Auvernier Jazz
Festival 2009
Jean Martin Peer
Ce
projet fou est né d’une envie de partager la musique avec des gens, d’offrir un
site, un accueil qui soient extraordinaires, une belle programmation, une
qualité au niveau de tout ce qu’on réalise ici sur ce site. Cela fait des
années que je suis dans la musique, ça fait partie de ma vie intimement. Je
chante, j’ai joué des instruments et j’ai été impliqué dans des manifestations
culturelles, manifestations musicales et, enfin de compte, je me suis
dit : « Neuchâtel a eu une histoire d’amour avec le jazz ! »
Je ne veux pas dire que ça s’est arrêté mais il y a comme une sorte de
parenthèse qui s’est créée au début des années 2000. Après le Jazz Land, après
Ozone Jazz, après Festi Jazz, plus rien ne se passait.
Je me suis dit : « Il me faut créer quelque chose. » Ce qu’on a
créé, c’est Auvernier Jazz Festival. C’est vrai qu’on
a reçu l’autorisation de la part des autorités le 22 juin de cette année à
22h30. Et à partir de ce moment-là, ça a été une succession de petits miracles,
parce qu’on a réussi à faire une programmation qui est vraiment belle et qui
est particulière pour une première édition, puisqu’on a amené des têtes
d’affiche comme Roy Hargrove, comme Jan Lundgren et beaucoup d’autres groupes, puisqu’on a sur les
deux jours, cinq groupes qui se produisent plus les After
que l’on fait dans les petites caves ici à Auvernier.
Je pense que c’est une réussite. On l’a voulu. J’ai une trentaine de personnes
autour de moi qui m’ont accompagné pour ce projet. J’ai 120 bénévoles qui
travaillent sur ces deux jours et je crois que le public est heureux. On a eu
une très bonne affluence hier soir, hier après-midi. Le temps est avec nous et
j’espère que ce dimanche sera encore une belle journée.
Philippe Zumbrunn
Quel est ton sentiment par rapport à ce
festival ? Un festival de jazz dans notre région de Neuchâtel.
Je
dois dire que c’est un énorme événement qui est le bienvenu pour tous les
amateurs de jazz surtout avec une programmation aussi flamboyante pour un premier
festival, c’est un coup de maître. Je n’y suis pour rien, il faut le dire tout
de suite. Je suis simplement un partenaire média pour la cause de Radio Jazz.
Mais j’ai félicité le patron de cette affaire, Jean Martin Peer
pour avoir eu les relations nécessaires pour trouver la programmation. Et la
relation, il se trouve que c’est un grand ami à moi comme par hasard… On se
trouve en famille et c’est ça qui est bien.
À ton avis, c’est terriblement
courageux, non ?
Oui.
C’est vrai que c’est un grand courage d’oser lancer un festival de cette
envergure. Je dirais qu’il y a eu Festi Jazz jusqu’à
maintenant. Festi Neuch
maintenant et c’est un peu le relais de ce qui avait été lancé déjà, mais de
l’autre côté de Neuchâtel, un peu plus à l’ouest. Là, l’endroit me semble un
peu mieux. Il s’y prête encore un peu mieux que sur Neuchâtel.
Est-ce que tu penses qu’ici, il y a un
potentiel suffisamment important pour faire un festival de jazz ?
C’est
toujours la crainte. C’est la crainte universelle de tous ceux qui organisent
quelque chose, à savoir si le public va répondre. Pour une première, je dois
dire qu’à mon avis, c’est déjà un succès. On a eu la chance du beau temps qui
s’est levé juste au moment voulu. Hier soir, c’était quand même bien rempli et
j’espère que ce soir pour un dimanche soir, ça sera aussi bien rempli. Pour une
première, je dois dire, je ne suis pas l’organisateur, mais mon sentiment
personnel, c’est une réussite.
Et pour le passionné de jazz que tu es
depuis quelques décennies, allez osons le dire… c’est quelque chose de
fantastique, c’est merveilleux pour le cœur ?
Oui,
c’est merveilleux. D’autant plus que les vieux Neuchâtelois, ceux de mon âge se
souviennent quand même que Neuchâtel était un centre du jazz bien avant Genève
et Lausanne, puisque tous les grands musiciens comme Count Basie, Duke Ellington,
Lionel Hampton, Louis Armstrong, j’en passe bien sûr… Les grandes pointures se
sont toutes arrêtées à Neuchâtel il y a 40 ou 50 ans. C’est un retour aux
sources du jazz à Neuchâtel et j’espère que ça va continuer comme ça longtemps.
Toi qui es un connaisseur, on peut dire
que Neuchâtel est un bon terreau en matière de jazz ?
Terreau,
en tant que musiciens, c’est vrai. C’est vrai, on vient d’en entendre un là. Il
y en a plusieurs. Il n’y a pas que Neuchâtel. Je reconnais qu’à Neuchâtel, il y
a effectivement beaucoup de musiciens de jazz et de la jeune génération. C’est
ça qui est incroyable. La jeune génération, on va encore en voir tout à
l’heure. C’est un tant mieux et je dois dire qu’il y aura tout ce qu’il faut
pour continuer ce festival pendant longtemps, j’espère…
Et le jazz n’est pas prêt de
mourir ?
Ah
non. Il y a beaucoup de gens qui se plaignent. J’ai parlé avec une chanteuse
italo-américaine qui était là hier soir et elle se plaignait qu’il y a, même en
Amérique, de moins en moins de public. Le public a vieilli et les jeunes, ils
sont malheureusement attirés par des musiquettes populaires, genre Britney Spears et je ne vais pas dire d’autres noms, mais c’est un
peu le modèle qui fait que les jeunes se perdent dans une musique qui n’est pas
forcément la musique de jazz pure. C’est du jazz édulcoré avec du rythme et
c’est tout…
Le jazz, c’est une musique qui peut
évoluer ou pas ?
Oui.
Il y a énormément de musiciens que ce soient américains, européens, italiens,
allemands, français de la jeune génération, il y a même Pedroli
qui était là hier et qui sera là tout à l’heure, qui sont de la jeune
génération et qui sont là pour assurer la relève. Moi, je n’ai pas peur.
Simplement, il faut que le public soit formé et je crois que cette
expérience-là permet au public peut-être badaud qui est venu là pour voir,
d’être séduit par le jazz et je crois que c’est ça la bonne expérience.
Jean Martin Peer
On
a mis un accent vraiment particulier sur la partie de la restauration avec des
gens qui travaillent avec des produits naturels, qui ont envie de donner du
plaisir aux gens qui viennent sur le site. L’accueil est également une chose
très, très importante par rapport aux artistes que nous accueillons ici. Ce
sont des gens qu’on va chercher à l’aéroport, qu’on amène dans la région. On
essaye de les avoir un petit peu plus tôt. Roy Hargrove
et Roberta Gambarini sont arrivés jeudi déjà pour un
concert du samedi. Pourquoi ? Parce qu’on veut leur montrer la région qui
est idyllique, parce qu’on veut les mettre dans des conditions idéales pour
qu’ils soient à même d’exprimer le meilleur de leur musique.
Interviews réalisées par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod