Equus helveticus
Dorthe Ballaman
Je
suis responsable du National FM, ce qui veut dire que je suis la présidente du
comité d’organisation pour cette grande manifestation des chevaux Franches-Montagnes. C’est Equus helveticus. C’est la nouvelle manifestation, le festival du
cheval à Avenches, qu’on a créé cette année, qui regroupe
le Haras national, l’IENA,
Quelle est l’utilité de cette
manifestation ?
D’une
part, c’est la plus grande manifestation pour les éleveurs, parce que c’est la
finale des épreuves d’élevage. autant pour les
Franches-Montagnes que pour les demi-sang, et d’autre part pour le public comme
vitrine pour montrer pour nous, Fédération Franches-Montagnes, la polyvalence
de notre cheval à travers toutes les différentes disciplines possibles.
Il n’y a pas que le saut d’obstacles qui
est le plus connu. Dites-nous un petit peu tout ce qu’on peut voir ici, tout ce
qu’on peut faire avec ce cheval !
Ici,
sur place, on peut voir des épreuves de saut ou de dressage, de gymkhana, de
débardage, de traction. On a différentes épreuves de western. On a les jeunes
juments. On a les championnats de poulains, autant mâles que femelles, de
l’attelage de toutes catégories d’âges avec aussi des participants qui vont en
international.
Pour commencer le moins connu, le
gymkhana qui est derrière nous, comment ça se passe ?
Le
gymkhana est réparti en deux catégories. La catégorie des trois et quatre ans
pour le cheval et les cinq ans et plus. Il y a un parcours d’obstacles à
franchir qui consiste à faire à peu près huit obstacles. C’est des obstacles qui
demandent une certaine adresse du cavalier et aussi du cheval. C’est le cheval
plutôt qui est jugé pour son aptitude à réussir ce parcours.
Une compétition pas très connue, le
débardage aussi, c’est nouveau ?
Exactement.
Cela vient du fait que le cheval des Franches-Montagnes est un cheval de trait
et est utilisé pour nettoyer des forêts dans des zones qui sont difficilement
accessibles avec un véhicule. Là, on a un parcours à faire avec un tronc qui
fait entre 4 à
L’attelage, ça c’est un petit peu plus
sportif, alors ?
L’attelage
réparti entre différentes catégories, les trois ans, les quatre ans, les cinq
et six ans et ensuite les « Super Promotion » à un cheval et à deux
chevaux avec une présentation d’abord. Ensuite un parcours de maniabilité et un
programme de dressage à réussir.
La
jeune jument qui veut être une jument d’élite, ça veut dire qu’elle doit avoir
au niveau extérieur un certain nombre de points. Elle doit déjà se distinguer
par rapport à l’ordinaire, être meilleure, plus belle, plus souple. On juge
justement le modèle, le type, la conformité et les allures au pas et au trot.
Ensuite, ces juments sont attelées et font un petit programme d’attelage et à
la fin, un petit programme avec la selle.
Sans entrer dans les détails, alors le
western ?
Le
western, il y a la catégorie Open et la catégorie des Green Horses.
Il y a différentes épreuves qui se déroulent sur toute la journée avec un
record d’inscriptions cette année, avec plus de 140 participants.
Ils doivent répéter un peu les exercices
que font les cow-boys, je crois ?
Aussi,
oui !
Pour posséder un cheval aujourd’hui,
est-ce qu’il faut forcément être fortuné ou pas ?
Cela
dépend où vous vous situez. Mais il ne faut pas forcément être fortuné, parce
qu’il y a beaucoup de possibilités et, heureusement aujourd’hui, on a aussi
beaucoup de possibilités de formation pour pouvoir garder un cheval
correctement par rapport à son comportement, le plus naturellement possible. Il
y a le Haras national par exemple qui propose des formations. Il y a le fameux
cours « Equiguard » et maintenant « Equiguard Plus » et on trouve de plus en plus de
paysans qui transforment une partie de leurs écuries pour la garde des chevaux,
ce qui permet sans avoir forcément de grandes infrastructures, tels que manèges,
paddocks, pour garder un cheval à un coût inférieur. On trouve quand même le 80 % des chevaux dans le milieu
agricole en Suisse.
On n’est pas forcément obligé d’acheter
un cheval, parce qu’au cas où ça serait un caprice d’enfant, on peut d’abord
louer le cheval, je pense ?
On
peut aussi avoir des demi-pensions, ce que j’ai aussi fait comme expérience.
J’ai donc une cavalière qui vient monter régulièrement mon cheval, qui paye une
demi-pension sans forcément acheter le cheval, sans avoir tous les frais
annexes. Ce qu’il ne faut pas oublier et qu’il faut quand même calculer, c’est
les frais de maréchal et de vétérinaire. On a quand même toujours des petites
surprises durant l’année. Ce n’est pas quelque chose de gratuit, ça c’est
clair. On peut aussi s’adresser à un manège, prendre simplement des cours, voir
déjà dans quelle direction on veut aller au niveau de l’utilisation. C’est là
de nouveau que le cheval Franches-Montagnes est très pratique, de par sa
polyvalence, parce qu’il peut faire beaucoup de choses. Comme il est formé à
l’âge de trois ans autant à l’attelage qu’avec la selle, il a déjà la formation
de base nécessaire pour toutes les disciplines imaginables après.
Justement, vantez-nous un peu ce cheval,
parce que c’est visiblement celui que vous aimez le plus !
Bien
sûr ! Sa polyvalence, c’est justement le point qui le caractérise le plus.
Ce que
On peut dire que c’est un cheval qui est
gentil, plutôt ?
C’est
en tout cas ce que je souhaite, qu’il ait un caractère correct et qu’il soit
calme et sûr, pour le cavalier surtout ou pour le meneur.
Ce
soir, pour commencer, le Derby Stübben. C’est un
derby qu’on a inventé nous-mêmes. C’est une épreuve combinée de saut et d’attelage.
Vous avez en premier un parcours d’attelage. Il y a l’atteleur
qui part pour son parcours de maniabilité avec comme groom, sur le char, le
cavalier de saut. À la fin de son parcours, le cavalier doit prendre son cheval
de saut et faire son parcours de saut et le temps des deux concurrents est
additionné. C’est une épreuve qui est sponsorisée pour nous par la maison Stübben, c’est pour ça qu’on l’appelle le Derby Stübben. Cela montre encore une fois cette polyvalence du
cheval Franches-Montagnes. C’est une épreuve assez spectaculaire, à ne pas
manquer.
La
soirée des éleveurs, on va distinguer un certain nombre d’étalons. Là, on a
cinq étalons qui sont distingués par rapport à leur performance propre ou par
rapport à la performance des descendants, soit des poulains, soit des jeunes
chevaux de trois ans, soit des chevaux en compétition et il y a un certain
nombre de présentations d’étalons à travers des quadrilles et à travers des
différents spectacles. Cette soirée dure en gros deux heures.
Interviews réalisées par Jean-Pierre
Lambert
Texte retranscrit par Françoise Berthod