ARC novembre 2004 : Journal Objectif Réussir
Gaëlle Lavidière
Vous
les avez sans doute déjà rencontrés dans la rue ou dans un centre commercial.
Les vendeurs d’Objectif Réussir font maintenant partie de notre paysage. Ce
journal de rue bilingue, français allemand, est né dans le canton de Neuchâtel,
mais il est distribué dans toute
Olivier Kurth a passé quelques jours avec eux.
Michel Coquoz
C’est chaque fois un peu nouveau. C’est un mélange de fébrilité, pas d’angoisse mais quand même un peu de crainte, à savoir si il y a le rendu qu’on espérait. En principe, on est toujours satisfait.
Jean-Pierre Lambert
Personne ne les oblige à venir ici. Ce sont toutes des personnes qui étaient à l’aide sociale, qui ont fait la démarche de ne pas vouloir rester inactives. Ils ne voulaient pas recevoir l’aide sociale sans donner quelque chose en échange. Donc, ils sont déjà tous venus volontairement.
Joël Perrenoud
Le journal, pour moi, c’est signe de vivre. Sans le journal, je survis. Avec le journal, je vis vraiment.
- Salut Marco.
- Hello Jean-Pierre.
- Comment ça va.
Marco Lüthi
Ce qui me touche le plus, c’est quand on me dit : « Vous, vous avez du courage à faire ce genre de travail. »
- Un beau petit journal, Monsieur ?
Parce qu’il y a personne qui le fait sinon.
- Bonne journée.
Joël Perrenoud
Cela m’apporte déjà de me lever le matin, de dire bonjour à des gens, de temps en temps d’avoir une discussion car on vient me dire : « Oui, ton article-là, il n’était pas mal mais tu aurais pu mettre ci ou ça » ou alors on me dit : « il était formidable, il ne faut rien changer » et cela me permet d’avoir une vie sociale même si des moments j’en vends pas, ce n’est pas très grave.
- C’est intéressant et cela leur rend service, deux trois sous.
- Il faut les soutenir. Cela peut être nous, alors…
Jean-Pierre Lambert
Mon principal moteur, c’est de voir l’évolution des membres de l’équipe. Seulement les voir arriver le matin avec le train avec le sourire, je me dis que cela vaut la peine de recommencer le lendemain.
Pour que le journal se vende, il faut que les articles soient bons. Et pour que les articles soient bons, il faut qu’ils s’appliquent. Donc, cela me permet, en gros, de pouvoir être sévère avec eux, de pouvoir fonctionner comme un patron. Pour eux aussi, c’est mieux. Ils ne veulent pas être des assistés. Ils sont contents d’avoir un patron qui rouspète quand le travail n’est pas bon.
Philippe Zumbrunn
J’apprécie ce genre d’interview où on me laisse m’exprimer. On ne me dit pas, vous avez cinq minutes et après l’on passe à autre chose. Là, c’est un contact chaleureux et que j’apprécie beaucoup.
Rita Hosang
En effet, sans penser à l’avenir, on verra bien si cela peut fonctionner. On est toujours là et on n’est pas mal fier quand même.
Jean-Pierre Lambert
On va vers une situation encore plus difficile. Donc, j’ai bien peur que notre journal sera encore là dans dix ans et que je pourrai vous dire que nous avons aidé encore plus que trois cents personnes comme c’est le cas jusqu’à aujourd’hui.
Marco Lüthi
Il y a des fois des gens qui ne disent rien, qui passent, qui ne disent même pas merci. Pas bonjour, rien du tout. Cela me révolte un petit peu.
Joël Perrenoud
Je me dis qu’ils sont pressés…
Gaëlle Lavidière
Après dix ans de pratique et d’expérience, l’équipe d’Objectif Réussir se lance maintenant un nouveau challenge. Ils ont décidé de mettre en place une télévision.
Texte retranscrit par Françoise Berthod