Festival Wake+Jam :
Morat 2009
Lucas Langlois
Un
wakeboard, c’est l’équivalent du snowboard pour le
ski par rapport au ski nautique. C’est juste une planche un peu typée snowboard
mais avec un cambre inversé qui consiste, comme au snowboard, à faire des
figures en utilisant la vague du bateau, type saut périlleux, rotations et
autres extensions, type ride, superman.
Un sport pas si jeune que ça ?
Non,
qui a commencé dans les années 70, inventé par des surfeurs en Californie.
C’est arrivé en Europe, je dirais dans les années 85, milieu des années 80 et
qui se développe bien en Europe depuis les années 95, je dirais. Moi, ça fait
depuis 2000 que j’en fais. J’ai commencé un peu tard pour le niveau où j’en
suis. Je suis plutôt content d’être arrivé jusqu’ici… Maintenant, on essaye de
gagner un peu notre vie avec ça aussi. Mais, c’est difficile.
Quelles similitudes avec le ski
nautique ?
Avec
le ski de figures, beaucoup, tout ce qui est figure. On a repris beaucoup du
ski de figures pour les sauts périlleux, les rotations, etc. Cela reste
toujours le même principe, des sauts périlleux. Après, la différence, c’est que
nous, on cherche plus la hauteur, plus l’esthétique. On prend plus notre temps.
C’est plus basé sur la difficulté des tricks que sur le nombre des figures,
contrairement au ski nautique où s’est tout sur le nombre de figures. Nous,
c’est esthétique et qualité avant quantité…
Il y a un jury, il y a des figures
imposées ?
Pour
cette compétition, on a trois minutes derrière le bateau où on fait ce qu’on
veut. Il y a le jury qui note nos figures, les difficultés, l’esthétique. Si on
les fait plus ou moins bien, si on a la « rage » entre guillemets. Et
après, ils font le cumul. Il n’y a pas de points donnés, c’est en fait un
classement plus par comparatif. Ils en prennent un, ils donnent une note de
base et après ils disent : « Lui, est un peu mieux, lui est un peu
moins bon, etc. » et comme ça, ils mettent un classement.
Je
suis obligé de m’entraîner à peu près tous les jours. C’est beaucoup de
sacrifices. L’été, je ne pars jamais en vacances. C’est que des entrainements.
L’hiver, quand je pars en vacances, c’est pour partir m’entraîner. Pour arriver
à notre niveau, il faut faire quasiment plus que ça de sa vie, à côté de notre
vie professionnelle, car on ne peut pas encore en vivre… Il faut bien gagner
notre vie !
À voir quand même votre carrure, il y a
aussi un peu de fitness, de musculation ?
L’hiver,
oui de la musculation en salle. Après, vu que je n’ai pas la chance de partir
toute l’année à l’étranger pour m’entraîner, j’ai fait 13 ans de gymnastique.
J’ai fait un peu de rugby. On fait ce qu’il faut pour garder la forme. Après,
il y a tellement de blessures en début de saison sur les « riders » qui ne se sont pas entrainés l’hiver, qui
arrivent au début et qui vont reprendre comme la saison d’avant et ils se
cassent un genou, ils se cassent quelque chose… Du coup, j’essaye de faire
gaffe. Une saison en moins au niveau où l’on est, c’est perdre deux ans. Le
niveau monte tellement vite qu’après on n’a pas le choix. On ne peut pas se
permettre de louper une saison.
On est sur l’eau, mais on peut quand
même se faire mal ?
Ah
oui, comme au snowboard, pas mal de genou, d’épaule. Les épaules, s’est lié à
la traction et après il y a eu quelques accidents, types les bras dans le
ballonnier ou la tête dans le ballonnier qui étaient assez graves. Il n’y a
jamais eu de morts, mais ça reste un sport assez dangereux quand même. Il faut
faire attention…
Interview réalisée par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod