Théâtre Matchbox
2009
Bonsoir et bienvenue sur TOR.
Daniel Fuchs et Frédéric Loewer :
Bonsoir.
Mais où sommes-nous ?
D. F. : Là, on se trouve dans le théâtre Matchbox,
le plus petit théâtre de Suisse qui fête aujourd’hui ses…
F. L. : Ses 5 ans !
D. F. : Ah oui !
F. L. : C’est sûr que c’est peut-être le plus petit, mais si
on fait un rapide calcul, 5 ans, salle pleine à chaque fois. On arrive à des…
il y a beaucoup de personnes qui sont déjà venues.
Comment présentez-vous votre duo, le duo
du Bas ?
F. L. : Mais à deux.
D. F. : En principe à deux, surtout. Oui, oui, en fait le Duo
du Bas, c’est deux personnes.
F. L. : Du bas.
D. F. : Du bas. Mais, on habite dans le haut de la ville.
F. L. : Ce n’est pas parce que tu habites au 4ème
étage et moi au 1er qu’il faut forcément le dire à tout le monde.
D. F. : En fait, le Duo du Bas, c’est la rencontre de Fred.
F. L. : Moi.
D. F. : Et moi-même.
F. L. : Daniel.
Pour cette saison, c’est un décor
estival ?
D. F. : Oui, on essaye toujours de surprendre. C’est un peu
le but, toujours faire rire en surprenant. Pour nous, c’est un grand défi. Il
faut quand même trouver des idées originales. Quand on a de grands moyens, ce
n’est pas compliqué. Mais dans un petit théâtre comme cela, essayé de recréer
une île, je pense que ce ne s’est pas fait souvent quand même…
F. L. : On a fait une petite île. Mais ce qu’il faut dire
aussi, c’est que le but, on le sait, c’est quand même de rester dans des faits
communs, dans des choses qui se passent tous les jours pour tout le monde, que
tout le monde se sente investi par la pièce. C’est sûr que sur une île, ce
n’est pas arrivé à tout le monde. Il a fallu travailler un petit peu, mais…
D. F. : Je pense qu’avec l’imagination, on a bien réussi à
recréer cette atmosphère…
F. L. : Je pense que pour réussi… c’est réussi !
Comment avez-vous atterri sur cette
île ?
F. L. : Contrairement à énormément de monde, on n’y est pas
arrivé en bateau…
D. F. : Non.
F. L. : En fait, on y est arrivé plutôt en discutant…
D. F. : C’est d’abord une démarche intellectuelle, au départ.
F. L. : Ah mais… carrément jusqu’à la fin.
D. F. : Ah oui, oui.
F. L. : Parce qu’il faut savoir qu’on est arrivé sur cette
île, mais que quelque part, on l’a créée nous-mêmes… Quelque part, on a tout
fait « made in Matchbox » comme on aime le
dire. Alors autant le décor, que les textes, que la pièce, tout est fait par
Daniel et Fred. Alors finalement, on est arrivé sur l’île… sur notre île,
puisque finalement c’est nous qui l’avons créée.
D. F. : D’ailleurs, quand on a fini le décor, on était
tellement bien qu’on s’est dit : « On n’a même plus besoin d’aller au
bord du lac. »
F. L. : Ah maintenant, il faut savoir qu’on passe nos
dimanches ici ! Du matin au soir, on bronze avec les projecteurs, tout ça…
On a vraiment créé notre île.
D. F. : On fait des grillades…
F. L. : Non, c’était très sympathique. Pas que les grillades,
mais ça…
D. F. : Mais pour vous dire comment on y est arrivé, ça je
pense qu’il faut plutôt venir voir la pièce pour voir vraiment ce qui nous a
amené sur cette île…
En vous connaissant, on imagine qu’il y
a une idée, une morale là derrière ?
D. F. : Oui, bien sûr. On essaye d’être drôle, mais on essaye
aussi de faire du deuxième degré. Chacun peut y prendre ce qu’il veut. Mais
l’île, ça a plein de signification. C’est ce qu’on essaye d’exprimer au travers
du spectacle d’une manière justement humoristique. L’île, c’est beaucoup de
choses…
F. L. : Ouais mais quand même, on a aussi cette morale. On
n’aime pas trop taper sur Guignol. On n’aime pas…
D. F. : Ah ça non.
F. L. : On n’aime pas prendre un nom et s’acharner dessus,
même en parler, ce n’est pas vraiment nous. Ou alors descendre au-dessous de la
ceinture, ça aussi, c’est facile… Ce n’est pas vraiment notre…
D. F. : Non parce que même sur une île avec un bermuda, on
n’a pas de ceinture ! Ça ne le fait pas non plus.
F. L. : On a hésité d’ailleurs à la jouer tout nu. Mais on est
resté dans notre morale et on s’est dit…
D. F. : On ne veut quand même pas se mettre au niveau de
certains humoristes…
F. L. : Non, je pense qu’on recherche à faire quelque chose
de différent et je pense qu’on y arrive assez bien.
D. F. : On a d’autres atouts.
Ce n’est pas l’Île de
D. F. : Non, ce n’est pas vraiment le concept. Déjà ma tante elle
habite
F. L. : En fait, on ne fait pas de la télé réalité, on fait
du vrai théâtre !
D. F. : On peut dire ça comme ça. C’est tellement vrai que
tous les matériaux sont vrais.
F. L. : Mais laissez-vous tenter, on ira voir par contre, là.
D. F. : Oui, ça c’est une tentation…
Et le caquelon que fait-il sur votre
île ?
D. F. : Ah le caquelon. Effectivement, c’est une
signification, comme on essaye toujours d’innover…
F. L. : C’est surtout moi.
D. F. : Enfin, c’est une coproduction. L’idée, c’était au
mois de septembre, octobre, quand il commence à faire un peu plus frais, c’est
de faire de temps en temps des soirées spectacles fondue. C’est quand même
original de pouvoir, après un spectacle, manger la fondue sur une île où l’on
s’imagine qu’il fait chaud… C’est ce qu’on va lancer. Ça symbolise ce nouveau
concept.
F. L. : Justement, c’est mon idée. Quelque part, c’est bien
qu’on aille jusqu’au bout. Il était temps que l’on prenne l’une de mes idées.
D. F. : Tout à fait.
F. L. : Un théâtre-fondue… Ça va
être sympa.
Votre duo a bien évolué en 5 ans ?
D. F. : Oui, on peut le dire. Déjà, dans le jeu, dans la
complicité, il a évolué. Mais aussi, on ne peut pas jouer sur scène sans avoir
aussi en coulisses des personnes qui nous soutiennent. On pense au régisseur et
là, on a eu de la chance de trouver Ismaël, que vous avez certainement vu aussi
dans certains sketches, qui s’en sort aussi très bien dans le comique sur
scène, qu’avec ses lumières… Il faut le dire.
F. L. : Il n’y a pas que ça de nouveau ?
D. F. : Non.
F. L. : On a quand même des renforts pour le décor… On a
quand même toute une espèce de bulle qui s’est créée autour du théâtre Matchbox, ce qui n’était pas le cas au début.
D. F. : Absolument.
F. L. : On a vraiment commencé les deux, de rien presque ou
dans une salle et, petit à petit, en dehors du public qui est venu nous voir
régulièrement, il y a eu aussi des gens qui se sont impliqués un tout petit peu
plus, parce qu’ils ont particulièrement apprécié ce que l’on faisait et
régulièrement, ils sont venus nous donner des coups de main. C’est vrai que ça
donne aussi un bol d’air et des nouvelles idées. Oui, ça fait progresser
finalement notre théâtre. Encore une fois, avec le jeu qui progresse, les deux,
je crois qu’on a atteint vraiment un « idéal » de théâtre, finalement
de ce qu’on a envie de faire.
D. F. : En tout cas, nous, on a beaucoup de plaisir à le
faire. En tout cas, c’est les échos qu’on a. Je crois qu’aujourd’hui avec tout ce
qui se passe, le plus important, c’est l’humour…
F. L. : Ben ouais, comme tu le dis tout le temps.
D. F. : Mais c’est une réalité.
F. L. : C’est vrai. Mais tu dis tout le temps :
« L’humour va sauver le monde ! »
D. F. : Ah oui, ça j’en suis convaincu. S’il ne sauve pas le
monde, il sauve en tout cas les personnes. Tout ça, c’est très important.
F. L. : Ben, il fallait le dire.
Pour en savoir plus sur vous, il existe
un site Internet ?
D. F. : Je laisserai peut-être Fred répondre.
F. L. : Un site Internet, parce que je crois qu’encore une
fois dans l’esprit du progrès et dans l’esprit d’aller de l’avant, c’était une
envie de se faire connaître finalement par les moyens les plus modernes qu’il y
ait. On a fait un site Internet avec des images. On ne se cache pas. Des vidéos
sont aussi présentées, les articles qu’on a eus l’occasion d’écrire sur nous. Évidemment,
on voit ces gens qui nous aident aussi. On avait aussi envie de leur rendre
hommage dans ce site qui est un moyen finalement de montrer à tout le monde ce
qui est notre passion à nous et d’appeler les gens à venir rire avec nous.
D. F. : Une chose importante, c’est un site qui est à jour…
F. L. : Ça pour être à jour, il est à jour puisque dessus, on
trouve toutes les dates du spectacle qu’on est en train de faire. On trouve
quelques petits extraits du spectacle pour faire envie et il ne nous reste plus
qu’à donner l’adresse du site finalement. Je vous le cite de vive voix, c’est www.theatre-matchbox.com.
De toute façon, je suis très fier d’ailleurs. Si on va sur Google
et que l’on met « théâtre matchbox », on
est la première ligne. Cela fait toujours plaisir de se sentir en tête de liste
dans Google.
D. F. : Trop facilement sur le net. On va à Neuchâtel
F. L. : Ce n’est vraiment pas compliqué.
Vous avez encore un mot pour nos
téléspectateurs ?
F. L. : Je crois que le mot de la fin, c’est le rire… Et à
travers ça, nous vous invitons simplement à venir rire avec nous…
Interview réalisée par Linda Fischer
Texte retranscrit par Françoise Berthod