eu
des internationaux. On a eu à l’époque, Peter Winterbottom
qui était le capitaine de l’équipe d’Angleterre qui venait ici. On a eu Simon
Shaw qui est encore un joueur de l’équipe d’Angleterre à l’heure actuelle et qui
est venu jouer à Neuchâtel. En fait, on attire beaucoup de gens parce qu’en
fait, on est l’un des tournois les plus sympas. C’est-à-dire que c’est un
tournoi où la compétition c’est une chose, mais on fait aussi la part belle à
l’esprit du rugby, à la fête, à la convivialité et à la découverte de chacun.
On a des équipes françaises. On a des équipes italiennes. On a eu des équipes
espagnoles. On a eu des équipes allemandes. C’est très bien, ça a permis à des
équipes qui ne se connaissent pas, qui ne se côtoient pas d’habitude, de se
rencontrer à Neuchâtel et de faire connaissance.
Question technique, cela apporte quand
même quelque chose aux joueurs neuchâtelois de se confronter à ces
équipes ?
Disons
qu’on apprend aussi des contacts qui sont un peu plus violents, parce que ce
sont des joueurs professionnels. Mais surtout, on apprend beaucoup de
fair-play. On apprend beaucoup le respect de l’adversaire et l’amitié. C’est
vraiment ce qu’on apprend, là.
Il n’y a pas que les joueurs de la 1ère
de Neuchâtel, les juniors aussi sont invités ?
Oui,
cette année on organise notre 6ème tournoi junior en parallèle du
tournoi principal. C’est des joueurs qui ont entre 16 et 20 ans. Cette année,
on a douze équipes qui sont enregistrées. On a des équipes qui viennent de
collèges anglais, du style l’Aiglon College à Villars
ou Beau-Soleil. On a des équipes de clubs. On a les
moins de 20 de Zurich. On a les gens de Soleure. On a le Neuchâtel Junior College, l’école canadienne qui a aussi fait une équipe. En
fait, on est le seul vrai tournoi pour les juniors en Suisse qui se déroulent
chaque année de manière régulière. Cette année, on a douze équipes ce qui est
très, très bien. En tout cas maintenant, on est de plus en plus visible au
niveau suisse à ce niveau-là.
Parlez-nous un petit peu des arbitres.
C’est spécial. Ils viennent tous de Londres, je crois cette année ?
Oui.
Les arbitres, depuis environ cinq ans, on a trouvé une filière d’arbitres en
Angleterre. On leur paye l’avion, on leur paye l’hôtel et ils viennent arbitrer
tout le week-end gratuitement. C’est des arbitres professionnels qui arbitrent
en championnat d’Angleterre. On en a eu qui arbitraient dans la 1re
division anglaise, la « Zurich League ».
C’est vraiment des gens qui connaissent les règles, qui connaissent leur boulot
et de nouveau, c’est pour la convivialité. Ils viennent ici et ils s’amusent
tout le week-end…
Paula Carter
Vous êtes arbitre et vous venez depuis
Londres ?
Oui
pour ce tournoi ici. Nous sommes tous des arbitres de Londres. Il y a peut-être
dix arbitres femmes à Londres et peut-être cinquante en Angleterre. Nous arbitrons
à tous les niveaux, les hommes, les dames et les jeunes.
Les amateurs ou les professionnels
aussi ?
Je
crois qu’il y a seulement une femme qui peut arbitrer au niveau professionnel,
toutes les autres, les amateurs.
Le rugby, ce n’est pas un sport un petit
peu macho ? Ce n’est pas difficile ?
C’est
un sport macho, mais ce n’est pas difficile, parce qu’il y a une ambiance de
respect pour les arbitres. Ce n’est pas comme le football… C’est toujours,
Monsieur ou Madame qu’on dit à l’arbitre. Sinon, il y a toujours les cartes
s’il y a un problème.
C’est toujours ce respect de dire
Monsieur ou Madame à l’arbitre?
Oui
toujours, mais ce n’est pas comme ça dans les autres sports, je crois. Dans le
rugby, il y a toujours le respect pour les arbitres. Sinon, il y a toujours les
cartes. On peut toujours dire, si vous entendez un mot, dix mètres ! Après
ça, pas de problèmes. Peut-être avec les autres qui sont sur la ligne ici, mais
pas avec les équipes.
Et pour devenir arbitre, c’est spécial.
Il faut aimer diriger, il faut être très autoritaire. Pourquoi vous avez choisi
ce travail, ce job ?
J’ai
joué avec une équipe de femmes, il y a plusieurs années, et j’ai un jeune fils
qui a commencé de jouer au rugby donc je suis toujours au bord du terrain.
J’aime beaucoup le jeu de rugby. Pour être arbitre, il faut faire un petit test
pour se rappeler toutes les règles et puis… vas-y !
Vous pensez que le rugby, c’est une
bonne école de vie ?
Oui
je crois, parce que c’est un sport pour tout le monde, pour toutes les tailles.
Mais il y a les règles, le respect et après le jeu, il y a beaucoup de
boissons… Oui, c’est comme la vie !
Le rugby, c’est les Anglais ou les Écossais
qui l’ont inventé ou les Irlandais ?
Ici,
je crois qu’il y a toutes les nationalités. C’est en Angleterre qu’il y a le
plus d’équipes, mais au Pays de Galles et en Écosse, ils sont aussi fiers de
leurs équipes. Ils aiment beaucoup le rugby.
Et que pensez-vous du rugby en
Suisse ?
C’est
magnifique…
Le jeu ?
Il
y a du soleil, il y a de la bière et il y a des femmes qui jouent aussi. C’est
très bien.
La qualité du rugby ?
Mixte.
Non, je crois qu’il y a de très bonnes équipes, mais aussi les équipes qui aiment
beaucoup le jeu du rugby.
Interview réalisée par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod