Société de Sauvetage du Bas-Lac

 

 

Claude Zweiacker

 

Le 23 août 1934, il y a donc pile 75 ans, un violent coup de tabac s’est abattu sur le lac de Neuchâtel. Dans le Bas-Lac de Neuchâtel, on déplora plusieurs navigateurs noyés, leur embarcation s’étant retournée sous l’effet des vagues. Cet ouragan et les conséquences graves qui s’en suivirent incitèrent plusieurs habitants de la région de Saint-Blaise à constituer une société de sauvetage pour éviter la répétition de tels drames. Ainsi, à la fin de l’année 1934, la société pu être constituée et ses membres s’inspirèrent de l’existence des sections de la Société internationale de sauvetage du lac Léman, société qui actuellement réunit 34 sections et plus de 2000 membres dont 800 actifs. La Société de sauvetage du lac Léman a toujours établi le principe du bénévolat dans les interventions de sauvetage, principe qui est aussi appliqué à Saint-Blaise. Ces membres interviennent toujours gratuitement et ne facturent pas leurs interventions sur le lac.

 

La Société de sauvetage du Bas-Lac fit l’acquisition en 1935 d’un bateau à huit rameurs. À l’époque, la motorisation était encore très faible sur les embarcations des lacs. Ce canot fut baptisé Jean-Louis, du nom du roman d’Auguste Bachelin qui évoque la vie à Saint-Blaise au XIXème siècle. Depuis 1935, la société assura un service de sauvetage sur le lac et ses interventions permirent d’éviter la répétition de beaucoup de drames. Aujourd’hui, la société compte environ 60 membres actifs et possède encore deux bateaux à rames. Le bateau Jean-Louis que j’évoquais tout à l’heure et un second, le bateau Père William, appelé Père William du nom du peintre de la région, William Röthlisberger, peintre du lac. Elle assure depuis 1964, en collaboration avec les autorités cantonales, notamment la police cantonale et le service d’incendie de secours de Neuchâtel, le service du sauvetage 24 heures sur 24 dans la zone comprise entre le bout du lac de Neuchâtel et la limite d’Hauterive, c’est-à-dire Champréveyres, Le Laténium et Cudrefin. La société peut être demandée lorsqu’il y a plusieurs embarcations en difficulté sur le lac. Elle peut aussi sortir à la demande d’autres services de secours, porter son aide au-delà. L’intervention la plus éloignée de Saint-Blaise qu’elle a faite, ce fut une fois au large de Saint-Aubin. Elle dispose maintenant d’un canot extrêmement rapide et d’une équipe d’une quinzaine de membres d’intervention qui est toujours prête pour assurer les secours quelle que soit le jour, quelle que soit l’heure de la nuit et qu’elle que soit le mois. Le bateau se trouve en cale sèche dans le bâtiment du sauvetage à Saint-Blaise. Il suffit d’ouvrir les portes du bâtiment et le bateau glisse sur une rampe et peut intervenir très rapidement sur n’importe quel point du lac de la région où il s’avère utile.

 

La Société de sauvetage a eu la grande chance de pouvoir organiser le samedi 22 août passé, la Fête internationale de sauvetage du Léman, puisqu’elle établit avec les membres de cette société, des contacts amicaux depuis trois quarts de siècle. À l’occasion du 75ème anniversaire de la SSBL, les sociétés de sauvetage du Léman ont « accepté » entre guillemets de localiser leur fête à Saint-Blaise, ce qui est assez exceptionnel, puisqu’il y a 25 ans, la même demande avait été faite par la Société de sauvetage pour le 50ème anniversaire et, à l’époque, il n’était pas question pour les gens du Léman, qui ont parfois un esprit égocentrique, de vouloir déplacer leur fête sur un autre lac ! La fête a eu lieu le 22 août passé. Elle a connu un grand succès et les sauveteurs du Léman ont beaucoup apprécié l’organisation à Saint-Blaise et aussi le cadre magnifique qui leur a été offert au bord du lac, à Saint-Blaise. Les conditions étant excellentes, beau temps avec une très légère bise…

 

 

Texte retranscrit par Françoise Berthod