Rallye de cycles anciens

 

 

Antoine Ducommun

 

Cela n’a pas été facile, facile d’organiser ça ou d’obtenir l’organisation. Vous pouvez nous parler de ça un petit peu ?

Oui, notre club VVCS, on est un tiers de romands et deux tiers de suisses allemands. Ceux d’Appenzell avaient décidé qu’en 2009, ça serait chez eux. Il y a déjà eu trois rallyes internationaux en Suisse allemande. C’était le moment que la Suisse romande puisse organiser quelque chose. J’ai dû me battre et c’est au fond de la Suisse allemande qu’on a gagné 12 contre 11 pour organiser ça chez nous. C’est un immense travail, mais vu que j’ai le temps de m’en occuper, je suis très content d’avoir pu offrir à tous ces étrangers notre beau Littoral.

 

Combien de participants à peu près et combien de pays sont représentés ?

Il y a une quinzaine de pays et les participants, on est… je n’ai pas le chiffre exact. Ils en arrivent encore demain, mais on est en tout cas 180.

 

 

Patrice Leroy

 

À quand remonte cette passion pour le vélo et pourquoi ?

Ça remonte pour moi à trente ans déjà, parce que j’aime bien faire du vélo. Je fais du VTC, mais la passion veut que je fasse aussi des vélos anciens, c’est-à-dire rechercher des vélos anciens. J’adore ça, rechercher, connaître des gens, chercher la petite pièce, les accessoires, la passion du vélo…

 

Difficile d’en trouver encore ?

C’est très difficile de trouver, pour ma part, des vélos avant 1914. Et très difficile avant 1900. Maintenant, les années 1920, c’est difficile et on trouve beaucoup maintenant de vélos des années 1950, 1960, 1970.

 

On trouve des artisans qui refont des vélos ?

On trouve des artisans qui refont et qui restaurent des vélos anciens. Je pense qu’il y a aussi un grand pays qui s’appelle la « Tchéquie », qui eux refont ce que vous voyez là, un grand bi. Ce sont des copies, très bien refaites à l’origine et beaucoup d’artisans travaillent encore les pièces de vélo, par exemple les rayons, la peinture, le nickelage… Tout ça, c’est fait par des artisans bénévoles. Bien sûr qu’il faut payer, parce que c’est très cher la restauration.

 

Ce genre de vélo, ça remonte à quelle époque ?

Celui-là par exemple, les premiers, sauf erreur de ma part, dans les années 1875, 1880, 1890. Bien sûr, des vélos plus anciens, ça c’est avant 1870.

 

 

Hans Rügner

 

Mon nom est Hans Rügner. Je viens de Frankfort. J’ai un grand bi original de 1880 avec lequel je fais aussi des courses. D’ailleurs, j’ai terminé à la deuxième place en 2001. Ici, nous sommes dans une course d’endurance de 100 miles et on va voir comment nous allons réussir. Maintenant, j’ai parcouru la moitié. Mais, il me reste encore l’autre moitié à faire. Ce n’est pas tellement confortable sur cette selle, j’ai un peu mal au derrière… J’espère que nous allons bien la supporter.

 

Pourquoi et depuis quand, c’est votre passion ?

J’ai commencé de m’intéresser au grand bi pendant un défilé lors d’une fête en 1983. Ça me plaisait de plus en plus et maintenant, j’ai trois grands bis. J’en avais aussi un pour enfant. Mes enfants savent tous rouler sur un grand bi. Je fais aussi de l’enseignement et de l’acrobatie sur une imitation de grand bi.

 

 

Antoine Ducommun

 

C’est une passion assez extraordinaire et ce n’est plus facile de trouver des vieux vélos de nos jours. Il faut vraiment être un passionné, être un fanatique ?

Oui, ceux qui sont là ! Soit qu’ils aient des musées, soit qu’ils aient hérité des vieux vélos, c’est des passionnés et ils sont très fiers de venir rouler avec leur grand bi, même que c’est très dangereux. C’est leur grand bi et c’est ce qui fait leur joie, pouvoir se montrer avec ces grands bis.

 

Vous-même, vous êtes un collectionneur ?

Oui, j’en ai quelques-uns. Demain à Neuchâtel, il y en aura plusieurs qui rouleront, des membres de la famille et autres.

 

Comment vous expliquez cette passion pour ces vieux vélos qui ne sont pas si faciles à rouler, il y a plus confortable que ça ?

Oui, c’est déjà les entretenir, les restaurer. On peut passer des belles soirées d’hiver là autour et on arrive quand même à un certain résultat. Après, il nous reste quelque chose. Autant ça que des tableaux de valeurs ou autres. Autant investir sur des vélos, faire différemment que les autres.

 

Ça coûte très, très cher d’obtenir un de ces grands vélos ou c’est difficile ?

J’ai commencé il y a plus de 40 ans. On trouvait des vélos assez facilement. Maintenant les prix flambent et oui, c’est beaucoup plus dur…

 

C’est dans quel ordre de prix ?

C’est difficile à dire, mais un tricycle tandem ou autre, on peut compter par dizaines de milliers de francs.

 

 

Interviews réalisées par Jean-Pierre Lambert

Texte retranscrit par Françoise Berthod