Les Artisanales de Noël :
Jean-Pierre Ingold
C’est bientôt Noël. Pour nous mettre
dans l’atmosphère, on va parler d’un événement unique en Suisse qui réunit plus
de 150 artisans, c’est les Artisanales de Noël qui se tiendront à la place du
Port à Neuchâtel du 5 au 13 décembre. Pour en parler, nous sommes réunis ici
dans le Café du Pont à Boudry et nous recevons
Jean-Pierre Ingold qui est l’organisateur de cet événement. Bonjour.
Bonjour.
Comment organisez-vous ces Artisanales
de Noël ?
On
organise ces Artisanales de Noël avec un comité. On a, cette année, un nouveau
comité suite au départ d’un couple de
Je pense que ça prend beaucoup de temps
pour organiser un tel événement. Vous vous y prenez assez tôt ?
Je
crois que l’on fait simplement un saut de plus d’une année à l’autre. À peine
que l’on a clos les dernières Artisanales, on est déjà à l’attaque pour
l’édition suivante.
Pourquoi peut-on qualifier cet événement
d’unique ?
La
particularité de cet événement, c’est que les Artisanales de Noël rassemblent
essentiellement des artisans-créateurs. On a toujours
voulu faire quelque chose d’exceptionnel pendant ces fêtes et on s’est rendu
compte qu’avant cet événement-là, il n’y avait rien qui rassemblait que des
gens qui créaient et qui vendaient leurs produits eux-mêmes. Nous n’avons
aucune revente.
L’objectif des Artisanales, c’est quoi
en fait, justement de promouvoir ces gens-là ?
C’est
déjà de promouvoir les artisans-créateurs, de leur
donner aussi un espace de vente pendant ces Fêtes de Noël qui soit abordable au
niveau des prix et de l’emplacement pour tous. Beaucoup de ces artisans-créateurs ne pourraient pas se payer le luxe de
faire tous les comptoirs de la région pour vendre leurs produits.
Pourquoi ? Parce que le prix des places devient extrêmement cher.
En fait, c’est un peu comme une
vitrine ?
Ces
Artisanales deviennent une vitrine pour eux et un rassemblement incontournable
maintenant au mois de décembre. Autant pour les visiteurs qui y ont pris goût,
puisqu’on est à notre 5ème édition sur Neuchâtel, mais aussi, c’est
une rencontre des artisans. On pourrait presque qualifier ces artisanales de
salon des artisans avec le thème de Noël.
Ces artisans, ils viennent d’un peu
partout ou uniquement de la région, d’où viennent-ils ?
On
a des artisans qui viennent beaucoup de la région bien sûr, parce qu’on
favorise l’artisanat régional. Mais l’aura de ces Artisanales a bien sûr aussi
dépassé les frontières et on a actuellement aussi des artisans qui viennent de
France, du Doubs en particulier. Mais j’ai des gens qui viennent même de
Perpignan, du sud de
Vous leur demandez quelque chose de
spécial pour qu’ils puissent participer à l’événement ? Quel est
l’objectif qu’ils doivent atteindre ou la condition sine qua non qu’ils doivent
avoir pour pouvoir faire partie de l’événement ?
Pour
faire partie de l’événement, l’artisan-créateur
lui-même doit rester sur son stand et vendre son propre produit.
C’est une question d’authenticité,
j’imagine ?
C’est
une question d’authenticité et c’est une question aussi de propreté du marché.
On ne tolère absolument pas la revente et on ne la tolérera jamais, parce que
si l’on fait une petite incartade là-dedans, si on ouvre une fois cette porte à
la revente, ce marché-là aura tout perdu de son aura et de son authenticité.
Vous les accueillez dans un cadre assez
spécial, une tente. Est-ce que vous pouvez nous parler de ce cadre, comment il
est organisé, de l’ambiance peut-être et aussi du prix d’entrée ?
Oui,
effectivement ! Depuis cinq ans maintenant, nous organisons ces Artisanales
de Noël sous le grand chapiteau de l’Expo du Port dont nous bénéficions après…
D’autres événements ?
Après
d’autres événements, nous bénéficions de cet emplacement. Bien sûr que les Artisanales
louent ce chapiteau qui n’est pas forcément bon marché, mais qui donne à ce
marché la possibilité aussi de créer des stands diversifiés pour chacun. Je
veux dire par là que chaque stand est monté par chaque artisan et chaque
artisan y met du sien… Sur les 150 artisans qui seront présents, nous avons 150
manières différentes de présenter un produit.
Et ces stands font…
Les
stands font
Ça sera ouvert tous les jours ?
On
sera ouvert tous les jours. On commence le samedi 5 décembre avec une
inauguration officielle. L’ouverture officielle du marché sera donc à 15 heures
ce samedi et tous les jours jusqu’à 22 heures.
Et depuis quelle heure ?
Tous
les jours, le dimanche de 10h00 à 22h00 et autrement en semaine, ça sera de
15h00 à 22h00 et le samedi-dimanche, de nouveau de
10h00 à 22h00 et le dernier dimanche de 10h00 à 19h00.
Il y a un prix d’entrée pour y
accéder ?
Bien
sûr. Pour que la manifestation puisse fonctionner et que les artisans n’aient
pas un prix élevé ou trop élevé à payer, nous demandons une participation au
public qui se fait déjà depuis cinq ans. Depuis l’heure d’ouverture jusqu’à 19
heures, nous demandons aux visiteurs, la somme de Frs. 5.-, à partir de 16 ans.
À partir de 19 heures, la réintroduction ou l’introduction dans le marché est
libre, ce qui veut favoriser aussi un peu les gens de Neuchâtel, de manière à
ce qu’ils retournent au marché non seulement pour flâner, mais aussi pour avoir
des moments de convivialité.
Peut-être, parlez-nous maintenant des
différents produits qu’on peut trouver dans ces artisanales ! Est-ce que
vous pouvez donner quelques exemples ?
Effectivement,
les artisanales sont ouvertes à toutes les formes d’artisanat et la liste est
extrêmement longue, si on veut bien, parce que je ne pourrai pas citer les 150
artisans en détail.
Peut-être les activités
principales ?
On
aura des gens qui vont travailler tous les produits que l’on peut travailler,
partant du fer, de la ferblanterie où nous avons des gens qui font des
arrosoirs, des décorations de toits, mais aussi des activités pour enfants où
chacun pourra partir avec un petit pinceau qu’il aura forgé lui-même sur une
petite enclume. On a de la bijouterie. C’est un art qui se compose de diverses
techniques et les fabrications de bijoux englobent autant le métal, le textile,
le cuir et bien d’autres matériaux que l’on ne saurait encore imaginer…
Il y aura quelques démonstrations de la
part des artisans ?
Il
y aura des démonstrations d’artisans, c’est sûr. Nous avons des maroquiniers
qui travaillent le cuir. Nous aurons des textiles, des gens qui font du tissage
et qui, avec ces produits tissés, confectionneront des vêtements. On aura des
articles de mode et de saison. Des gens qui fabriquent des choses en laine
mohair, etc. avec des produits naturels et bio. Nous aurons aussi des gens qui
font plutôt dans l’art décoratif. Nous avons des produits en gypse, en sculpture
moulée. Cette année, on a le thème de la « légende de la forêt » avec
des escargots, des petits champignons et d’autres motifs. Nous avons des
artisans verriers autant du verre fusé que soufflé, collé. On a aussi des gens
qui feront des miroirs sous toutes leurs formes. Le bois évidemment, on ne peut
pas l’oublier. Le bois se travaille aussi sous toutes ses formes. Il est
repeint, il est découpé, il est amélioré. Dans le papier aussi, on aura des
gens qui font de la linogravure, des aquarelles, des tableaux, des collages. Je
n’oublierai certainement pas les gens qui travaillent la terre, bien sûr. Nous
avons aussi des potiers et la poterie se décline aussi sous beaucoup de formes
différentes. Si on veut simplement parler de poterie, c’est un terme très
général, parce qu’on a de la céramique, de la technique comme du raku, de l’étamage, de la porcelaine et j’en passe…
Tout le monde peut trouver son bonheur.
Tout
le monde trouvera chaussure à son pied, c’est certain !
Peut-être que tout le monde va trouver
son bonheur, mais on va peut-être parler dépenses, parce que dans ces temps de
crise, les gens pensent à leur bourse, mais est-ce qu’il y a des choses plus
abordables ?
Tout
à fait ! C’est clair que quand on parle de sculptures, on va parler de prix
beaucoup plus élevés que si on parle tout d’un coup de petites figurines, de
cartes ou de décorations d’intérieur. Je pense que chacun y trouvera le cadeau
à faire dans le cadre de la famille. On peut trouver du cher, mais du moins
cher aussi… Je pense que même un enfant trouvera de quoi faire un cadeau à ses
parents.
C’est magnifique. Vous avez parlé
d’inauguration avant, mais je crois qu’il y a aussi d’autres activités, des
animations ?
Bien
sûr. On fait une petite inauguration officielle qui se veut une tradition. Nous
avons invité pour l’occasion les Autorités de
Est-ce que l’on peut sponsoriser cet
événement aussi ? Est-ce que c’est possible ?
Bien
sûr. Le budget est assez énorme et je pense qu’effectivement si d’un côté, on
tient à garder des prix bon marché ou relativement corrects pour que les
artisans puissent se payer le luxe de prendre un stand sur notre marché, d’un
autre côté, on demande une entrée aux visiteurs, on n’arrive pas forcément
toujours à clore le budget de manière très optimale. Nous avons besoin
effectivement de sponsors et d’annonceurs sous toutes leurs formes,
c’est-à-dire que nous éditons des affiches, la publicité est énormément chère,
mais sur ces affiches, nous aurons des sponsors. Nous avons aussi des sets de
tables qui seront distribués dans toute la région neuchâteloise, fribourgeoise,
Quelques informations supplémentaires
qui vous semblent importantes à donner ?
Je
pense qu’il est important aussi de signaler qu’il n’y a pas un marché qui peut
fonctionner sans les stands de convivialité. Je veux dire par là qu’on a
forcément toujours une petite faim et quelque chose à grignoter ou à boire,
parce que déambuler dans une salle bien chauffée en plein hiver va donner soif…
Nous avons pour ce faire un restaurant qui est tenu par le restaurant du Pont
de Boudry, par Roméo De Iaco.
Nous avons aussi un bar qui est à l’extrême opposé de la tente, qui est le bar
des amis tenu par M. Anderegg et à l’extérieur, nous
avons un ou deux stands qui proposent aussi de la nourriture comme des bonbons,
des crêpes et un snack qui sera aussi tenu par moi-même. Dans tout ça, nous
avons aussi des animations et, par rapport aux années précédentes, les
animations ont été un peu restreintes. Pourquoi restreintes ? Tout
simplement, parce que certains artisans dans leur souhait l’année passée
désiraient un peu moins d’animation qui focalisaient trop le public sur les
animations et qui oubliaient un petit peu les stands qui étaient aux alentours.
Nous avons donc demandé d’inverser cette tendance et on a demandé aux artisans
eux-mêmes de faire leur propre animation. On a de plus en plus d’animations sur
les stands mêmes. Par exemple des petits objets qui se fabriquent sur place,
des gens qui tirent leurs bougies, des gens qui fabriquent leurs propres
produits directement devant le public. Je pense que cette animation-là, elle
favorisera beaucoup plus l’artisan lui-même. On le mettra beaucoup plus en
valeur.
Vous dites qu’un événement pareil se
construit déjà une année à l’avance, est-ce que pour l’année prochaine vous
avez déjà besoin de quelque chose ou de faire un appel peut-être ?
Bien
sûr ! Nous pensons à 2010 qui est déjà à la
porte. À peine terminées les Artisanales 2009, il faudra bien se relancer dans
le bain, et c’est pour ça que je fais déjà un appel aux sponsors et aux
publicitaires pour l’année prochaine, parce que là aussi, il est important que
nos sponsors et nos publicitaires puissent également changer. Nous avons autant
des affiches avec des bandeaux publicitaires qu’un set de table qui sera
distribué à large échelle. Je veux dire par là dans le Seeland, dans le canton
de Neuchâtel, dans le canton de Vaud, Fribourg du côté de
Je souhaite que cet événement ait un
grand succès et je vous remercie en attendant de votre compagnie et de toutes
ces informations.
Je
vous remercie aussi.
Interview réalisée par François Gombàs
Texte retranscrit par Françoise Berthod