Valérie Verdier : Artiste peintre
Bonjour Valérie.
Bonjour
Virginia.
Alors nous sommes ici à votre vernissage
car vous êtes artiste peintre, mais vous êtes aussi Présidente d’une
association. Pouvez-vous nous la présenter ?
Oui,
évidemment, c’est une association qui a été créée en 2009 mais qui ne réunit
pas que des artistes de peinture, il y a là aussi des artistes qui taillent la
terre, la pierre ; nous avons une écrivaine ; nous attendons des
photographes également et nous avons des gens qui font de la musique. Cette
association a pour l’instant deux objectifs : le premier, c’est de
l’entraide entre nous pour trouver des lieux d’exposition et le deuxième
objectif, c’est vraiment l’ouverture de l’art sur l’extérieur et puis que
l’extérieur puisse bénéficier de tout ça. Donc, nous avons pour l’instant un
projet, qui va être un projet de rue, que nous sommes en train de finaliser,
qui, normalement, devrait pouvoir être présenté à la ville de Neuchâtel, soit
fin janvier, soit au mois de février et nous avons encore d’autres projets qui
sont en cours de finalisation et nous attendons également des gens avec des
idées originales. Je suis persuadée que dans ce beau canton de Neuchâtel, il y
a des personnes qui ont plein de belles idées mais qui, d’être seules, ne
peuvent rien développer. Donc, nous les attendons, on travaillera avec elles.
Très bien. Alors, par rapport aux
tableaux qui sont exposés ici, ils sont très originaux, ils sont très colorés,
pouvez-vous nous les présenter et nous dire où puisez-vous votre
inspiration ?
Alors,
où je puise mon inspiration ? Je me suis simplement amusée à faire des
fonds de différentes couleurs. Étant infirmière, j’ai des petites
seringues ; j’ai giclé de la peinture ; j’ai pris une fourchette,
voilà, et puis on m’a dit que c’était de l’ « act
painting », mais je ne savais pas du tout que je
faisais ça ! Alors, après ce tableau, quelque chose de totalement
différent qui fait appel à l’art aborigène ! Donc, je me suis inspiré de
cet art aborigène et j’ai intitulé ce tableau « Les rouages ». Nos
rouages, les rouages de la vie. Voilà, donc je me suis beaucoup amusé à faire
ça c’est du bleu sur du noir et c’est vrai que la lumière compte énormément
pour pouvoir faire ressortir ce tableau. On va passer dans un genre tellement
différent, que j’ai fait plusieurs fois qui est ce château, mais où j’ai
rajouté des choses, ôté, remis, mais là, c’est vraiment parce que la première et
la deuxième fois que j’ai fait ce tableau-là, j’ai pris tant de plaisir que,
voilà, j’avais envie de le refaire pour le plaisir. Alors là, nous en avons un autre qui, bon, c’est un tapis volant sur un fond rose avec
une porte dessus et l’emblème, c’est l’œil et la bouche. Cet œil et cette
bouche, j’avais que ça comme détail sur un livre et puis ça m’a parlé en me
disant la saga des sentiments… voilà, ce tableau s’appelle « La saga des
sentiments ». Vous pouvez remarquer qu’au niveau des profils, je ne sais
pas les faire mais les tulipes et les sourcils des tulipes, c’est l’homme et de
l’autre côté, à gauche, c’est la femme.
Il
y a ce tableau-là qui s’appelle « Les oiseaux épieurs » qui est, lui,
inspiré d’un calendrier. Vous savez, sur les calendriers, il y a toujours soit
des photos, soit des dessins, voilà, et puis je l’ai fait à ma façon, je
trouvais que c’était joli et je l’ai repris à ma façon. Juste en dessous, nous
avons un tableau qui s’appelle « Mais tu rêves, toi ? », dixit,
point d’interrogation…. Alors ça c’est la femme effectivement qui lui dit
« Mais je ne vais pas revenir » soit c’est l’homme qui lui dit « Mais
arrête de rêver, reviens », au choix.
Et
ça, c’est plutôt inspiré de l’art brut. Il y en a un autre qui est aussi
inspiré de l’art brut, qui est donc cette femme avec une robe totalement
démesurée, avec une coiffure pareille et puis j’ai mis une rose en haut à
gauche, ça s’appelle « La femme de mes rêves », mais, voilà, je me
suis surtout amusée avec les couleurs. Ensuite vous en avez un autre qui, lui,
est directement tiré de l’art brut que j’ai appelé « Élément tangible »
qui représente la fluidité, qui représente les montagnes, qui représente le
feu, la terre, qui représente tout ça pour moi. En ce moment, je suis beaucoup
sur l’art aborigène ; je trouve que c’est quelque chose d’extrêmement
joli. Je vais vous montrer un autre tableau qui sort également de l’art brut,
qui s’appelle « Jazzman », donc c’est un tableau qui m’a pris du
temps mais je me suis vraiment passionnée en le faisant. Il y en a encore deux
autres dont ce tableau qui s’appelle « Regardez-nous, c’est vous »,
voilà, alors ça, il faut le regarder de près, c’est uniquement de l’art brut
fait au pinceau chinois. J’ai démarré un matin à cinq heures et je n’ai pas pu
me coucher avant de le terminer. Et le dernier qui vraiment pour moi exprime…le
titre, il s’appelle « Liberté ». Donc il y a encore cette grande
femme qui est reprise, et puis avec des fleurs qui partent dans tous les sens,
il y a un cadre au fond de ce …sur ce tableau et de ce cadre partent du bas et
du haut ; tout sort, tout part, avec des personnages un petit peu particuliers
et puis des fleurs au-dessus.
Interview réalisée par Virginia Dupraz
Texte retranscrit par Christoph Yavkin